‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 56 sur 195 · Hepites. Régime pluviomé trique, p · texte numérisé non relu

Hepites. Régime pluviomé trique, p

C'est une des raisons pour lesquelles les cultures et les habitations se concentrent dans les vallées. Le déboisement des collines élevées serait imprudent, et sans doute plus nuisible qu'utile à l'agriculture. Cette région qui semble très peuplée lorsqu'on suit les vallées, l'est en somme assez peu (45 habitants par kilomètre carré). Ce n'est qu'en approchant de la montagne qu'on voit les inégalités du sol s'atténuer et en même temps les habitations se disséminer à peu près uniformément.

Les hautes vallées de l'Arges, du Topolog, du Biu Târgului, débouchent à leur sortie de la montagne dans une zone de faible relief, aussi peuplée que les dépressions subkarpatiques d'OHénie. Lorsqu'on arrive à Corbeni et Arifu, ou qu'on va de Câmpullung à Nâmâiesci, l'abaissement des collines qui encadraient jusque-là les vallées de hauteurs escarpées, est d'autant plus sensible que les Karpates s'élèvent brusquement par un abrupt de 500 à 700 mètres de hauteur relative. Lorsqu'on gravit les pentes boisées du Gbi^u au-dessus de Corbeni, ou qu'on monte sur les croupes pelées et hérissées de lapiez de Piatra Nàmâiescilor, la vue rappelle les dépressions subkarpatiques, telles qu'on les connaît à l'O. de l'Oltu. L'origine de ces affaissements semble être d'ailleurs la même. Les grès éocènes qui s'appuyent sur le granité du Frunte, pendent fortement vers le S., tandis que l'inclinaison est assez faible entre Corbeni et Albesti. A Câmpullung on a signalé des graviers pliocéniques formant un synclinal 1. C'est ici la dernière ébauche des dépressions subkarpatiques. Le phénomène perd déjà en ampleur et en continuité. La dépression de Corbeni-Arifu est entièrement isolée par rapport à celle de Câmpullung.

Celle-ci est de beaucoup la plus riche et la plus peuplée. La présence d'une ville comme Câmpullung, porte la densité de la population à 157 habitants par kilomètre carré. L'antique capitale de Radu Negru, premier centre de la vie politique en Munténie, a, grâce à son heureuse situation, échappé à la décadence qui a réduit Curtea de Arges au rang de petit village. Tête de ligne de la grande route qui passe en Transylvanie par le col de Bran, centre d'une région fertile et bien cultivée, chef-lieu du département de Muscel, c'est encore une petite ville de 6,810 habitants qui voit en été sa popu-

1. L. Mrazec. Contribution à l'étude de la dépression subkarpatique, Bull. Soc. Se. Bug., 1901.

lation doublée par l'afflux des baigneurs et des touristes Bucarestois. La fortune de Câmpullung ne semble pas d'ailleurs avoir jamais subi d'éclipsé ; déchue du rang de capitale, elle resta longtemps la seule ville franche de Yalachie, sorte de petite république, avec un conseil municipal électif (les douze pârgari), et un maire (judetul), investis de pouvoirs financiers et judiciaires. La commune avait son sceau de fer et délivrait aux commerçants des passeports, respectés paraît-il, jusqu'en Turquie l. L'importance actuelle de Câmpullung est due à sa position géographique. C'est la seule ville qui puisse servir de débouché à une région montagneuse relativement assez peuplée et assez fréquentée. Mais elle a dans Ruca,r, située au cœur même de la montagne une rivale de jour en jour plus redoutable, et qui pourrait le devenir encore plus, si le projet de chemin de fer Rucàr-Gaiesci était enfin réalisé.

