‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 69 sur 195 · Draghiceanu. Les tremblements de terre de la Roumanie · texte numérisé non relu

Draghiceanu. Les tremblements de terre de la Roumanie

Géographes et géologues semblent, jusqu'à présent, s'être vainement ingéniés pour déchiffrer l'énigme, et pourtant, les travaux entrepris pour la régularisation du cours du fleuve ont offert toutes les occasions de pousser l'enquête aussi loin que possible. Les uns invoquent des failles que le fleuve aurait suivies 1 ; les autres imaginent une sorte de débâcle des eaux du lac qui occupait la plaine hongroise 2 ; d'autres enfin recourent à l'érosion remontante d'une rivière vigoureuse, sans doute la Cerna actuelle 3.

Ce qu'il importe surtout de déterminer ici, comme dans toutes les questions analogues, c'est la date de la percée. Pour Peters, il semble qu'elle soit postérieure à l'étage des Congéries ; pour Halavats, c'est à l'âge diluvien que le lac de l'Alfold a commencé à s'écouler par le canal de Bazias-Orsova.

D'après ce que nous savons sur l'évolution des mers tertiaires, il ne semble pas que la séparation des bassins pannonique et valaque remonte plus loin que le sarmatien. Déjà, à l'époque tortonienne, le soulèvement avait commencé, mais la mer pénétrait encore à l'intérieur de la montagne par des golfes où des eaux à demi-saumâtres ont laissé des dépôts échelonnés en une série de petits bassins 4. Il y avait donc, semble-t-il, une voie de traverse déjà préparée. A partir du moment où la Cerna est devenue la tête de source du Danube, le creusement de sa vallée a dû se faire avec une étonnante rapidité. On peut le considérer comme effectué surtout à la fin du pliocène et au commencement du pleistocène, c'est-à-dire au moment où les glaciers couvraient la chaîne cristalline du Godeanu, et où les précipitations abondantes donnaient à tous les fleuves une énergie nouvelle. L'énorme cône de déjection d'Orsova témoigne de son activité.

Pendant ce temps, les recherches des géologues hongrois nous montrent que l'Alfold était occupé par un lac, en sorte que les cours d'eau qui descendaient du versant 0. des monts du Banat n'étaient que des rivières de peu de longueur comparativement à la Cerna, tête du Danube valaque, et douées d'une énergie érosive bien moins

1. G. Jaxxescu. Aliniamente geografice aie României, Bull. Soc. Géogr. Rom., 1895, p. 255. Dràghiceanu, op. cit.

2. Toula. Durchbruch der Donau, Schr. d. Ver. /. Verbr. natunoiss. Kenntn. Wien, 1896. — Halavats. Géologie des vallées du Danube et de la Tisza, Trav. de Régular. et Endiguera, en Hongrie. Publ. Serv. des Eaux, Budapest, 1900.

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