OR
rapportés par les auteurs qui signalent les hémorragies qu'ils ont observées ; ce qui fait un pourcentage de 7,52 ./°.
Au cours de nos recherches nous avons vu deux hémorragies (obs. XV, XXIII). Toutes les deux d’ailleurs se sont terminées par la guérison ; cela nous fait donc un pourcentage de 8 °/, ce qui est assez comparable avec ce que l’on observe dans les formes non traitées.
Les statistiques habituelles des hémorragies au cours des typhoïdes traitées par les moyens classiques varient dans de grandes proportions de 2 à 10 °/.. Il est donc fort difficile de dire si le trailement favorise cette complication, dans tous les cas il n’en diminue nullement la fréquence.
Pour les perforations par contre tous les auteurs s’accordent à dire que la vaccinothérapie les rend beaucoup plus rares. Celles-ci ne sont presque jamais signalées au cours du traitement, et nous croyons pouvoir dire que si le vaccin entraîne une congestion des plaques de Peyer etn’entrave pas la production des hémorragies ; par contre il empêche les lésions anatomiques d'évoluer et provoque la cicatrisation avant que l’ulcération n’ait creusé en profondeur.
En effet sur ÿ1 auteurs qui signalent la présence ou l'absence de perforations il n’en n’est que 6 qui ont observé cette évolution et chacun une seule fois. Mais là les données ne sont pas assez précises pour que l’on puisse faire un pourcentage exact et marquer par un chiffre la fréquence de cette complication.
Gauchery 5
ne
Parmi les autres complications beaucoup plus rares qui peuvent être mises sur le compte du traitement, il faut signaler La rupture de la rate. Nous retrouvons dans la littérature deux fois ce fait signalé par Fraenkel et par Callison, et pour M. Vincent l'hypertrophie trop accusée de la rate contre-indiquerait la vaccinothérapie.
En réalité les diverses statistiques montrent que cette complication est bien exceptionnelle,et nous ne croyons pas qu’elle soit assez à craindre pour priver lé malade du bénéfice qu’il peut retirer de la bactériothérapie. Récemment chez les enfants, divers auteurs ont signalé à la suite de l’injection des cas de collapsus cardiaque d’aspect dramatique (Mery, Guinon, Richardière).Ils se sont tous terminés par la guérison. Ces cas n’ont jamais été signalés chez l’adulte. |
M. Netter a récemment insisté sur ce fait que l’injection de vaccin pourrait provoquer une cholecystite.
Clément et Dawson traitant un ancien typhique porteur de germes ont observé une réaction douloureuse de la vésicule et des vomissements bilieux faisant suite à chaque injection. ;
Netter chez les typhiques en traitement a observé 2 fois une poussée de cholecystite ; Brouardel et Giroux rapportent un cas semblable.
Il semble bien que dans tous ces cas le traitement ait vraiment déclanché cette complication ; aussi M. Netter considère-t-il toute douleur dans la région vésiculaire comme une contre-indication absolue aux injec-
tions.
= Tr = Nous n’avons jamais eu l’occasion d'observer ce symptôme ; jamais le foie et la vésicule n'ont présenté de variations au cours du traitement, et même, dans un cas très grave s’accompagnant d’ictère dès le début nous n'avons pas hésité à injecter de fortes doses de vaccin et des doses répétées sans en avoir observé le moindre inconvénient. | De même deux fois une poussée appendiculaire a paru faire suite aux injections. Il faut attendre pour se prononcer d'avoir de nouveaux faits. Dans tous les cas ces complications sont bien exceptionnelles et nous ne nous croyons pas autorisés à éliminer la simple coïncidence.
Reste à étudier une dernière question fort discutée, elle aussi, la question des rechutes.
Hollis dans ses 16 premiers cas traités aurait vu les rechutes dans 30 °/, des cas tandis que dans ses cas témoins, il n’aurait rencontré cette complication que dans 10 °/, des cas. Il y aurait donc d’après lui augmentation du nombre des rechutes par le traitement. Continuant ensuite àemployer la méthode,sur 51 cas il n’a plus que 8 rechutes ou 15 °/,. Ce pourcentage si élevé ne se rencontre d’ailleurs que dans cette statistique et tous les autres auteurs observent beaucoup moins de rechutes quand ils emploient la vaccinothérapie que dans les cas traités par les méthodeshabituelles. Les chiffres manquent là aussi le plus souvent. Cependant Netter signale 23 °/, de rechutes contre 33 chez les témoins, Déléarde 33 °/,
d’une pañt et 50 chez les témoins ; Meakings et For-
het ters 2,4 au lieu de 13 °/, Ardin Delteil 5,4 au lieu de 9,7 07.
