SÉRUMS D'ANIMAUX
Le sérum de convalescents n'ayant que des résultats thérapeutiques minimes et étant, de plus, difficile à se procurer en début d’épidémie, on a essayé les sérums d'animaux immunisés expérimentalement. Nicolle et Blaizot (1916), par inoculation de virus typhique historique par voie intra-veineuse à l’âne ou au cheval, obtiennent un sérum protecteur dont l’efficacité est certaine mais ne se maintient pas chez l’animal utilisé (7).
De nouveaux essais de Nicolle et Conseil (1925) (8), puis de Blanc et Martin avec le virus murin ne permettent également d'obtenir qu’un sérum perdant rapidement ses propriétés après chute de la courbe fébrile de l’animal.
Mosing, par l’inoculation d'intestin de pou à la brebis, obtient un sérum qui, injecté à la dose de 20 à 830 cc., donne de bons résultats préventifs et une atténuation des symptômes de la maladie.
Zinsser et Ruiz Castañeda (1933) (9) obtiennent de bons résultats avec leur sérum de cheval hyperimmunisé au typhus mexicain, ainsi que le montrent les travaux de Bustamente, Varela et Bosque- Pichardo (1934) (10), de Bustamente, Varela et Neri (1935) (11), et l'étude expérimentale de Paul Giroud (1935) (r2).
RCE
Enfin, Paul Durand et Balozet (1940) (13), à l’Institut Pasteur de Tunis, préparent un sérum antityphique par inoculations répétées pendant plusieurs mois au cheval ou à l’âne, par voie sous-cutanée et même intraveineuse, de doses massives de poumons de souris infectées de virus historique par voie respiratoire, et sacrifiées peu avant la mort. Les réactions produites chez ces animaux sont considérables. Leur sérum a une valeur préventive indiscutable, et les effets thérapeutiques expérimentés par les auteurs à l'Hôpital Conseil à Tunis, semblent dignes du plus orand intérêt.