‹ La Turquie officielleChapitre 39 sur 67 · I.i: IIMUM IMI'KHIVL, W · texte numérisé non relu

I.i: IIMUM IMI'KHIVL, W

femme légitime. ih\ le ranuMiii bride abattue

à Yoldiz et on le précipita, j)liilùt qu'on ne l'introduisit, dans la domourt* privée de son souverain, (ju'il trouva étendu sur un soplia, pleurant comme un enfant, sous le coup d'une crise nerveuse, dont les conséquences se firent sentir pondant plusieurs jours.

LaCireassienne, comme on le pense bien, fut rapidement remise desémotions auxquelles elle était redevable de la suprême joie que lui avait donnée son maître, en lui manifestant sa tendresse d'une manière aussi exclusive.

Quant à sa rivale, dont la légère blessure ne présentait aucun danger, elle se retira dans ses appartements après un premier pansement, plus malheureuse, plus humiliée par les préférences si démonstratives de son seigneur que par le coup qu'elle avait re(;u.

Ce fui à partir de cet événement qu'ordre fut donné à.Mavrogény pacha de ne plus quitter le palais, sans une autorisation formelle du souverain et d'y passer toutes les nuits sans exception.

Le galant Esculape dut se conformer à cet ordre si désagréable, car, cette fois, il n'y

avait plus à plaisanter avec Abdul-Hamid.

Aujourd'hui encore, quoique plusieurs années se soient écoulées depuis la scène que je viens de raconter, notre brave docteur, soumis à la même consigne, arrive au palais après le coucher du soleil et n'en sort que le lendemain matin, entre neufheures et demie et dix heures à la franque^

Les sultanes sont, parmi les princesses impériales et les habitantes du harem, celles qui jouissent de la plus grande liberté. Leur titre ofïiciel, tout en ne les soustrayant pas à l'influence de la sultane Validé ou à celle de la Hasnadar Ousta, leur donne des droits dont elles savent user et même abuser. En réalité, elles ne sont soumises qu'à l'intendante générale du harem, que cette dernière soit la sultane Validé, la Taïa kadine ou la Hasnadar Ousta.

Chacune de ces princesses impériales possède naturellement une petite cour ou daïra, qui formera plus tard le cadre des harems où elles iront demeurer après leur mariage.

Le harem des sultanes mariées est calqué

I. Voir à la fia du volume le tableau comparatif des heures tur'|uos et eiiropâonnes.

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sur celui du sultan; c'est là que se déverse le ti\)p-|)leiii de la |»opulalion féiniiiiiie du ^M'aiid sérail. Organisé sur le même pied, il n'en diffère que par l'importaike.

J'allais oublier, dans ma nomenclature de la hiérarchie féminine, les quatre grandes secrétaires intimes et privées de S. M, le sultan.

Quelle est la mission réelle de ces dames? Est-ce à elles que le padischah confie la rédaction de ses billets doux? Sont-elles chargées de la correspondance amoureuse du harem indistinctement? Voilà ce que j'ignore. Tout ce que je puis alïîrmer, c'est que leur style ne manque ni d'imagination ni d'élégance.

Je voudrais bien, pour satisfaire la juste curiosité de mes lecteurs, et particuhèrement de mes aimables lectrices, leur donner plus de détails sur les... travaux qui incombent à ces quatre secrétaires. Mais, comme cet ouvrage est un livre vrai, un livre vécu, je me vois, bien contre mon gré, obligé de laisser la « folle du logis » satisfaire à leur légitime désir.

Les kalfas ou maîtresses sont tout à la fois les supérieures, les mères et les institutrices des alaïkes ou apprenties. C'est avec leur ar-

gent qu'elles achètent ces dernières. Ces jeunes esclaves, qui peuventun jour devenir favorites et kadines, sont donc bel et bien la propriété des kalfas. A ce titre leurs maîtresses sont tenues de les habiller, de les laver, de les coiffer, de prendre soin de leurs effets, de garder leur argent et de les aider en toute circonstance. C'est à elles qu'incombe également la charge de marier l'alaike le plus avantageusement possible, de constituer sa dot et de veiller à ses intérêts, comme pourrait le faire la plus vigilante des mères.

Singulière conséquence de la vie et des intérêts en commun, qui résulte d'une sympathie réciproque, la kalfa et l'alaïque, esclaves toutes deux, s'aiment et se soutiennent mutuellement, au point de ne jamais se séparer complètement, alors même qu'une des deux se marie.

Quand la kalfa est encore jeune, il est rare qu'un sentiment plus tendre que celui de la seule sympathie ne l'unisse pas à son alaïke. Constantinople est trop près de la fameuse Lesbos, — aujourd'hui Métélin, — pour que les mœurs de cette île si célèbre n'aient pas pénétré dans ses harems. Nombreuses sont donc

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