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Nous-mèmes avons fait au début des agglutinations en série et nous croyons que le pouvoir agglutinant augmente plus vite qu’en l’absence de tout traitement. Lorsque le séro-diagnostie était déjà très fortement positif, il est resté en général ce qu'il était au début du traitement, mais lorsque l’agglutination ne se faisait qu’à 4/30 ou 1/50 en trois à cinq jours en moyenne on voyait le pouvoir agglutinant augmenter pour atteindre et souvent dépasser 1/100 (ob. Il, V, IX, XII).
En mème temps que sur place d’une part, dans le sang et les organes lymphoïdes d’autre part se produisent ces phénomènes, il nous faut encore rechercher si l’organisme ne répond pas d’une manière plus générale, et si des réactions fébriles n’accompagnent pas l’injection. On sait que dans les vaccinations préventives on observe fréquemment surtout à la suite de la première injection une élévation brusque de la température, une courbe en clocher qui traduit ces phénomènes réactionnels. Cette réaction dépend d’ailleurs elle aussi en grande partie du vaccin employé, et paraît être surtout intense avec les vaccins chauffés. L’élévation de température varie suivant les cas entre 37°4 et 40°5, la poussée fébrile débutant deux à trois heures après linjection. Ces accès sont d’ailleurs facilement prévenus ou arrêtés par l’antipyrine ou l’aspirine. Certains auteurs signalent cette phase réactionnelle à la suite des injections curatives. Elle nous a semblé fort rare et lorsqu'on examine la courbe des températures prises toutes les trois heures
c'est à peine si on observe, de manière très inconstante
d’ailleurs à la suite de la piqûre, des variations de quelques dixièmes de degré. Ces mêmes variations peuvent se rencontrer aussi les jours qui suivent ou qui précèdent l'injection. Elles dépassent rarement 1 degré et se rencontrent surtout lors des dernières piqûres, lorsque la courbe générale avait déjà commencé à baisser.
Ces réactions peuvent se faire dans les deux sens, se traduisant aussi bien par une élévation que par une chute transitoire. ;
Cette dernière modalité est d’ailleurs beaucoup plus rare. Les plus fortes variations se sont rencontrées dans l’observation V où après la troisième piqûre on vit dans les heures qui suivirent la température monter de 57 à 40° pour retomber au bout de six heures à son point de départ; et dans l’observation XIII ou à la suite de la deuxième injection la température tombe de 40 à 38° deux heures après, pour remonter en deux heures à 40°.
Mais nous tenons à répéter que ces réactions fébriles sont très rares avec les vaccins sensibilisés et qu'il est dans presque tous les cas impossible de dire sur le seul vu de la courbe à quel moment ont été faites les injeetions. Lorsqu'elles existent nous ne croyons pas d’ailleurs qu'on en puisse rien conclure au point de vue du pronostic.
Nous n'avons jamais eu l’occasion d’observer non plus des frissons accompagnant cette phase réactionnelle. Ceux-ci ont été signalés par Sacquepée et Chevrel. |
Enfin, au moment où les phénomènes généraux vont
s’amendér il est fréquent de retrouver des sueurs abon:
Mg" dantes. Beaucoup de nos malades insistaient sur ce phénomène qui se reproduisait à chaque injection (obs. I, XIII, XVIIL, XXI, XXII). De plus avec une extrème fréquence il nous a été donné de retrouver des éruptions presque généralisées de sudamina, apparaissant au moment ou la convalescence allait débuter (obs. XVIII, XX, XXII).
Beaucoup d'auteurs en mème temps que ces sueurs signalent une polyurie abondante. Presque tous nos malades urinaient en effet beaucoup ; mais nous croyons que cette action est une action secondaire. L’état général étant amélioré, la stupeur diminuant, il était plus facile de faire boire les malades : ce qui explique cette polyurie relative. Elle ne se confond pas d’ailleurs avec la véritable crise urinaire qui survient à la convalescence. M. d’'(ÆElnitz signale une albuminurie transitoire à la suite des piqûres. Nous ne l’avons jamais relevée ailleurs. |
Toutes ces réactions sont des réactions normales en rapport avec le traitement ; elles disparaissent rapidement sans laisser de traces et sont en général peu accen tuées et éphémères,
Mais il nous faut maintenant voir si à côté de celles-. ci le traitement ne serait pas capable d’influencer l’organisme de manière plus profonde et plus durable en un mot si dans certains cas l’injection ne pourrait produire
de véritables complications.
D'abord le traitement agissant en exaltant l’activité
formatrice des tissus de défense lymphatique ; les pla+
ques de Peyer sont influencées par la médication : Elles se congestionnent, s’hypertrophient, et l’on pouvait se demander s'iln’y avait pas là une prédisposition pour les grandes complications intestinales de la malade, hémorragie et perforation.
Sacquépée et Chevrel ayant dans leur statistique observé 2 cas d’hémorragie intestinale ont cru devoir en accuser le traitement. Ils veulent les expliquer par un phénomène analogue à l’anaphylaxie entraînant des altérations sanguines profondes, rendant le sang incoagulable.
Cette théorie ne nous semble pas répondre à la réalité. L’anaphylaxie pour se produire demande un temps d'arrêt ; une période de repos entre les introductions successives dans l'organisme de nouvelles doses de poisons. Or là, l'injection se fait en pleine évolution de la maladie, alors que les phénomènes de défense de l’orga- nisme ont à peine eu le temps de se produire. La période d’incubation nécessaire à la production de ce phénomène n’existe donc pas.
Enfin, Sacquepée et Chevrel ont observé cette complication deux fois seulement sur 28 malades ce qui fait ‘un pourcentage de 7,1.
Ce sont les seuls auteurs d’ailleurs qui aient cru devoir mettre cette complication sur le compte de la vaccinothérapie et l'analyse de l’ensemble des cas traités ne nous montre pas une fréquence plus grande des hémorragies.
En effet, nous n’avons rencontré que 54 fois cette
complication signalée sur un ensemble de 718 cas