H. — ESSAIS DE VACCINATION PAU BACILLES SENSIBILISÉS
H. Vallée et Louis Guixard (4) ont essayé d'appliquer à la tuberculose la méthode de préparation des virus sensibilisés imaginée par Besredka. Ils ont utilisé à cet effet le sérum de cheval préparé par H. Vallée à Alfort, qui fournit un précipité abondant en présence de la tuberculine brute de Koch ou des divers extraits bacillaires. Ce précipité, pensaient-ils, devait être formé de tuberculine modifiée par le contact du sérum, car il est à peu près inofïensif pour le cobaye tuberculeux, et les bovidés infectés en supportent impunément des doses considérables par injection
(1) Deutsch. med. Woch., 1923, 15, p. 483.
(2) Calmette (A.) : L'infection bacillaire et la tuberculose, 2e édit., Paris, 1922, p. 356 (Masson, édit.).
(3) Deutsch. med. Woch., 1921, mai, 528.
(4) Acad. des Se, 1910, 150, 1140.
DE VACCINATION ANTITUBERCULEUSE 45
intraveineuse, sans fournir de réaction tuberculinique. Mais nous savons aujourd'hui, d'après les expériences publiées par nous en collaboration avec Léox Massol (de Lille), que ce précipité ne renferme, en réalité, pas trace de tuberculine, car celle-ci reste intacte dans le liquide surnageant après centrifugation.
Fritz Meyer (1) a traité directement des bacilles par le sérum antituberculeux de Euppell et Rickmaxx que préparait, avant la guerre mondiale, la fabrique de Hœehst, près de Francfort-sur-le-Mein. Ce sérum était très agglutinant et renfermait une grande quantité d'anticorps.
Les bacilles ainsi sensibilisés seraient environ cinq fois moins toxiques pour les cobayes tuberculeux que les mêmes bacilles non sensibilisés. Ils permettraient de conférer, aux animaux neufs, une résistance telle à l'infection tuberculeuse, que celle-ci évolue six à huit fois plus lentement que chez les témoins.
Leur résorption sous la peau serait très rapide, même chez l'homme.
F. Meyer a essayé d'introduire ces bacilles sensibilisés dans la thérapeutique de la tuberculose. Les malades en recevaient, en injections sous-cutanées, des doses progressivement croissantes. Nous manquons de données expérimentales suffisamment étendues pour qu'il soit possible de juger la valeur de cette méthode. Les nombreux essais de sensibilisation des bacilles tuberculeux que nous avons nous-mêmes pu effectuer avec divers sérums particulièrement riches en anticorps ont toujours donné des résultats négatifs. Non seulement la résorption des éléments microbiens ne s'effectuait pas, même après infection par simple instillation oculaire, mais les animaux devenaient souvent plus vite et plus gravement tuberculeux que les témoins.
(1) Berlin. Min. Woch., 1910, 47, 926.