‹ La vaccination préventive contre la tuberculose par le "BCG,"Chapitre 12 sur 116 · M. — ESSAIS DE VACCINATION ANTITUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

M. — ESSAIS DE VACCINATION ANTITUBERCULEUSE

PAR LA BACTÉRIE « ALPHA » DE J. FERRAS (de Barcelone)

J. Ferrax, dont les travaux sur la vaccination anticholérique sont bien connus et justement estimés, a des vues très personnelles sur la nature du virus tuberculeux. Il pense que le bacille de Koch dérive, par mutation brusque, d'une bactérie d'origine intestinale saprophyte, non acidorésistante, ressemblant au bacterium coli et qu'il a nommée bactérie alpha.

Pour J. Ferrax, cette bactérie alpha est le véritable agent de la tuberculose spontanée ou naturelle, tandis que le bacille de Koch n'interviendrait que dans la tuberculose provoquée ou inoculée. Mais la bactérie alpha serait susceptible de se transformer, dans l'organisme animal ou humain, en véritable bacille de Koch, dans des conditions et sous des influences qui nous échappent. Tant qu'elle reste bactérie alpha non acido-résistante, elle est incapable de produire par elle-même des lésions tuberculeuses ; mais elle peut engendrer des lésions inflammatoires. Son innocuité permettrait de l'utiliser comme virus-vaccin. Toutefois, d'après J. Ferrax, « elle ne protège pas les animaux contre l'action des toxines lipoïdes du bacille de Koch virulent, ni contre celle des tissus tuberculeux ou du pus caséeux ganglionnaire ». Elle immuniserait seulement contre la phase prétuberculeuse de l'infection bacillaire el modifierait favorablement les inflammations pérituberculeuses.

Depuis 1919, le vaccin anti-alpha, tyndallisé une demiheure, a été injecté, en Espagne et en République Argentine, à des milliers d'individus de tous âges, de toutes catégories sociales, sans tenir compte de leur état de santé ou de maladie. Il a même été employé dans un but thérapeutique chez des malades atteints des affections non tuberculeuses les plus diverses.

De ces inoculations, faites particulièrement en grand nombre par Juan F. Vacarezza à l'hôpital des Enfants abandonnés de Buenos-Aires, sur des sujets de trois mois à deux ans, on peut conclure qu'il n'est résulté aucun accident ; mais il est impossible de se faire une idée, même approximative, de leur efficacité protectrice contre la contagion tuberculeuse, parce qu'elles ont été faites dans un milieu où cette contagion est beaucoup plus rare que dans les familles de bacillifères.

En collaboration avec Léon Massol (1), nous avons pu, en 1913, effectuer quelques expériences en partant de cultures que J. Ferran nous avait obligeamment envoyées. Il ne nous a pas été possible d'obtenir, en suivant la technique qui nous avait été indiquée, la transformation de la bactérie alpha en bacille de Koch par passages successifs sur le cobaye. Ceux de nos animaux qui avaient reçu des injections répétées de bactéries tuberculogènes atoxiques non acido-résistantes ne réagissaient pas à la tuberculine. Leur sérum fournissait bien des anticorps correspondant à ces bactéries, mais il ne donnait pas la réaction de déviation du complément avec les antigènes tuberculeux.

Nous ne croyons pas, d'autre part, que J. Ferran luimême, ni aucun autre bactériologiste, ait jusqu'ici apporté la preuve expérimentale du transformisme in vivo de la bactérie alpha en bacille de Koch, non plus que celle du pouvoir protecteur de cette bactérie vis-à-vis de l 'infection tuberculeuse spontanée (contagion familiale de l'enfant, contagion d'étable des jeunes veaux) et encore moins visà-vis de l 'infection tuberculeuse artificiellement provoquée.

(1) Soc. Biol., 1913, 74, 21.

DE VACCINATION ANTITUBERCULEUSE M

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