SUR LA VACCINATION ANTITUBERCULEUSE
En 1913, alors qu'il travaillait au laboratoire d'EmtLicH, à Francfort-sur-le-Mein, K. Shiga (2) eut l'occasion d'étudier les effets d'un grand nombre de composés chimiques sur le bacille tuberculeux et sur l'évolution de la tuberculose expérimentale. Il s'adressa successivement à diverses couleurs d'aniline et à une combinaison de salvarsan et cuivre, dont il fit l'objet de quelques essais thérapeutiques sur le cobaye et sur l'homme. En même temps, il cherchait
(1) Bull, de la Soc. Méd. vêt. prat., 1924, 7-8-9 ; 1925, 6-11 ; 1926, 1-4.
(2) Kitasato's Archives of Expérimental Médecine, 1917, 1, 17, 157 ; 1919, 3, 235.
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à obtenir une race de bacilles tuberculeux peu virulents et facilement résorbables dans l'organisme. Il croit y avoir réussi en habituant un bacille à croître dans des bouillons glycérines contenant des quantités de plus en plus grandes de trypoflavine (dérivé chloré de fuchsine) ou de rouge neutre, substances qui ont une action nettement empêchante sur les cultures.
La race de bacille ainsi obtenue après dix-huit générations garde sa vitalité en présence de 1 p. 8000 de trypoflavine. Elle est à peine virulente pour le cobaye à la dose de 2 milligrammes intraveineuse, de 1 milligramme dans le péritoine. Mais, si l'on sensibilise ce bacille avec un sérum d'animal préparé en vue de l'obtention des anticorps, il est parfaitement toléré par le cobaye à la dose de 1 milligramme dans le péritoine ou par voie intraveineuse. Il a perdu une grande partie de son acido-résistance et il est devenu facilement résorbable. K. Shiga a employé cette souche, et aussi une autre qu'il avait rendue résistante à Vérythrosine, d'abord pour traiter des cobayes préalablement tuberculisés, puis pour obtenir un sérum sensibilisant qui lui a servi à préparer un séro-vaccin utilisable en phtisiothérapie. Il estime que ce séro-vaccin, s'il ne permet pas de réaliser la vaccination préventive, est du moins utile pour provoquer la sclérose des foyers tuberculeux, pour favoriser la guérison des malades et pour empêcher l'extension des lésions latentes chez les sujets prédisposés ou ganglionnaires.
Plus récemment, E. Arima, K. Aoyama et J. Ohxawa (d'Osaka) (1) ont cherché à supprimer l'acido-résistance en cultivant un bacille tuberculeux d'origine humaine sur des milieux additionnés d'une saponine extraite de sapindus mukoroji japonica, qui empêche la formation des graisses et des cires. La virulence du bacille s'atténue graduellement dans ces conditions et, lorsqu'il est décolo-
(!) Zeitschr. f. Tvbcrc, 1924, II, 1€5 ; 192". / .'. 275 ; 1926, fS ; 112, 20], 307.
rahle par les acides, il est devenu facilement résorbable.
Inoculé au lapin dans la veine, aux doses de 1 à 5 milligrammes, il ne provoque pas de lésion appréciable au bout d'une semaine. Avec 10 à 100 milligrammes, on trouve quelques petits tubercules dans le poumon, rien dans les autres organes. Au bout de trois semaines, les tubercules du poumon paraissent flbro-cirrhotiques et nettement séparés du tissu sain.
Chez le cobaye, après une semaine, 10 milligrammes de bacille saponiné produisent un ulcère au point d'inoculation, avec fond caséeux et hypertrophie ganglionnaire.
Les expériences de vaccination du cobaye comportaient en général trois injections, à deux semaines d'intervalle, de doses comprises entre 2 millièmes de milligramme et 1 milligramme au maximum. L'inoculation d'épreuve était faite, cinq semaines après la fin de rimmunisation, avec 1 millième de milligramme d'une souche humaine virulente. Sur vingt et un animaux vaccinés qui furent sacrifiés après cinq, dix et vingt et une semaines, on constata que sept étaient indemnes et les quatorze autres étaient porteurs de lésions peu étendues.
D'autres expériences, faites sur des cobayes et sur des lapins, donnèrent des résultats à peu près semblables, que les auteurs ont trouvés suffisants pour justifier des essais de vaccinothérapie sur l'homme avec leur vaccin AO. Ils disent avoir obtenu des améliorations manifestes de l'état général des malades et, dans beaucoup de cas, un arrêt dans l'évolution de la maladie.
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