‹ La Vaccinothérapie TyphiqueChapitre 5 sur 33 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

A la suite des travaux de Chantemesse et Widal qui en 1887-1888 réussirent à vacciner les animaux et à les rendre réfractaires au bacille typhique en leur injectant des cultures de bacille d’Éberth tués à l’autoclave à 120 pendant dix minutes, Roux écrivait que cette

méthode devrait être essayée sur les malades atteints de fièvre typhoïde : « Nous sommes conduits à prévoir dans cette direction une thérapeutique spéciale et originale dont il semble qu’on doive attendre beaucoup de bons résultats. »

Malgré cette opinion autorisée, les essais de vaccinothérapie typhique restèrent isolés, et il faut attendre près d’un quart de siècle pour voir cette méthode s’implanter dans la pratique et être essayée sur une échelle suffisante pour qu’on puisse se faire une opinion sur sa valeur.

Cette méthode rentre d’ailleurs dans la méthode plus générale des vaccins de Wright. Celle-ci consiste à trai-

ter les maladies à longues échéances par l'injection d’une

émulsion du microbe causal, tué par un agent chimique ou physique.

Cette méthode essayée, par Rumpf pour le bacille pyocyanique fut adoptée en 1902 par Wright qui l’étendit au traitement d’affections diverses et qui proposa d'en contrôler l’action par: la recherche de pouvoir opsonique.

La vaccinothérapie typhique fut une des plus étudiées.

Elle fut essayée pour la première fois par Eugen Fraenkel de Hambourg, en 1893.

Maigré des résultats encourageants, dans une première période cet auteur n’a que peu d’imitateurs, et on ne retrouve jusqu’en 1908 que des essais isolés.

Nous retrouvons ainsi en 1895 les observations de Beumer et Peiper ; et en 1902, celles de Petruschki.

En 1904 enfin, Richardson commence ses essais de traitement par la vaccinothérapie.

A partir de 1908, nous entrons dans une deuxième période : les essais deviennent plus nombreux ; mais ce sont uniquement des auteurs étrangers qui emploient la méthode, et parmi ceux-ci il faut faire une place toute spéciale aux médecins anglais et américains qui sur l'impulsion de Wright font paraître de nombreuses publications sur ce sujet. C

En 1908, nous retrouvons Pescarolo et Quadrone qui traitent 20 typhiques, puis [leman avec un cas.

En 1909, il faut signaler les travaux de Waitters et Eaton, de Semple, de Smallman, de Behrend et de Ni.

chols, sans compter les observations isolées signalées

par un grand nombre d’auteurs, et que nous rapporlerons en détail un peu plus lain.

En 1910, nous retrouvons de même les observations de Wilson, de Sappington, de Raw, de Martin et de Hollis. Tous ces auteurs ont un pourcentage de guérison très élevé et se présentent comme des partisans convaincus de l’excellence de la méthode.

En 1911, de nombreux auteurs emploient la méthode. Nous retrouvons les noms de Sadler, de Simons, de Callison, de Meakings et Forster, de Mac Laughlin, d'Anders, de Duncan, d’Elliot et de Flechter, de Turkey, de Binney, de Sansborn et d’un très grand nombre d'auteurs américains qui apportent des cas isolés.

A partir de 1912, nous entrons dans une troisième période : la bactériothérapie typhique est essayée en France.

Jusque-là en effet, on avait plutôt, sur l’influence de Chantemesse, étudié les traitements par immunisation passive ; et avec les injections de sérum antityphique, cet auteur aurail traité un grand nombre de cas de typhoïde et obtenu de très beaux résultats.

Mais cette méthode a le très gros inconvénient d’être d’un maniement délicat, d'un dosage difficile et par conséquent de ne pouvoir être mise entre toutes les mains. À

Pour Wright d’ailleurs, ce ne serait qu’une bactériothérapie déguisée, et elle n’agirait que par les éléments bactériens restés dans le sérum des chevaux immunisés.

Ce n'est pas cependant l'opinion de Chantemesse qui

croit plutôt, étant donné les doses infimes injectées, à

SEX Rue une action bactéricides pécifique détruisant les microbes vivants en circulation dans l'organisme.

Quoi qu'il en soit cet auteur étudie ensuite l’action du vaccin et retrouve une partie des phénomènes que provoque l'injection du sérum antityphoïdique.

Au XII[° Congrès de médecine, en octobre 1912, il fait une communication sur la vaccinothérapie par les vaccins chauffés, et à la suite nous retrouvons les communications de Courmont et Rochaix qui emploient la voie intestinale, de Renaut qui se sert de bacteries irradiées, d’Ardin Delteil qui essaye le vaccin sensibilisé de Besredka.

Tous les auteurs étrangers se servaient de vaccins constitués par des bacilles tués par chauffage aux environs de 60.En France trois sortes de vaccins sont simultanément employés : le vaccin chauffé vers 56. Type vaccin de Chantemesse, le vaccin de Vincent, non chauffé dans lequel les bacilles sont tués par l’éther, et le vaccin de Besredka ou les bacilles sont vivants, mais sensibilisés.

En 19143 on retrouve un grand nombre de communications en particulier à la Société Médicale des Hôpitaux et nous voyons que les vaccins chauffés sont employés par Chantemesse, Sacquepée et Josué.

Les vaccins traités par l’éther ont comme promoteurs Vincent, puis Thiroloix, Dufour, Paul-Emile Weil, Weil-Hallé, Variot.

Enfin les vaccins sensibilisés sont employés par Netter, Boinet, Delearde puis Sablé. C’est ce vaccin que nous avons nous-même choisi et nous tenons à remer-

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