Il est donc probable qu’Hollis est tombé sur une mauvaise série, ou bien peut-être injectait-il des doses trop faibles ou ne répétait-il pas assez ses injections. Ceci nous semble prouvé par le pourcentage général qui sur 1.286 cas nous apporte 91 rechutes ou 7,07 °/.
La présence de ces rechutes ne peut s'expliquer en effet que par une insuffisance d'anticorps, et cependant, sur nos 25 cas que nous croyons avoir traité de manière intensive, nous avons observé 3 rechutes, ce qui nous fait un pourcentage de 16 */.. Ces trois rechutes furent d’ailleurs extrèmement bénignes, ne s’accompagnant ni d’hypertrophie de la rate ni d’une réapparition de taches rosées et se traduisirent uniquement par une reprise du tracé fébrile (obs. VIII, IX, XVIII).
Elles évoluèrent sans complications et très rapidement vers la guérison.
Il nous faut donc dire que la vaccinothérapie est inpuissante à empêcher la rechute ; nous ne croyons pas d’ailleurs que cela puisse en rien faire incriminer la méthode : ce n’est pas un sérum thérapeutique que l’on injecte, mais un vaccin qui demande à l’organisme un travail personnel de défense.
Si pour une raison quelconque l'organisme est insuffisant à sa tâche, s’il ne peut réagir, le traitement n’aura aucune action ; si le microbe reprend sa virulence, la rechute apparaîtra.
La méthode de certains auteurs qui conseillent de re-
faire une nouvelle piqûre au moment où apparaît l’apy-
Een
rexie pourrait peut-être mettre à l’abri de cette complication.
Il est difficile de rechercher expérimentalement les réactions que peut provoquer la vaccination au cours de l'infection éberthienne chez les animaux, puisqu'on ne parvient pas à donner à ceux-ci une malade comparable à celle que l’on observe chez l’homme ; mais il est intéressant de rechercher quelle est la dose toxique chez un animal sain et quelles sont les lésions réactionnelles que l’on peut retrouver à la suite de l’injection. Ces expériences ont été faites par Wright et reprises par Lumière et Chevrotiier. ;
Ils ont montré qu'il fallait des doses relativement considérables pour entrainer la mort, et que par injection sous-cutanée, pour un cobaye de 400 grammes, une dose de 7 centimètres cubes de vaccin contenant 600 millions de bacilles par centimètre cube paraissait inoffensive. |
Nous sommes bien loin des doses que l’on emploie en pratique chez l’homme.
Les animaux qui succombent meurent en hypothermie avec ralentissement de la respiration en douze heures à trois jours. ,
Après une phase d'abattement survient une parésie du train postérieur ; puis des convulsions cloniques qui précèdent de peu l'arrêt de la respiration et enfin l’arrêt du cœur. |
A l’aatopsie on note une hyperhémie considérable de l'intestin avec lésions ecchymotiques de la muqueuse
intestinale surtout marquées au niveau du bout infé-
D fi
rieur. Parfois il y a de l’ascite hémorragique ; les ganglions mésentériques réagissent, les surrénales, le rein, le foie, le poumon sont congestionnés.
La rate n’est pas touchée dans ces intoxications aiguës.
Mais ces phénomènes congestifs ne sont pas à craindre avec les doses thérapeutiques qui d’après Wright ne doivent pas dépasser la dose mortelle pour 100 grammes de cobaye; et là non plus nous ne trouvons pas de raisons capables d’accuser le traitement de favoriser les complications. D’ailleurs, dans un de nos cas qui s’est terminé par la mort, nous n’avons pas retrouvé de lésions comparables à celles que nous venons de signaler. On pouvait reconnaître les lésions banales de la typhoïde au début de la période d’ulcération. La rate présentait une congestion intense ; mais ni dans l’intes-
tin ni dans le foie on ne retrouvait de lésions d’hyperhémie (obs. XIII).