La région des hautes collines proprement dite n'est pas attirée vers Câmpullung. Curtea de Arges y tient des foires, où l'on s'amuse plus qu'on ne vend. Les vallées qui sont les voies de communication naturelles, convergent toutes vers Pitesci, et c'est de ce côté que se porte tout le mouvement commercial. La plaine qui entoure la ville est d'ailleurs un des coins les plus fertiles de la Yalachie, et a dû être de très bonne heure un centre de peuplement. Elle se continue tout le long de la large vallée de l'Arges, jusqu'à Gâiesci, dominée par une ligne de hauteurs assez escarpées, où les hameaux s'échelonnent au milieu des vignes et des vergers. Ces coteaux qui frappent de loin la vue lorsqu'on arrive du S. à travers les plaines monotones du Teleorman, sont le rebord même des collines d' Arges, dominant la terrasse diluviale par un abrupt sans cesse avivé par l'érosion d'une rivière importante. L'exposition favorable, la bonne qualité du sol (marnes et sables pontiens), en ont fait dès longtemps un des lieux d'élection pour la culture de la vigne et des pruniers. Les vins des coteaux d'Arges ne sont pas moins renommés que la tuica de (xolesci. A part les vallées surpeuplées de Prahova, Jalomija ou Teleajna, il n'est peut-être pas de région qui laisse une plus forte impression de richesse et de vie exubérante. La densité de la population y atteint 257 habitants par kilomètre carré.

Ainsi se vérifie encore une fois le principe qui veut que la population se porte toujours de préférence à la limite de deux région?

1. C. D. Artcescu. Istoria Câmpullungului in Dict. Géogr. Muscel., pp. 77-79.

naturelles. Nulle part en effet, si ce n'est aux environs du Buzeu, on ne retrouvera démarcation aussi nette entre la zone des collines et celle des plaines valaques. L'érosion active d'un fleuve tel que l'Arges, suivant peut-être une ancienne ligne de dislocation a pu, seule, maintenir une ligne de contact aussi franche.

A l'O. de l'Arges, les collines viennent, comme en Olténie, se raccorder insensiblement avec la terrasse diluviale. Entre Pitesci, Slatina et l'embouchure du Topologu, s'étend une sorte de plateau faiblement incliné vers le S.-E., formé de couches marno-sableuses à peu près horizontales, recouvertes de plus en plus par le limon au fur et à mesure qu'on descend vers le S. Pas une seule grande y allée, mais partout des sources et des vallons peu profonds, c'est notre région des basses collines de Vedea. La population y est extrêmement dispersée, chaque repli de terrain cache un hameau, la densité moyenne dépasse à peine 40 habitants par kilomètre carré. C'est ici la dernière fois qu'on retrouve ces basses collines, trait caractéristique de l'Olténie. Leur disparition définitive à TE. de la Dâmbovita est le signal de l'entrée dans une région nouvelle, vers laquelle les collines d'Arges formaient une transition.

De Târgoviste à Eocsani, la largeur moyenne de la zone des collines est réduite à moins de 50 kilomètres, mais elles deviennent d'autant plus élevées, et se soudent de plus en plus intimement à l'arc karpatique. Malgré sa faible étendue, c'est ici qu'est la région la plus riche, la plus intéressante, la plus variée d'aspects. Des coteaux plus ou moins élevés, souvent couverts de forêts de chênes, des vallées plus ou moins larges, toujours assez peuplées et couvertes de champ de maïs, tel est en somme le spectacle qu'offre à peu près partout l'Olténie. Le voyageur qui parcourt les collines de Munténie, découvre à chaque instant un aspect nouveau.

Après la large et fertile vallée du Buzeu, tout entière livrée à l'agriculture, semée de hameaux qui se suivent en file serrée au milieu des vergers et des champs, dominée par des collines au profil effacé, aux sommets encore boisés ; quel contraste offrent les environs de Câmpina ou de Baicoi : coteaux brûlés, noirs de pétrole, sans herbe, sans végétation, vallons criblés de trous de sonde, où retentit le sifflet des sirènes, où se dressent dans l'air les cheminées des puits

d'exploitation ! La vallée de Prahova, dans la traversée des marnes sénoniennes a des perspectives anssi curieuses : sous un ciel éclatant les teintes rouges et vertes du sol, partout mis à nu par une érosion formidable, les ravinements des collines déboisées, les vallons verdoyants où se cachent les villages au milieu des pruniers, composent un spectacle étrange et non sans charme. Plus singulier encore est l'aspect des vallées où les formations salifères viennent au jour. Les rocs de sel percent à chaque instant dans la vallée de Slanic, on les voit étinceler sous le soleil au milieu d'une végétation spéciale aux teintes d'un vert grisâtre. L'eau des ruisseaux et les alluvions qu'ils déposent contiennent parfois assez de sel pour que les buissons d'atripleœ, aux feuilles blanchâtres, couvrent le fond des vallons.

