‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 102 sur 195 · Voir Strauss. Die Bulgaren · texte numérisé non relu

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y est réduit à sa plus simple expression l. En fait, si superstitieux qu'il soit, le paysan roumain est peu porté à personnifier les forces physiques et à s'entourer d'êtres mystérieux. La nature lui paraît relativement simple. La maladie seule l'effraye, et c'est pour l'expliquer que sont imaginés presque tous les personnages fantastiques des contes et des croyances populaires. Encore, peut-on juger par leurs noms, le plus souvent slaves, et par des analogies faciles à établir, que l'origine de ces croyances est le plus souvent étrangère : tels, le Sburâtoriu, qui tourmente les femmes enceintes 2, le Strigoiu (vampire), qui vient sucer le sang des hommes et des animaux ; tels, les Ver cola ci, âmes des enfants morts sans baptême 3, les Ursife, femmes envoûteuses 4 ; tel encore, cet Avestitu, aile de Satan, qu'on retrouve chez les Serbes et en Moravie, et contre lequel on récite une sorte de prière racontant son combat avec saint Michel 5.

Le merveilleux joue, dans les contes, un rôle aussi restreint que dans la vie du paysan. Mais ils empruntent à la personnalité du narrateur un caractère dramatique que l'on ne peut soupçonner à la lecture. Tel vieux conteur s'anime, esquisse des gestes, roule les yeux, change l'expression du visage, comme un véritable acteur.

Un fait curieux à signaler encore, est la richesse des historiettes satiriques, où le pope, le tzigane, le neamtu (l'étranger) et le ciocoiu (parvenu), sont tournés en ridicule. La même tendance se retrouve dans un grand nombre de formulettes et couplets assonances. Elle inspire souvent les chants de danse (hore), où fleurit le coq-à-l'âne et l'ironie.

La poésie populaire 6 est surtout remarquable par l'absence d'un cycle épique et religieux, et par la richesse et la beauté des manifestations des passions. Les grands personnages des chants populaires roumains, où se reflète la tendance naturelle à l'homme à célébrer des actions d'éclat, sont les haiduci, les brigands, aussi nombreux, jadis, en Valachie, aussi respectés du petit peuple, et aussi redoutés des grands, que clans les parties les plus sauvages de la péninsule balkanique. C'étaient, d'ailleurs, presque toujours des

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