CHAPITRE II
La vaccination par les mélanges
de toxine et d’antitoxine.
En 1913, au Congrès de pathologie interne de Wiesbaden, Behring annonce qu’il a enfin trouvé le vaccin antidiphtérique, formé comme l'avait annoncé Theobald Smith, d’un mélange de toxine et d’antitoxine contenant une « pointe de toxine. »
Hohn, Viereck, Zengmeister confirment ses résultats.
Toutefois la méthode n’est pas encore absolument au point comme l’indiquent les variations successives dans la composition du mélange, et le soin que met Behring à ce que qu'aucune expérience de ses produits n'ait lieu en dehors de son contrôle.
Pourtant, dès 1914, on peut publier les résultats de la vaccination de 3.000 personnes, vaccination pratiquée avec le vaccin TAVII, lequel contient un excès de toxine de 10 Ln par centimètre cube (le Ln, ou limen necrosis, étant la plus petite dose qui, injectée dans le derme du cobaye, détermine de la nécrose). Pour comparer avec l'échelle d’Erlich, on pourra se rappeler que d’après Rômer 500 Ln — 1 dose toxique d’Erlich.
Ce vaccin n’est pas inoffensif, car 10 Ln sont susceptibles de déterminer de la nécrose chez l'homme. Aussi Behring recommande-t-il une technique compliquée: pour apprécier la réaction locale, on injecte une dilu-
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tion au 1/20 de TAVII par voie intradermique, puis de deux jours en deux jours, on fait une injection de concentration croissante jusqu’à infiltration nette et obtention d’une rougeur de 2 centimètres. Cette dose finale immunisante est répétée dix jours après, la réinjection accélérant et augmentant la production de toxine.
Chez les nourrissons, moins sensibles, on opérera même, avec le mélange TAVI, :equel contient un excès de 100 Ln par centimètre cube.
En plus de la réaction locale, souvent accompagnée de douleur et de tension, il y a fréquemment adénopathie régionale et fièvre pendant quarante-huit heures, ce qu’il vaut mieux chercher à éviter, car (Hajemann) il n’y à pas de rapport entre la production d’antitoxine et la violence de ces réactions.
On évolue la production d’antitoxine par la technique de Rümer, en injectant dans le derme d’un cobaye le sérum du sujet additionné de toxine, inoculation qui reste sans effet tant que la quantité de sérum suffit à neutraliser la dose minima de toxine nécessaire. pour provoquer la rougeur et l’œdème de la peau.
Une cause d'erreur existait, dans le fait qu'on ne recherchait pas l'existence d’antitoxine ‘avant la vaccination, ce qui permettait de trouver parfois un taux d'unités antitoxiques très élevé dès le huitième jour après la vaccination.
D'autre part l’ignorance où l’on était des fausses réactions dues à l’hypersensibilité du sujet aux protéines diphtériques empêchait parfois de trouver la dose minima suffisante,et devait interdire d'employer la réaction locale comme indicateur de la posologie du vaccin.
Néanmoins, les expériences de Behring et de ses nom-