Ainsi quelques courses faites au hasard suffisent pour donner l'impression d'un pays aussi varié d'aspects que riche en ressources de toute espèce. La population plus nombreuse qu'en aucune partie de l'Olténie y est distribuée aussi de façon plus inégale. Rien qui ressemble en deçà de l'Oltu à des fourmilières comme la vallée de Prahova, où la densité de la population atteint 370 habitants par kilomètre carré. Nulle part les contrastes ne sont plus frappants dans le groupement de la population.

C'est ici qu'on sent le mieux les différences profondes qui séparent la Munténie de l'Olténie. Ces différences d'aspects et de vie économique sont en rapport avec des différences de nature physique. Tandis que les collines d'Olténie, nettement séparées des Karpates ont leur structure propre et doivent leurs formes de relief à l'érosion de rivières conséquentes suivant l'inclinaison générale du sol ; les collines de Munténie, soudées de plus en plus intimement à la haute montagne, sont obligées d'en épouser la structure, et l'érosion, de plus en plus asservie aux exigences d'une tectonique compliquée, finit par donner un réseau de vallées et de crêtes correspondant exactement aux plissements. On peut suivre cette transformation graduelle de la Dâmbovita au Buzeu.

La région montueuse qui s'étend au N. de Târgoviste est déjà quelque chose de nouveau pour le voyageur venant des collines d'Arges. Sans doute l'allure générale du relief est encore la même, ce sont les deux vallées où la Jalomifa et la Dâmbovita coulent droit vers le S. en suivant la pente générale du sol, qui en sont le trait principal et la ligne directrice. Mais déjà l'on remarque la disparition complète des dépressions subkarpatiques, et si l'on scrute

l'allure du sous-sol, on y reconnaît une série de larges ondulations. Quelques-unes étaient déjà esquissées à l'O. de la Dâmbovij;a ; mais ici les synclinaux commencent à se creuser (synclinal de Yalea Larga dans les marnes éocènes), les anticlinaux se bombent légèrement (anticlinal du nysch et de l'helvétien à Mofàeni x). Les formes du relief deviennent plus complexes, on ne retrouve plus la régularité des escarpements tournés vers le N., qui caractérisent les environs de Curtea de Arges.

La géographie humaine offre aussi quelques traits nouveaux. On est frappé par l'importance de plus en plus grande prise par les vallées principales. La vallée de Jalomi^a, de Târgoviste à Serbânesci, est une véritable fourmilière : le long des routes, c'est une file presque ininterrompue de maisons, au milieu de vergers et de champs de maïs. La densité de la population atteint là, 239 habitants par kilomètre carré, tandis que le reste de la région ne compte que 40 à 50 habitants. La vogue des eaux sulfureuses de Pucioasa et la construction d'une voie ferrée y menant à partir de Târgoviste, ont contribué à augmenter la prospérité de cette riche vallée. Le chemin de fer de Gâiesci à Rucar pourrait peut-être rendre le même service à la vallée de Dâmbovij;a.

La concentration de la population le long de ces grandes vallées est due uniquement à la fertilité du sol de leurs terrasses limoneuses et des coteaux bien arrosés qui les encadrent. Car elles ne mènent nulle part, ce sont de véritables impasses du côté de la montagne. Le peuplement n'en est pas dû à des colons transylvains, il s'est fait par un graduel envahissement des habitants des environs de Târgoviste. C'est encore vers Târgoviste que se tournent maintenant tous les regards. C'est là qu'est le débouché naturel de toute la région des collines de Jalomi|a-Dâmbovij;a,

