‹ La Vaccination Antityphique dans l'Armée NavaleChapitre 6 sur 10 · HAS · texte numérisé non relu

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a pu et on pourra toujours découvrir une multitude de vaccins, soi-disant nouveaux, qui seront tous bons, puisqu’au fond ils renferment tous le même agent chimique, la même toxine typhique vaccinante stérile.

Il est de notoriété publique qu'aujourd'hui on ne pratique pas exactement le traitement antirabique comme le faisait Pasteur et que le vaccin que l’on utilise actuellement diffère de celui inoculé par Pasteur en quantité et qualité. Et cependant à qui vient-il à l'esprit de dire que ce n’est pas le traitement pastorien qui continue? Ge qu'on accepte si bien pour le vaccin antirabique pourquoi ne pas l’admettre pour le vaccin antityphoïde?

Je n’ai pas besoin d’insister je pense pour vous montrer que je ne puis pas abandonner la croisade antityphoïde dont je vous ai parlé ici même, il y a près de deux ans.

Je demande l'autorisation que la loi m'impose de demander parce que je désire continuer à distribuer comme je lai fait jusqu'ici le vaccin antityphoïde.

J'ai le sentiment que cet acte n’a pas été inutile et j'espère pouvoir encore parler de même dans l’avenir.

Ainsi qu’il l’a fait dans le passé, mon laboratoire distribuera donc gratuitement du vaccin en France et cela dans la mesure de mes forces, car pour cette distribution, je n'ai jamais été doté d'aucun crédit ni des divers

ministères, ni des collectivités, ni de personne. »

Les Pouvoirs publics suivaient avec l'intérêt présent à toutes les mémoires l’extension des bienfaits de cette découverte.

Le 5 avril 1912, M. Delcassé, ministre de la Marine, autorise la vaccination facultative des équipages delaflotte et des ouvriers des hé par le vaccin Chantemesse.

Chantemesse, en mars 1913, publia les premiers résultats avec l’autorisation du médecin général chef du Service de santé de la Marine. |

Sur 67.845 pérsonnes qui n’ont pas été vaccinées, 549 cas de fièvre typhoïde et 118 cas d’embarras gastrique fébrile se sont déclarés entre le 5 avril et le 31 décembre

Par contre 3.107 se sont fait vacciner. Aucun cas de fièvre typhoïde à signaler chez ces derniers. Un cas d'embarras gastrique fébrile très bénin fut constaté.

Dans le Monde médical du 15 mars 1914, Chantemesse publie les résultats d'ensemble de vingt mois, d'avril 1912 . allant cette fois-ci à décembre 1913, et portant sur 9.700 vaccinés. Le tableau ci-contre montre quels furent les magnifiques résultats de ces débuts.

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Le pays tout entier s'étant ému du parti le plus avantageux à tirer de cette découverte, le Parlement PH gua le 28 mars 1914, la loi Labbé.

L'article unique composant la loi contenait ces mots : « La vaccination antityphoïdique est obligatoire à l'égard des militaires de l’armée active. » :

Pendant la discussion de cette loi, M. Chautemps prit, au Sénat, la parole en ces termes : « Rapporteur dü budget de la Marine, j'ai le devoir de vous dire que dans notre armée de mer, on emploie un vacein qui rend des services également merveilleux. »

« La mortalité chez les marins vaccinés est tombée à 0 alors que les hommes non vaccinés continuaïent à être frappés; il est agréable à mon cœur de Français de constater que le principe de la vaccination fut découvert par deux Français : MM. Chantemesse et Widal, qui dès 1887-1888-1892, appliquaient à l’Institut Pasteur, le résultat de leur expérience; quand, en 1896, en Allemagne, Pfeiffer et Kolle ont appliqué pour la première fois la méthode, ils n’ont fait qu'utiliser une méthode française ; le mérite de l’idée première revient, il m'est agréable de le dire ici, à deux savants français. » ;

