I.KS CONSKILS DE GL'EflHK. 3<K
seconde fois et, après de très courts débats, débals (|iii irnironf bcii ijiie iioiir la fiMMiie, bien entendu, ils s'entendirent condamner :
Le général de division Isniad pacha à un an de prison ;
I.e général île brigade Hussein pacha à la dégradation militaire, à la perte de ses décorations et médailles et à un an de prison ;
Le lieutenant-colonel Tewfik bey à la dégradation militaire, à la perte de ses décorations et à deux ans de prison ;
Le colonel Ahmed bey, un Tcherkess renommé pour son courage et son énergie, à un an de prison ;
Le major Edhem effendi à la dégradation militaire et à la perte de ses décorations;
L'adjudant-major Ali effendi à neuf mois de prison.
Ce second muzbata fut soumis à Sa Majesté par les membres du conseil de guerre.
Mais la clémence et la justice avaient pénétré dans le cœur du sultan, et, parvenu à se soustraire aux mauvaises suggestions du maréchal Djemil pacha et de plusieurs autres personnages de son entourage, il modifia ainsi
qu'il suit la deuxième sentence de la cour martiale :
Ismaïl pacha vit sa peine commuée en une année d'exil en Syrie ;
Le général de brigade Hussein pacha et le lieutenant-colonel Tewfik bey ne subirent pas la peine de l'emprisonnement, mais ils furent internés, le premier à Alep et le second à Tripoli de Syrie, sous la surveillance de la police ;
Le colonel Ahmed bey, gracié de la prison, fut attaché avec son grade à la division du Hedjaz;
Le major Edhem effendi vit sa dégradation et la perte de ses décorations transformées en trois mois d'emprisonnement au Yémen, après lesquels il dut continuer à servir dans l'armée;
Quant à l'adjudant-major Ali effendi, il fut gracié et condamné seulement à servir dans l'armée du Yémen.
Les journaux de Constantinople firent le silence sur les premières phases de la rixe et du procès que je viens de raconter. Ce ne fut que le 10 juillet 1888, alors que tout était terminé depuis plus d'une semaine, alors qu'un mois s'était écoulé depuis l'émeute des zouaves
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i\c la gartio, qu'ils parlèrent, sous la ruhrique: Clitnniff impcriiile, et de la sentence j)rononcée par le coiisoil tie guerre et des grâces accordées aux condamnés par Abdul-Hainid.
Les condamnés partirent pour leurs différenles destinations en emmenant leurs familles, et voici comment un journal du pays raconta la chose le 11 juillet :
•< Le jugement de la cour martiale, modifié par S. M. 1. le sultan, a été notifié à chacun des condamnés, qui ont dû se mettre en route hier pour leurs destinations respectives. Les familles des déportés les accompagnent, sauf les enfants qui sont libres de rester ici. »
Que dites-vous de cette liberté accordée à des enfants?
Le 19 juillet, le général de division Nedjib pacha, membre de la commission d'inspection de l'armée, partit pour lléraclée, afin d'examiner, dirent les journaux qui annoncèrent ce départ, l'état des mines de houille. Quant à Djemil pacha, le dénonciateur de ses collègues du conseil de guerre, il continue à jouir des faveurs de son souverain et est plus puissant que jamais.
Cette puissance durera-t-elle ?
J'aime à croire le contraire, car la justice et l'équité finissent toujours par dominer les fausses appréciations et les erreurs du sultan Abdul-IIamid.
Si les faits que l'on vient de lire s'étaient passés sous le sultan Abdul-Azis, il est certain qu'ils se fussent dénoués autrement. Ce névrosé couronné aurait tué de sa main plus d'un soldat et fait tomber la tête de plus d'un officier.
En mettant en parallèle la conduite du neveu et celle que l'on peut attribuer à l'oncle, n'est-on pas en droit de se demander avec effroi ce que sont en réalité toutes ces lois, tous ces grands mots de justice et d'égalité?
Qu'est-ce, en effet, qu'une organisation sociale dont tous les rouages, tous les instruments, sont soumis à la volonté d'un seul homme? N'est-ce pas de l'hypocrisie pure? Ne sont-ce pas des hochets jetés aux puissances européennes, des trompe-l'œil sous une forme plus ou moins civilisatrice ; et n'est-ce pas ici surtout que le vieux proverbe : « Tant vaut l'homme, tant vaut la terre », est apphcable?
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A la place irAbdul-llamid mollez un sultan absuluinent tlospotc, l'auatinue, partisan des vieux errements, ennemi de tout ce qui constitue le progrès et les droits de l'humanité, et domaiulo7.-vous ce (jue, dans ces conditions, deviendrait ce fameux progrès vanté par les diplomates turcs, atout propos et à tout venant.
Comprend-on maintenant comment il se fait que la Turquie soit le pays des plus grands contrastes et de l'imprévu, pays où tout est possible, où rien n'est stable que le bon plaisir d'un seul?
Ce fut environ trois mois après les événements précités que le sultan, par décret impérial, nomma une commission chargée de reviser et de compléter le code militaire et d'élaborer un règlement pour le service intérieur de l'infanterie.
Cette commission a ceci d'important, pour nous autres Fran(;ais, qu'elle a à sa tète le maréchal Dreyssé pacha, aide de camp général de Sa Majesté et figurant encore dans les cadres de l'armée française. Dreyssé pacha a sous ses ordres les généraux Vély-Riza, von der Goltz Camphoeveuer, Moustapha et Véhib pachas.
314 LA TURQUIE OFFICIELLlî.
C'est la première fois, en effet, depuis 1870, que la France est appelée à une situation prépondérante, en la personne d'un de ses en- i fants au service de la Turquie. Espérons que notre compatriote saura se montrer digne de la faveur impériale et de l'importante mission qui lui a été confiée.
L'émeute des zouaves de la garde donna naissance aux racontars les plus inouïs. Le silence officiel qui s'était fait autour d'elle ne contribua pas peu à la diversité des appréciations constantinopolitaines, et le soir môme de la rixe, on disait, dans Péra, qu'un coup de main avait été tenté en faveur de Mourad V. Le chiffre des morts et des blessés prit des proportions colossales. Les uns certifiaient avoir compté plus de cent morts, parlaient de cinq cents ou six cents blessés, d'une balle qui était allée frapper un meuble près de Sa Majesté; d'autres, tout en diminuant le chiffre des victimes, faisaient naître l'émeute du mécontentement général de l'armée et particulièrement des officiers, dont la solde n'avait pas été payée, ainsi que l'avaient annoncé les journaux.
Bref, l'événement prit des proportions d'au-