‹ La Turquie officielleChapitre 58 sur 67 · E SLLT VN MOI II AI) V · texte numérisé non relu

E SLLT VN MOI II AI) V

roinmc un fannliqiir iicvrost'', imbu dos principes tlu Coran cl «lu clicrial, ne prcscntait-il pas une nnture plus maniable, plus dirigeable que celle de cet autre névrosé counniné, marchant à jjrands pas vers la conqnùte de toute sa puissance intellectuelle?

Au milieu des graves événements qui assombrissaient déjà le ciel ottoman; au milieu du soulèvement des anciens peuj)les conquis, des crises politiques qui se succédaient avec une rapidité fâcheuse, au milieu des agissements de la Uussie, représentée alors |)ar le fameux général Iguatief, quel était, des deux princes, l'un rachitiquc, malingre, d'une instruction bornée, passant pour fanatique, névrosé comme tous les membres de sa famille, l'autre plus malade, il est vrai, mais en somme sous le coup d'une crise aiguë, parfaitement guérissable, aux idées libérales, à la constitution excellente, ne manquant ni d'énergie ni de courage, préparé par son instruction et son éducation à suivre dignement les errements de son père et de son grand-père, quel était, dis-je, celui de ces deux princes qui présentait le plus d'avantages et le plus d'espérances?

Poser la question, n'est-ce pas la résoudre en faveur de Mourad?

De même que les conjurés avaient eu recours à la sanction religieuse quand il s'était agi de détrôner le sultan Abdul-Azis, de même ils s'adressèrent à ce même principe quand ils décidèrent la déchéance du plus libéral, du plus doux et du plus intelligent des padischalis!

On le voit, les jours du règne de Mourad étaient comptés, alors que, sur les déclarations si affirmatives du docteur Liedersdorf, chacun s'attendait à lui voir prendre la direction des affaires et le gouvernement de l'État.

Le cheik-ul-Islam se montra plus hésitant, moins empressé cette fois que quand il avait été question d'Abdul-Azis. Il ne donna sa sanction au nouveau coup d'État, car c'en était bien un, qu'après s'être assuré que le r/icrû/t, ou loi religieuse, n'autorisait pas une régence et encore tout porte-t-il à croire que cette sanction ne fut donnée qu'après coup, alors que le malheureux sultan était déjà dépossédé. Mais, quoi qu'il en soit, ne pouvaitil pas tirer du chériat une autre conclusion?

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