‹ La Vaccination Contre Le Typhus Exanthématique: Par la Méthode de P. Durand et P. Giroud (Développement des Rickettsies dans le Poumon du Lapin)Chapitre 13 sur 55 · VACCINATION PAR SCARIFICATIONS CUTANÉES (MÉTHODB DE LAIGRET · texte numérisé non relu

VACCINATION PAR SCARIFICATIONS CUTANÉES (MÉTHODB DE LAIGRET

À la suite des essais favorables de vaccination contre la fièvre jaune pratiqués par scarifications cutanées par Peltier, Durieux, Jonchère et Arquié, J. Laigret imagina d'utiliser la même voie, éminemment pratique et bien acceptée en milieu indigène, pour la vaccination contre le typhus.

Laicret et Priet (1939), utilisent le même vaccin mis au point par Laigret et R. Durand. Un comprimé de vaccin est écrasé dans xx gouttes d’eau distillée stérile, de façon à charger 20 vaccinostyles. Une goutte correspond ainsi à 2.000 unités-souris, c’est-à-dire 10 fois la dose employée par voie souscutanée.

20 doses humaines appliquées par scarifications sur le cobaye le protègent contre l’inoculation, pra- -tiquée. 5o jours plus tard, de 1/5 de cerveau virulent:

Laigret et Priet, en 1939, pratiquent ainsi 316 ‘vaccinations sans observer de réaction générale notable.

Localement, il apparaît une petite élevure rouvé qui peérsisté trois Jours.

Sur les sujets ainsi vaccinés, quoique vivant en milieu épidémique, aucun ne contracta le typhus.

Da

Laigret, Fabiani et Vargues (1942) ayant vacciné 991 sujets par cette même méthode, observent seulement 1 cas de typhus murin vaccinal, précisément le même qui fut observé par P. Durand et ses collaborateurs dans leurs expériences de la Maison Carrée, que nous relaterons plus loin.

Le test de Giroud est positif dans un tiers des cas, comme après vaccination par la voie habituelle.

Les mêmes auteurs préconisent d’associer en un vaccin mixte, leur vaccin au vaccin anti-variolique, cette association ne nuisant pas, estiment-ils, à la formation des pustules vaccinales.

MÉTuoDE DE BALTEANU ET CONSTANTINESCO (1035)

Ces auteurs emploient le cerveau de cobaye infecté de typhus historique et tentent d’atténuer leur virus par enrobage dans l'huile (30). Leurs expériences sur l'animal ou sur l'homme ont complètement échoué : ou bien un typhus caractérisé sur- vient à la suite de l'injection, ou bien les sujets n'ayant pas réagi contractent ultérieurement le typhus, soit après une injection d'épreuve, soit après un séjour dans un foyer épidémique.

VACCINS TUÉS.

Da Rocha Lima en 1918 (31), Martini en 1919 (32), Breinl en 1924 (33), obtinrent chez l'animal une certaine immunité par l'injection de suspension

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phéniquée de poux infectés broyés ou d’intestins de

-poux, ou par combinaison de vaccin à base de poux au sérum immun. Dyer, Workman, Rumreich et Badger en 1932 expérimentèrent des vaccins à base de puces infectées de typhus murin (34).

Méraope pe WEiGL (1920)

Technique de préparation (35)

De jeunes poux élevés au laboratoire sont infectés par voie anale sous le microscope binoculaire à l’aide d'une fine pipette remplie d'une émulsion d'intestins de poux infectés, Puis ils sont nourris sur des sujets immunisés. Au bout de ro jours environ la lumière intestinale du pou est remplie d'une abondance de Rickettsies (10 à 100 millions). L'intestin du pou est disséqué sous le microscope, broyé et émulsionné en eau physiologique phéniquée à 0,5%,

Pour obtenir un vaccin de concentration constante, on mélange les émulsions des intestins de poux récoltés pendant plusieurs mois.

Primitivement, on injectait successivement à 3 ou 6 jours d'intervalle 3 doses correspondant successivement à 25, 5o et 100 intestins de poux, soit 175 intestins au total. Puis cette quantité fut réduite

-à go intestins pour réduire le prix de revient et augmenter la production. Dans la pratique courante des vaccinations, la dose totale put être abaissée à 10 poux, les doses plus importantes étant réservées au

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personnel Sanitaire, plus exposé à la contagion massive (36). |

Chrzanowski et Mosing (1933) démontrent expérimentalement le haut degré de virulence des crottes de poux et leur excellente valeur antigène (37). Ils proposent d’adjoindre au vaccin de Weigl ordinaire les crottes de poux infectés recueillies, ce qui permettrait d'élever de 30 % la production.

Application de la méthode ; réactions vaccinales, pouvoir préventif (38)

Les réactions causées par l'injection vaccinale sont très bénignes : légère rougeur locale fugace, petite poussée thermique à 37°5 ou 38° le lendemain dans 1 % des cas environ.