Lorsqu'on dépasse à TE. les hauteurs qui marquent la limite du bassin de la Jalomita, on entre dans un pays où les conditions physiques et économiques sont déjà plus complexes. Deux rivières jumelles coulant du N. au S., la Prahova et la Teleajna, sont encore ici les agents du drainage ; mais on ne peut rapporter tous les détails

1. Popovici-Matzeg. Etude géologique des environs de Sinaïa. Coupe de la vallée de DâmbovHa au N. de Gemenea, p. 149, et coupe de la vallée de Jalomita, p. 159.

du relief à leur seule action. Un réseau d'affluents coulant dans des vallées normalement orientées aux vallées principales, commence à se dessiner. Les collines tendent à adopter le même alignement, où l'on reconnaît l'influence de plissements de plus en plus énergiques. Le sous-sol, bouleversé par les efforts orogéniques, se révèle riche en trésors cachés jusqu'à présent : le sel, le pétrole, transforment les pays où on les exploite. Cette région des collines de Prahova- Teleajna, qui s'étend jusqu'à la hauteur de Mizilu, est la plus peuplée et la plus variée d'aspects de toute la Yalachie.

C'est encore dans les grandes vallées que la population est le plus dense. Le long de la Teleajna se pressent près de 270 habitants au kilomètre carré. L'aspect de cette vallée est déjà presque celui du val de Buzeu. Une terrasse d'une horizontalité parfaite en occupe tout le fond de Yaleni à Valea Larga, les champs de maïs et de froment s'y étendent à perte de vue, les arbres y sont rares, l'eau manque à la surface, la population s'y groupe en gros villages ; on dirait un golfe de la plaine diluviale pénétrant au cœur de la zone des collines. Le lit de la rivière et des affluents les plus importants montre par endroits, au-dessous des cailloutis recouverts de limon loessoïde qui constituent la terrasse, le sous-sol formé de schistes ménilitiques et de grès du flysch. Une seconde terrasse, plus élevée et aussi horizontale, s'appuye sur les coteaux bas qui séparent la Teleajna du Slanic (fig. 29). On y traverse, pendant des kilomètres, une forêt de chênes rabougris ; les graviers diluviaux et le loess y recouvrent encore les schistes ménilitiques qui affleurent sur le rebord, donnant un niveau d'eau constant, le long duquel les habitations se dispersent librement au milieu des vergers.

Deux lignes de villages, l'une suivant le pied de la terrasse supérieure l'autre longeant la rivière s'échelonnent le long de cette vallée. Un certain bien-être semble régner dans toute cette région; les maisons y sont mieux bâties, plus propres, les objets de la vie courante y sont plus chers qu'ailleurs. Le vin et la tuica de Yaleni et de Homoriciu ont une certaine renommée. De grandes foires annuelles et des marchés hebdomadaires attirent à Yaleni de munte la population de tous les environs.

Plus peuplée, plus riche peut-être, la vallée de la Prahova est cependant moins attrayante. De bonne heure, la population a dû s'y porter, il en est résulté un déboisement téméraire des collines voisines. Livrées à l'érosion torrentielle, les marnes sénoniennes et helvétiennes ont été ravinées avec une intensité incroyable. L'aspect de ces coteaux nus et déchiquetés a parfois quelque chose do désolé.

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On est d'autant plus frappé par la beauté de la végétation sur le bord des rivières. Le lit démesurément large de la Prahova est encombré d'îles sans cesse remaniées, où des tamarins et de jeunes saules trouvent encore moyen de s'accrocher. Sur les berges, consolidées par de gros blocs de conglomérats, les frênes se mêlent au peuplier noir, à l'aulne blanchâtre. Le chêne est devenu très rare. Chaque vallon cache un groupe de maisons, mais les gros villages qui se suivent à peu près sans interruption, de Câmpina à Comarnic, sont tous établis sur une haute terrasse entaillée successivement dans les marnes sénoniennes, dans le flysch éocène et dans les marnes gypsifères helvétiennes l, toujours recouverts d'une couche de cailloutis et de limon.

