F. Hue. Au pays du pétrole, p
2. La bibliographie du pétrole, jusqu'à 1880, se trouve très complète dans Goulichambaroff. Versuch einer allgemeinen Bibliographie der Petroleum Industrie, 1er Teil., St Petersburg, 1883. Pour être renseigné rapidement, voir Jaccard. Le pétrole, l'asphalte et le bitume, in-8°, 202 p., Paris, 1805. En ce qui touche la Roumanie, Tietze. (/aftrb. K. K. Geo}. 11. /t., 1883, p. 381) et Suess. La face de la terre, t. I, renseignent suffisamment la période des recherches scientifiques s'étendant autour de 1870-1880.
3. L. Mrazec. Distribution géologique des zones pétrolifères en Roumanie. Monit. d. Intêr. pélrolii. Roum., 1002.
semaines, formant un lac de pétrole de plusieurs hectares, et secouant au souffle du vent son panache de fumée à une hauteur de plus de 50 mètres. Pendant 39 jours, la production fut de 7 wagons par vingt -quatre heures. Ce ne sont pas toujours là les puits les plus productifs, ils s'épuisent rapidement. On compte que la durée moyenne d'une sonde est de quatre à cinq ans.
Figure 44. — Exploitations de pétrole à Bustenari près Baicoi (Dessin d'après une photographie).
Puits de recherche avec le soufflet (F) qui aère le puits, le miroir (M) qui renvoie la lumière à l'intérieur. H : hârdae, tonneau servant à remonter le pétrole. Dans le fond on voit une cheminée de sonde.
Le mode d'exploitation est resté encore en bien des endroits très primitif. On commence par creuser des puits de recherche en grand nombre. Chaque puits, d'un diamètre de lm50 est creusé par un seul ouvrier. Yêtu d'une chemise de toile grossière, coiffé d'un casque en fer-blanc pour protéger sa tête contre la chute des pierres, l'homme, muni d'une pelle et d'une pioche, descend à cheval sur le seau qui sert à remonter les déblais, et dont la corde s'enroule simplement sur un tambour en bois. A partir de 15 mètres de profondeur, l'air est rendu irrespirable par les émanations de gaz. L'aération est fournie par un grand soufflet mu par un homme et placé à l'orifice (foale) la lumière est renvoyée par un miroir (v. fig. 44). Après deux heures de travail, l'ouvrier remonte noir et puant. Quand le pétrole commence à arriver, sa situation peut devenir dangereuse.
Figure 45. — Exploitation de pétrole à Bustenari près Baicoi
(Dessin d'après une photographie).
On voit Yecna, tambour mû par un cheval autour duquel s'enroule
la corde du puits.
Beaucoup de puits restés entre les mains de paysans n'ont pas d'installation pins perfectionnée. On les pousse jusqu'à 200 mètres sans boiser plus de la moitié ; l'ouverture est carrée, ayant de 1 mètre à lm20 de large. Le pétrole est ramené à la surface dans de petits tonneaux [Jvïrdae) contenant de 25 à 100 litres, ou dans des sacs en peau de même contenance. La corde s'enroule autour d'un tambour (ecna) mû par un cheval (fig. 45). Lorsqu'il y a ensablement, inondation, ou que la pocbe paraît tarie, on creuse à côté. Le grand nombre des poclies productives favorise beaucoup cette exploitation de détail. D'après la statistique minière, le nombre des exploitations est en Valachie de 132, le nombre des puits productifs de 554 et celui des sondes productives de 28. Le rendement en pétrole brut monte à 124,010,933 kilog. I, ce qui donne environ 94,000 kilog. par exploitation et 21,260 kilog. par puits ou sonde productifs. Si Ton fait entrer en ligne de compte les puits et sondes improductifs, on voit que le rendement moyen d'un puits ou sonde n'est que de 11,230 kilog.
1. Voir Puscaru et Gr. Filiti. Statistica industriel minière din tara, Bue, 1890. C'est à cette publication officielle que sont empruntés (parfois avec des inexactitudes) les chiffres qu'on trouvera dans Coucou. Sur les pétroles roumains, Paris, 1900 (Congrès du pétrole-, et Crémer. Notice sur l'exploitation des pétroles roumains, Paris, 1900 (Expos. Univ.). Voici le détail par départements (A puits pro ductifs, A' puits improductifs, B sondes productives, B' improductives) : Dâmbovita A 107, A' 35, B et B' 0 ; Prahova A 360, A' 434, B 24, B' 37 ; Buzeu A 87, A' 3, B 4, B' 10.
Les déboires causés par les puits stériles ou vite épuisés seraient plus facilement supportés par de gros capitaux que par de petites fortunes. Déjà quelques symptômes font prévoir une crise économique comme résultat de la fièvre du pétrole 1m Les grandes sociétés, en majeure partie constituées avec des capitaux étrangers surtout anglais et hollandais, tendent de plus en plus à accaparer tous les terrains pétrolifères. C'est d'ailleurs à elles qu'on doit les exploitations bien installées telles qu'on peut en voir à Câmpina, avec réservoirs, conduites, sondes, pompes à vapeur. On emploie généralement le système d'extraction canadien, mais des tentatives heureuses ont été faites aussi pour appliquer le système de l'air comprimé.
Les voies ferrées de Ploiesti-Predeal et Ploiesti-Slanic sont pour beaucoup dans l'activité qui règne autour des vallées de la Prahova et du Teleajen. La stagnation de la région du Buzeu est due surtout à l'absence d'un chemin de fer. Le transport est en effet la grande difficulté pour les exploiteurs de pétrole. Quelques sociétés ont des conduites amenant le pétrole en gare 2, mais les prix de transport par voie ferrée jusqu'à Bucarest et jusqu'aux ports danubiens sont encore trop élevés, les wagons-citernes trop peu nombreux. Tant qu'on n'aura pas construit la pipeline projetée aboutissant à Galaji ou Constanta, on risquera de voir se reproduire des crises comme celle de 1899 où la pléthore et le manque de débouché firent tomber le prix du pétrole brut en chantier à 0 fr. 90 les 100 kilog. 3.
Pour pallier dans une certaine mesure à ces inconvénients, les raffineries tendent à s'établir le plus près possible du centre d'exploitation. Mais si l'on peut avoir des usines bien outillées et donnant de bons produits, à Bucarest, Ploiesti, Buzeu, on ne peut que déplorer la multiplication des petites raffineries qui livrent des pétroles dangereux et mal épurés. Pour 132 exploitations produisant 124 millions de kilogs en Valachie, il y a 59 raffineries qui livrent par an 84 millions de kilogs de pétrole 4. On estime que plus de 50 devraient être fermées 5 ; circonstance d'autant plus fâcheuse que le pétrole