LE « BCG
tissu conjonctif est alors plus dense, tel que celui qui tapisse les articulations, les séreuses et principalement les méninges. Aussi les localisations méningées, osseuses ou articulaires, sont-elles infiniment plus fréquentes chez les enfants que chez les adultes.
« Dans tous les cas, chez l'enfant comme chez l'adulte, la rupture des tubercules caséines détermine la libération de bacilles qui sont expulsés au dehors (avec les crachats, par exemple dans les tuberculoses pulmonaires ouvertes) ou oui, englobés par de nouveaux leucocytes et charriés par les lymphatiques environnants, vont s'arrêter dans les ganglions voisins (aclénopathie trachéo-bronchique dé l'enfant) ou traversent ceux-ci pour rentrer par le canal thoracique et le cœur droit, qui les renvoie aux capillaires du poumon avec le sang à hématoser. Ce processus nous est apparu très évident chez plusieurs de nos chèvres adultes infectées par ingestion.
« Ainsi s'expliquent -les éruptions successives de tubercules qui apparaissent toujours chez les sujets porteurs de lésions caséifiées. Il suffit d'examiner les poumons d'un tuberculeux à cavernes pour constater que le parenchyme pulmonaire porte, à sa surface d'abord, puis dans sa masse, une foule d'îlots de tubercules à tous les stades de développement. Chacun de ces stades correspond, sans nul doute, à une réinfection produite, soit par le déversement d'une nouvelle quantité de bacilles par le canal thoracique dans le torrent circulatoire veineux, soit par une réinfection intestinale occasionnée par la déglutition de crachats bacillifères.
« Ces réinfections plus ou moins massives, et se succè dant à intervalles plus ou moins rapprochés, jouent, on le sait aujourd'hui, un rôle essentiel dans le genèse de la phtisie pulmonaire et des autres formes de tuberculose chronique, ainsi que de certaines formes aiguës, telles que les méningites. »
On verra par la suite que le rappel de ces faits, que nos expériences déjà anciennes avaient établis, n'est pas inu-
tile pour comprendre la nécessité de faire absorber les bacilles-vaccins à l'enfant dès son plus jeune âge, par les voies digestives, à nn stade d'évolution de la muqueuse intestinale, où elle se laisse facilement pénétrer par les microbes, et où ceux-ci ont le plus de chances d'être retenus dans le système lymphatique ganglionnaire.