Des plissements intenses, accompagnés de failles, trahissent la part de plus en plus grande prise par ces couches aux mouvements orogéniques qui ont formé la chaîne karpatique. Ces dislocations sont bien pour quelque chose dans la facile venue au jour des nappes pétrolifères. Des sources de pétrole étaient connues depuis longtemps dans la vallée de la Prahova, actuellement les cheminées de puits et les réservoirs cylindriques peuplent la terrasse de Câmpina. Il y a quelques années, une explosion a projeté dans l'air une colonne de pétrole qui jaillit pendant plusieurs jours. Tous les environs sont noirs, brûlés... Cette activité industrielle ne peut qu'augmenter l'afflux de la population.

En dehors des grandes vallées, la région des collines de Prahova- Teleajna est encore notablement plus peuplée qu'aucune autre partie de la zone des collines, la densité y oscille entre 60 et 120 habitants par kilomètre carré. C'est que l'alluvionnement intense, qui étala jadis le long de la Prahova et de la Teleajna ces terrasses, recherchées pour les établissements humains, a envahi presque toutes les vallées. C'est toujours sur des terrasses limoneuses que se groupent les villages le long du Cricov, de la Dofnata, du Verbilâu et du Slanic. La vallée du Slânic, où le sel, exploité en grand pour le compte de l'Etat, est partout voisin de la surface du sol, offre un des aspects les plus curieux de la région des collines. Les buissons gris à'Atripleœ, qui longent les ruisseaux, les tapis de Salicornes, (['Aster, àïAvenaria, qui couvrent le bord des lacs salés, ou encadrent les blocs de sel étincelant au soleil, ne peuvent manquer d'attirer l'attention .

1. Popovici-Hatzeg, op. cit., coupe Coinarnic-Câmpina, p. 160.

En été Slanîc est une de ces villes d'eau, toute bourdonnante de bruits de fête, de chants et de musique, qui se multiplient chaque jour dans les Karpates.

Telle est la variété de ce riche pays des collines de Prahova- Teleajna, où la pénétration de l'homme au cœur d'une région montueuse était facilitée par de larges et fertiles vallées. Où s'arrête-t-elle et comment prend-elle contact avec la plaine diluviale? c'est ce qu'il est difficile de dire.

Lorsqu'on descend la vallée de la Prahova, on voit après Câmpina l'horizon s'élargir. Les coteaux élevés, qui encadraient encore la vallée jusque-là, s'écartent à gauche, et la vue s'étend sur une vaste terrasse, dans laquelle la rivière a creusé une vallée large de deux kilomètres, aux berges formées de cailloutis et de limon. Pas une maison isolée, pas un arbre, au loin l'œil découvre avec peine un bouquet de bois. Sans aucun doute, on a quitté définitivement la zone des collines pour déboucher dans la plaine valaque. Il n'en est rien. Bientôt la tache verte qui pointait à l'horizon se rapproche, s'étale, on reconnaît un bombement du sol très appréciable, coteau couvert de vergers, de bouquets d'arbres et entouré de maisons. Un autre coteau apparaît, puis un véritable massif de collines assez mouvementées. Si l'on pouvait contempler à vol d'oiseau toute cette région, on aurait l'impression de voir des îles surgir au milieu de la mer. Les îles sont des collines formées de couches tertiaires, la mer c'est la terrasse de cailloutis recouverts de limon qui se prolonge à l'intérieur de la montagne le long des grandes vallées, et s'étale dans la plaine valaque.

C'est ici qu'on peut le mieux comprendre l'importance du changement marqué par la disparition simultanée des dépressions subkarpatiques et de la zone des basses collines. A l'affaissement limité au bord des hautes Karpates, se substitue un affaissement de toute la zone subkarpatique. De là, vient l'alluvionnement intense qui a enseveli ici presque complètement la bordure externe des collines de Prahova-Teleajna, ne laissant surgir que les sommets les plus élevés, et qui a même envahi plus haut les vallées principales en y étalant de vastes terrasses limoneuses. Les îlots tertiaires qui percent le manteau du diluvium au N. de Ploiesti, correspondent aux anticlinaux des couches helvétiennes et pontiennes 1, de plus en plus

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