PRÉFACE. IX
mœurs^ ennemi des inventions des giaours, attaché avec un aveuglement fanatique à la lettre du Koran. — Cette réforme, maintenant acceptée et qu'Abdul-Medjid a religieusement poursuivie, a mis les Turcs en état de soutenir les premières attaques des envahisseurs russes, et leur a permis d'attendre glorieusement l'arrivée de l'armée anglofrançaise. Ce résultat, qui a paru étonner quelques esprits trop portés à s'exagérer la puissance irrésistible de l'empereur Nicolas, ne nous a nullement surpris : pendant notre séjour à Constantinople, nous avions souvent remarqué ces magniGques casernes de Scutari et du grand Champ des Morts, cette superbe fonderie de canons de Top'Hané, près de la mosquée de Sultan Mahmoud, ces écoles militaires, instituées sur le modèle de l'École polytechnique, et où aucune des découvertes de la science n'est ignorée ; le chantier des vaisseaux si bien placé au fond, de la Corned'Or, à côté de Kassim-Pacha; ces soldats brunis et vigoureux, que seul le fez rouge différencie de nos troupes de ligne et qui manœuvraient avec une précision toute prussienne, ces cavaliers descendant au galop les rues escarpées et pierreuses de Stamboul ou de Péra, et nous pensions que la Turquie n'était pas autant en arrière qu'on voulait bien le dire, et ne serait pas tordue en une bouchée par l'ours du Nord, s'il prenait fantaisie à celui-ci de secouer ses frimas et de s'avancer sur le chemin de Byzance ouvert par Catherine. Silistrie invaincue et l'évacuation des principautés, après tant de fanfaronnades méprisantes, l'ont bien prouvé.
Alors, il est vrai, nous ne soupçonnions pas que le Char-