Le pouvoir immunisant du vaccin est manifeste et les observations à ce sujet abondent. Radlo (1937) (36) rapporte que dans le distriet de Jaworow, près de Lwow, 13.980 personnes furent vaccinées en 4 ans avec des doses totales allant de go intestins de pou à 1 seulement ; le nombre de cas de typhus dans cette région passa de 200 à 12 l’année suivante. Les 55 cas de typhus apparus chez les vaccinés déjà en cours d'incubation lors de la vaccination, furent bénins, Sur 5 cas de typhus apparus dans un délai de 2» mois à trois ans après vaccination, il n'y eut aucun cas de mort.

Dans une mission catholique belge en Chine, où le {yphus causait chaque année 4 ou 5 décès sur 180 missionnaires, Tchang et Lotsong relatent que

la vaccination fit disparaître totalement cette cause de mortalité (39).

Nicolle et Sparrow, inoculant deux enfants vaccinés avec une émulsion de cerveau de cobaye typhique, observent que ces enfants résistent à l'épreuve. Les nourrisseurs de poux infectés dans le laboratoire -de Lwôw sont simplement vaccinés et ne contractent pas le typhus (40).

Le vaccin de Weigl fut employé aussi avec succès dans les régions infectées de Slovaquie et des Subcarpathes, ainsi que le rapporte Drbhohlav (41), et en Ethiopie, d’après Mariani (25.000 vaccinations parmi les troupes italiennes, lors de la campagne d'Ethiopie) (42).

. À cette méthode toutefois on doit reprocher son prix de revient élevé ; la préparation de ce vaccin exige en effet l'emploi d’un personnel hautement spécialisé et très nombreux. En outre, l'élevage des poux présente de grandes difficultés et les éleveurs de poux présentent parfois des signes d’anémie,

Néanmoins, en dehors de son intérêt scientifique pur, cette méthode est la’preuve de l'efficacité des vaccins tués.

MÉTHObE DE ZiNssErR ET R. CASTANEDA

Les recherches de ces auteurs viennent à la suite des essais tentés par Zinsser et Batchélder (1930) (43) de sérovaccination du cobaye, puis de vaccination du cobaye à l’aide de doses massives de suspension for-

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molée d’exsudat péritonéal obtenu chez cet animal par l’inoculation de virus murin.

À la suite des travaux de Spencer et Parker (1925) sur la vaccination contre la fièvre pourprée (44), et de leurs propres recherches, ils estiment nécessaire l’utilisation de suspensions très concentrées en Rickettsies et c’est pourquoi ils utilisent le virus murin mexicain dont l’inoculation intrapéritonéale provoque une orchite intense. Ils augmentent la quantité des Rickettsies dans l’exsudat d’abord par injection intrapéritonéale de benzol au cobaye, mais le régime scorbutigène leur donne des résultats encore meilleurs et pleins de promesses. Ils prouvent

aussi que leurs suspensions formolées à 0,2 % cons-

tituent bien un virus tué (45).

Technique de préparation (46)

Elle s'adresse au rat, mis en état de moindre résistance à l'infection par irradiation. Les rats sont irradiés 1 heure avec une intensité de 10 «r » par minu- ‘te sous une longueur d'onde de 0,150 À, puis aussitôt infectés par voie péritonéale avec une suspension de vaginales infectées de typhus mexicain. On recueille l’exsudat péritonéal des rats morts vers le 4° ou 5° jour, on y ajoute le produit de rinçage du péritoine ‘par l’eau physiologique formolée à 0,2 % et le broyat des vaginales et des testicules. La suspension est centrifugée et étalonnée pour contenir environ 1 milliard de germes au cc. On injecte à une semaine d’intervalle 3 ou 4 doses croissantes de 0,5 à 4 cc.

Castañeda utilise aussi le cobaye ou le mouton refroidis. Varela, Parada Gay et Aguayo (1934) (47) associent à l'irradiation l'injection intrapéritonéale de sang. Le vaccin fut essayé par Gasco (1932) (48), Zinsser (1937) (49), Veintemillas (1939) (50). ù

Efficacité du. vaccin

Les épreuves à l’inoculation de virus typhique européen chez le cobaye vacciné par 3 ou 4 doses de vaccin ne démontrent qu'une immunisation généralement incomplète, alors que la protection contre le virus murin ne demande qu'une seule dose de vaccin. Chez l’homme, l'immunisation n'est acquise que dans 9 cas sur 12, ainsi que le prouvent les inoculations d'épreuve.

© Zinsser lui-même ne considère pas que la mé-

thode murine ait un pouvoir protecteur complet visà-vis du typhus européen et c’est pourquoi, avec Macchiavello, il tenta ensuite la vaccination par culture de virus historique sur tissus par la méthode de Nige et Landsteiner.

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