‹ La Turquie officielleChapitre 55 sur 67 · LK SULTAN MOL'UAD · texte numérisé non relu

LK SULTAN MOL'UAD

Le lomleniaiii tic la Icrrildc tragiMlie, liiiuii 5 juin IS7(), Mourad se levait brisé, |)àle, aiioaiili, jiorlant sur sa physionomie renipieiute (le la lièvre et de l'iusiMunie. C'était son dernier jour de vè^iw réellement lucide! Dés ce jourlà, il eessa de contrôler exactement les conseillers du coup d'Klal, ne s'occupa presque plus de ses devoirs de souverain et devint la proie des ambitieux et des courtisans.

Le docteur Capoleone, mandé à la hâte près de son impérial maître, ordonna l'application de soixante-dix sangsues, pour faire suite, probablement, aux bains chauds prolongés, qu'il avait déjà ordonnés dès le lendemain du coup d'I'tat.

Cette médication antiphlogistiquc produisit des résultats désastreux.

Elle augmenta la sensibilité du malade et livra un large champ à la névrose en affaiblissant cet organisme, déjà fatigué par le surmenage intellectuel, issu des excitations cérébrales dues aux plaisirs des précédentes années. Sous l'influence de ce traitement détestable, des exaspérations, avec accès d'irritations violentes, des monologues étranges, incohé-

rents et des hallucinations lugubres succédèrent immédiatement aux insomnies, à l'humeur triste et farouche, au dégoût de la nourriture et de tout ce qu'il aimait.

Tantôt, le pauvre sultan se jetait sur un sopha ou s'étendait sur les tapis, comme privé de toute volonté ou de tout mouvement; tantôt, effet de la réaction, il se mettait à marcher vivement comme mû par un puissant et irrésistible ressort. Mais ces phénomènes ne se produisaient que par accès, et les moments lucides étaient encore les plus nombreux.

Ce n'était pas là la démence proprement dite. C'était un état nerveux grave, rien de plus et, malgré les fautes commises par son médecin, malgré les vives émotions qui se suivaient avec une rapidité vertigineuse, malgré toutes les mauvaises conditions hygiéniques qui avaient entouré sa vie depuis plusieurs années, il est certain que Mourad n'était que fortement névrosé, c'est-à-dire parfaitement guérissable.

Dans ses moments de calme le malheureux sultan, victime des passions et de l'ignorance de son entourage, s'écriait :

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