M. le sénateur Labbé fit done voter la loi applicable seulement à l’armée de terre, ajoutant : « Je n'ai pas à m'occuper de ce qui se passe dans la Marine. »

La guerre éclate. Cette omission de notre armée navale émut le ministre de la Marine qui posa la question au Conseil d’Etat et le Conseil d’Etat répondit en ces termés le 5 août 1914 :

Cane cote mére DE:

Considérant que la loi du 27 mars 1914 dispose que « ia vaccination antityphoïdique est obligatoire à l'égard des militaires de l’armée active et que, dans le cas où les circonstances paraîtraient l’exiger, une décision ministérielle pourra en prescrire l'application aux militaires des réserves convoqués pour une période d’instruction » :

Considérant que les dispositions précitées de l’article unique de la loi sont conçues en termes généraux et que ia généralité même des expressions dont le législateur s'est servi pour désigner les militaires de l’armée active et ceux des réserves implique que la loi doit s'appliquer sans distinction à l’armée de mer comme à l’armée de terre.

Que s'il est vrai que, dans les conditions où la loi du 27 mars 1914 a été préparée et votée au Sénat et à la Chambre des Députés, il apparaît que le législateur avait surtout en vue les besoins plus immédiats de l’armée de terre, il ne résulte nullement des travaux préparatoires qu'il ait entendu exclure de l’application de mesures éminemment protectrices de la santé des troupes une fraction quelconque de l’armée nationale et distinguer à cet égard entre les hommes qui la com-

posent suivant qu'ils servent sur terre, sur mer ou aux

colonies.

SonT D'AVIS :

de répondre au Ministre de la Marine dans le sens des obser-

vations qui précèdent.

Enfin, le décret rendant obligatoire La vaccination anti-

typhique,est signé le 11 novembre 1914 :

La loi du 28 mars 1914 ayant rendu obligatoire, dans

l'armée, la vaccination contre la fièvre typhoïde, cette mesure

es préventive sera appliquée, dès maintenant, à tous les effectifs de la Marine non encore vaccinés ou ne pouvant justifier d’une atteinte antérieure de Here typhoïde. On tiendra compte des contre-indications d'ordre général ou spécial qui s'opposent à l'emploi du typho-vaccin. Ft Par ailleursla vaccination antityphoïdique ne devantentraîner aucune indisponibilité dans les effectifs, on prendra toute mesure utile pour ne vacciner que le personnel non appelé à une destination prochaine. | Ces dispositions ne sauraient viser les effectifs qui ne pour- PÈRE être maintenus soit à bord, soit à terre, pendant une période suffisante pour permettre l'application intégrale du traitement. :

Le | Le Ministre de la Marine, = . Signé : Vicror AUGAGNEUR.

Bordeaux, le 11 novembre 1914.

Le 11 novembre 1914, la vaccination devient obligatoire dans la Marine. Pendant les semaines qui ont suivi les premières séries de vaccination à bord des bâtiments les appréciations Les plus diverses sur cette nouvelle pratique de prophylaxie se sont données libre cours, mais les médecins persistant dans la voie indiquée par Chantemesse avec la prudence qui convenait, vaccinèrent la presque totalité du personnel naviguant sans incidents.

Des difficultés multiples se présentèrent. o!

Il fallait souvent interrompre la série de piqûres commencée, soit par raison de service, soit en raison du surmenage de l'équipage; ces interruptions ont paru au début tout compromettre, tant on craignait alors les manifestations anaphylactiques. Mais avec Le temps et l'expérience, les plus timorés complétèrent les séries interrompues sans complication.

Le vaccin Chantemesse fut utilisé sous la forme classique de quatre injections à sept jours d'intervalle ; toutefois, certains médecins modifièrent la pratique, réduisant à trois, le nombre de piqûres, tout en injectant au total une égale quantité de vaccin. Le procédé recom-

mañdé par Chantemesse était Le suivant :

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