‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 90 sur 195 · Voir Jung. Rômer und Homanen in Donaulândern · texte numérisé non relu

Voir Jung. Rômer und Homanen in Donaulândern

'■. Voir surtout Dtsesco. Origines du Droit roumain, tr. fr., Paris, 1899. « De cette époque (Ve s.) date chez nous la toponymie* quelques usages et de nombreux mots slaves. »

ô. D'après Dtsesco. saint Elie, le Dieu tonnerre, les démons, les loups-garous, Les cantiques de Noël, les légendes relatives à l'enfer et au paradis, la légende de maître Manole seraient d'origine slave. -

retrouve à l'origine du droit roumain, dont le nom même est slave, qu'il s'agisse de la coutume terrienne Obiceiul pamontului, ou de la loi civile Pravila 1.

En présence de tous ces témoignages, on se demande si le vieux Sulzer n'avait pas raison lorsqu'il disait des Valaques : « Sie sind weder blosse Slaven, noch reine Romer, sondern ein Gemiscli von beiden Volkern von welchen aber der Homische vorschlagt und den Vorzug liât 2. »

Le sang slave n'est pas seul à se mêler à celui des anciens Daces et des colons gréco-romains. Les Bulgares, dont l'origine en partie turque est généralement admise, les Coumans, qui possédèrent longtemps à peu près seuls toute la basse Munténie, les Maghiars, qui ont mis la main de bonne heure sur les knésats roumains de Transylvanie et les Tatars, dont le souvenir est resté vivant dans les légendes populaires, sont des représentants de la race tartaro- finnoise, qui ont été en rapports trop intimes avec les populations roumaines pour ne pas avoir laissé de traces. Les types de faible stature, aux pommettes saillantes, qu'on trouve jusque dans la montagne, en sont la preuve3. Hasdeu et Saineanu ont montré l'importance des racines turques dans la langue roumaine et dans la toponymie valaque.

La race qui résulte du mélange de tant d'éléments divers a conservé malgré tout, de son origine première daco-romane, un caractère latin incontestable, qui prouve une étonnante vitalité de l'élément primitif. Elle y a réussi surtout grâce au contingent toujours renouvelé de sang relativement pur qu'apportaient les pâtres nomades, inaccessibles dans leurs montagnes aux influences étrangères. Le Roumain valaque a son caractère original, plus Bulgare que le Transylvain, moins slave que le Moldave, moins grec que le Macédonien, c'est en tout cas le plus actif, le plus avancé par la civilisation et les idées.

1. Voir Pîc. Die Rumànischen Gesetze in ihrem Nexus mit dem Byzantinischen und Slavischen Recht., Prag, 188(>, tr. fr., Bue, 1887. — Dtsesco. Origines du Droit roumain. Les idées sur l'origine sud-slavique du Droit roumain ont été confirmées par l'analyse serrée de I. Nadejde. Din dreptul vechiu roman. Bue., 1898.

2. Sulzer. Geschichtc des Transalpinischen Daciens, Ier Th., vol. II, p. 53.

3. Il est curieux de constater que le Tatar ou Jude, personnage légendaire, sorte de géant ou de monstre habitant les cavernes est connu surtout dans les montagnes (voir Réponses au. questionnaire de Odobescu, manuscr. publié par Strausz. Die Bulgaren Ethnographische Studien, Leipzig, 1898, pp. 235 et sqq.). Dans la région du Buzeu on attribue à des Tatars la fondation de plusieurs communes. C'est une nouvelle preuvp que la population était retirée dans la montagne.

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