‹ La Turquie officielleChapitre 45 sur 67 · I.ÉCiENDFS El V.NFMDOTES · texte numérisé non relu

I.ÉCiENDFS El V.NFMDOTES

La joiinc liriiices^ic, à laijuelle le manège "lu poùte n'avait pas éoliappt^ s'empressa, dus • pie celui-ci se fui un j)ou éloigné, de s'em- |iarer de ces lleurs.

A peine les avail-cllo prises et l'omnioucaitelle à en aspirer les doux parfums qu'une petite vipère, s'écliappant du sein du bouquet, la mordit vivement au bras droit.

Les compagnes tle la princesse et tous ses serviteurs poussèrent innnédialemenlde gran<.Is cris et se montrèrent vivement effrayés du terrible accident qui, dénotant chez eux une surveillance imparfaite, pouvait amener leur mort, car il était certain que l'empereur, dont les ordres avaient été formels, ne leur pardonnerait pas le décès de sa fille bien-aimée.

L'auteur de cette tragique aventure avait entendu les cris poussés par l'entourage de la princesse, et, malgré la peine de mort édictée pour tous ceux qui voudraient pénétrer dans le petit îlot, il y dirigea sa barque vivement et n'eut pas de peine à y pénétrer, grâce au désordre qui régnait parmi ses habitants.

Il se précipita vers la jeune princesse alors évanouie, et lui saisissant le bras mordu, il ap-

pliqua ses lèvres avec passion sur la petite plaie, suçant intrépidement le sang qui en jaillissait.

Quand la princesse revint à elle, elle vit son amant à ses genoux, les regards humectés par de douces larmes, le visage resplendissant de tendresse infinie.

L'empereur fut immédiatement averti de ce qui s'était passé et quand il sut que l'événement, accompli juste à l'époque fixée par la prophétesse, n'avait été conjuré que par l'amour du poète, il n'hésita pas à reconnaître le sacrifice de ce dernier en accordant la main de sa fille à l'homme qui, pour la sauver, n'avait pas hésité à sacrifier sa propre existence.

Comme les contes de fées de notre charmant Perrault, la gracieuse légende ajoute que nos amants vécurent très longtemps, parfaitement heureux et qu'ils eurent beaucoup d'enfants.

C'est en souvenir de cet événement que les Turcs ont donné à cet endroit le nom de Kiii-kalassi, ou tour de la jeune fille.

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L'art de payer ses dettes en s'enrichissant

Si Fuad j>aclia a élé un «les plus ^Maiuls et (les plus lins cliplouiales do la Turquie moderne, il faut reconnaitre qu'il sut choisir admirablenu'ut les collè^'ues de son long ministère. Esprit lui, observateur et sceptique, il lémoigua souvent d'un cynisme qui ne pouvait avoir sa raison d'être qu'au sein île la société corrompue, au milieu de laquelle s'écoulèrent ses longues années de Vézirat.

Lorsqu'il voulut nommer le Scniskiàr, ou ministre de la guerre, afin de faire face aux nombreux dcsidcn/fn qui résultèrent de la guerre de Crimée, il hésita, pendant plusieurs jours, entre M... et Uiza pachas.

Le premier, disait-il à un de nos compatriotes, alors officier instructeur à la nouvelle école militaire, est un parfait honnête homme, brave et courageux, qui ne rolcni jamais un ptiru au gouvernement; mais il ne possède pas, malheureusement, l'énergie et l'audace que j'estime absolument nécessaires pour imposer

les réformes indispensables à notre nouvelle

organisation militaire Riza pacha, lui, a

toutes les qualités qu'exige un semblable poste ; mais il a de telles dettes et de telles notions sur la propriété d'autrui qu'il fera certainement main basse sur la caisse du ministère. Puis, après un assez long silence : « Bah ! s'écriet-il, en souriant de son sourire narquois qui est resté proverbial en Turquie, il ne volera pas tout, et il en restera assez pour faire un peu de bonne besogne. »

Et ce fut ainsi que Riza pacha fut nommé ministre de la guerre.

Le choix était heureux. Le nouveau séraskière ne tarda pas à réaliser les espérances que son chef, le Grand- Vézir, avait fondées sur ses talents organisateurs.

Il ne vola ni plus ni moins que beaucoup d'autres; et, s'il parvint rapidement à payer ses dettes et à amasser la grande fortune qu'il laissa en mourant, dans son admirable propriété de Gady-Keuy, il le fit, la plupart du temps, sans toucher au trésor du Séra^kièraf.

Parmi les moyens des plus originaux qu'H employa pour se débarrasser de ses créanciers

LfGENDKS KT WFCDOTFS. 3il

los plus tenaces, je eiterai celui (|ui a trait à l'Arménien A... elVeiuli.

Oue mes lecteurs en ju^'ent :

A... effentli, alors petit banquier, ou plutôt st'n/f, e'cst-à-ilire changeur de Galata, avait, en (lilVérentes fois, prêté à Hiza pacha une somme qui, avec les intérêts accumulés, s'élevait à neuf ou dix mille livres turques*. Depuis l'avènement de son débiteur au Séraskicrat, notre Arménien clicrchait à obtenir, à l'aide de courbettes de plus en plus accentuées, sinon la totalité de la somme qui lui était due, au moins un acompte satisfaisant.

Jusqu'ici ses démarches étaient restées infructueuses; mais, un jour qu'il allait gravir le perron conduisant chez son illustre client, il se heurta à Son Excellence. Cette dernière, de très bonne humeur ce jour-là, l'accueillit le sourire sur les lèvres, et répondit à son profond tànelii, ou salut à la turque, par une cordiale poignée de main; puis, faisant approcher sa voiture au milieu de la foule de solliciteurs qui se pressaient autour du Séraskiérat,

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