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RÉACTIONS, COMPLICATIONS

Dès que le vacein a pénétré dans l'organisme celuici va réagir, et nous aurons à étudier dans ce chapitre les diverses réactions locales ou générales qui font suite aux injections. |

Ces réactions sont constantes et il nous a semblé qu’elles étaient d'autant plus nettes que l'organisme

allait mieux répondre à la thérapeutique.

Localement, au niveau même de la piqûre apparaît au bout de quatre à six heures en moyenne une zone rouge et douloureuse, une sorte d’érythème fugace qui le lendemain s'est étendu de manière à présenter à peu près la largeur d’une paume de main. Puis peu à peu elle va s’éteindre et disparaître en trois ou quatre jours.

En mème temps que la rougeur, la douleur est constante ; c'est une sensation de chaleur locale, de cuisson mais très facilement supportable. Elle s’exacerbe par la pression ce qui explique que les malades inoculés dans le dos étaient obligés d’avoir un décubitus latéral] ou ne pouvaient dormir.

Avec les vaccins de Wright ou de Pfeiffer et Kolle on

DE ce a signalé parfois une tuméfaction véritable ou de petits nodules persistants pendant des semaines au niveau de la piqüre.

Cette réaction locale est en tous points comparable à celle que l’on observe au cours de la vaccination préventive, et tandis que Smallman la considérait comme étant plus faible dans la bactériothérapie Ardin Delteil au contraire croit qu’elle est plus accentuée que dans les injections préventives.

En réalité on n'a jamais observé de véritables cutiréactions, ce qu’on aurait pu craindre dans un organisme sensibilisé, par analogie avec ce que l’on observe dans d’autres infections.

Pour Meakingset Forster ces réactions locales seraient surtout nettes à la première injection ct presque nulles aux injections suivantes,

De plus, la réaction dépend beaucoup du vaccin employé : la douleur est plus vive avec des vaccins contenant même de faibles doses d’antiseptique. Elle est assez forte avec les vaccins chauffés, elle est presque nulle avec les autolisats ou les vaccins irradiés. Enfin tous les auteurs qui ont employé le vaccin sensibilisé de Besredka s'accordent à ne signaler que des réactions locales très légères. L'ingestion de chlorure de calcium conseillé par Wright aurait pour effet de diminuer €: symptômes locaux.

Chez tous nos malades traités, les réactiors iocales ont été insignifiantes ; le plus souvent, le malade ne se plaignait pas de douleurs spontanées, on notait seule-

ment une rougeur locale, un peu plus foncée que la

pap:t: us rougeur de la lymphangite, s'étendant en cercie à l’endroit de la piqüre et dépassant rarement la surface d’une demi-paume de main. La région à ce niveau était légèrement endolorie et nettement douloureuse à la

pression, qui effaçait la rougeur.

En mème temps que cette rougeur locale, de nombreux auteurs signalent dans les régions ganglionnaires satellites une légère hypertrophie des ganglions qui apparaît rapidement en un à deux jours et que l’on constate surtout nettement par comparaison avec le côté opposé.

M. Vincent l'avait déjà signalé dans les injections préventives. Elle nous a paru constante dans tous les cas où nous l’avons recherchée.

L'hypertrophie de la rate survient à peu près dans le même temps, dès le lendemain de l'injection. Le professeur Vincent la considère comme absolument constante et spécifique et base sur elle un spléno-diagnostic qui pourrait remplacer le séro-diagnostic et servir à éliminer les paratyphoïdes.

Malheureusement la réaction constante avec les autolysats semble moins constante d’après M. Josué lorsqu’on injecte des corps bacillaires tués.

Avec le vaccin sensibilisé nous avons retrouvé dans presque toutes nos observations cette hypertrophie de la rate ; et c’est surtout après la première injection que cette augmentation de volume nous a semblé nette. Cette hypertrophie, d’ailleurs variable suivant les cas, oscille en général entre 2 et 4 centimètres. Enfin, nous n'avons

pas observé à [a suite des piqûres une régression rapide de l’organe faisant suite à cette hypertrophie ainsi que Pa signalée M. Vincent.

Celle-ci persistait au contraire quelques temps après nos piqûres, et ne revenait à son état normal que six à dix jours après les injections.

Ces différentes réactions du tissu lymphoïde expliquent les transformatiohs sanguines que l’on rencontre au cours du traitement: et l’on saït qu'en même temps qu’apparaissent les propriétés humorales réactionnelles du sérum, la numération sanguine permet de déceler une mononucléose nette. Courmont, Rochaïx et Charlet ont retrouvé cette transformation sanguine chez les sujets traités suivant leur méthode par des lavements.

D’après leurs expériences, il résulte que le nombre total des leucocytes est peu modifié. Dès la quatrième heure, et surtout dès la dixième heure les polynucléairés neutrophiles diminuent notablement, mais en même temps les grands et surtout les moyens mononucléaires augmentent.

* A côté des transformations sériques qui ainsi que nous l’avons vu jouent le plus grand rôle das la destruction des microbes en rendant ceux-ci moins résistants d’une part, et d'autre part en élevant le pouvoir opsonique, nous voyons que l’inoculation a encore pour effet d’exciter l’activité phagocytaire de l’organisme. Cette hyperleucocytose relative qui remplacerait l’hypoleucocytose normale serait d’ailleurs d’après d'(Elnitz en rapport avec les modifications favorables de l’état général.

Enfin, accompagnant les lésions cutanées, il n’est pas

rare de voir après le traitement une efflorescence de taches rosées qui foncent etse multiplient. Ce phénomène a été signalé par M. Netter. ,

P.-E. Weil qui l’a rencontré lui aussi en fait un phénomène comparable au phénomène d’Herxheimer.

Ce phénomène n’est pas constant, cependant nous l’avons rencontré trois fois avec une netteté très grande chez nos malades traités ; deux jours après les injections les taches fonçaient en couleur, de discrètes devenaient confluentes parfois prenaient un aspect presque papuleux. On avait de véritables formes éruptives de la typhoïde (obs. XII, XIV, XX). Enfin comme autre anomalie dans l’éruption nous devons signaler que deux fois nous avons vu les taches apparaître ou persister après l’apyrexie, alors que le malade sémblait en pleine convalescence (obs. XIV, XIX).

Les réactions humorales au cours du traitement ont été fort peu étudiées, et on doit se baser sur les résultats obtenus dans le traitement préventif pour conclure par analogie dans Ja vaccinothérapie curative. Ces réactions sanguines ont été bien étudiées par P. Creuze dans sa thèse.

En effet dans la vaccinothérapie il sera toujours impossible de dire si les faits observés dépendent du traitement ou sont dus à l’évolution de la maladie ellemême. D’après Ardin Delteil, le pouvoir agglutinant serait peu augmenté par le traitement, tandis que le pouvoir bactéricide s’élève notablement et rapidement

et que la réaction de fixation apparait très vite.

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