Voir Weigand. Die A-Romunen
2. Tomaschek. Zeitschr. f. Oeslerr. Gymnasie, 1876, p. 342, cité par Miklosich.
3. Gj. Damcic. Kjecnik iz Knjizeonik strarina srpskik, /. U. Biogradu, 1863, p. 131, cité par Miklosich.
4. Miklosich. Ueber die Wanderungen der Rumanen in den Dalmatischen Alpen und in den Karpaten, Denkschr. Ak. d. Wiss. Wien, 1880, XXX, pp. 1-66.
comme tribut ; c'est seulement aux plus riches (în chinât ori) qu'on demande une vache à chaque automne, les plus pauvres devront travailler la laine du monastère l. Actuellement encore, on remarque que, là où l'élevage est pratiqué à la fois par les Bulgares et les Roumains, ceux-ci paissent exclusivement des moutons, les troupeaux de bœufs étant aux mains des Bulgares 2.
La vie pastorale, telle que nous nous sommes attaché à la dépeindre, se retrouve, pratiquée par les Roumains, de la Galicie jusqu'au cœur de la Grèce. La transhumance qui, en Yalachie, les transporte alternativement des hautes Karpates vers le bas Danube, les fait aussi quitter périodiquement les Balkans, le Rhoclope ou le Rila, pour les plaines de la Maritza, d'Andrinople ou de Salonique 3. Son antiquité est attestée par un grand nombre de sources, et les dates du départ pour la montagne et du retour vers la plaine semblent, depuis des temps immémoriaux, être restées les mêmes 4.
On n'a peut-être pas songé jusqu'à présent à l'importance que pourrait avoir, pour la question, si obscure encore, de l'origine des Roumains, l'étude de la vie pastorale et de la transhumance.
Dans leurs migrations périodiques de la montagne à la plaine, les bergers roumains, dont un bon nombre sont d'origine transylvaine, semblent nous présenter le symbole de la longue évolution qui a amené le peuplement de toute la Yalachie par une population roumaine. On ne traverse pas constamment un pays riche et fertile sans être tenté de s'y établir. Le fait a dû se produire plus d'une fois, et l'on en trouve la trace dans les nombreux villages situés au pied de la montagne, qui sont formés de deux hameaux, qualifiés, l'un de roumain (roman), l'autre de transylvain (strein ou ungurean) 5.
Le peuplement des hautes vallées de la montagne est dû, certainement en grande partie, aux Roumains de Transylvanie. On en peut citer des exemples frappants. La commune de Chiojdu de Bâsca
1. Archiva Istorica, III, pp. 85 et sqq., traduction roumaine et texte slavon. Le texte a été publié d'abord dans les Mém. de la Soc. littéraire serbe, t. XV [Glasnik Drustva Srbske Slovesnosti).