‹ La Valeur Alimentaire De La Pomme De TerreChapitre 7 sur 12 · PRE UE · texte numérisé non relu

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des Rs pauvres, on peut, en travaillant Dion le sol, obtenir des récoltes très abondantes. Un exemple en est donné par les terres craÿyeuses de la Champagne pouilleuse qui produisent jusqu’à 21 et 25.000 kg. par hectare.

La présence dans le sol d’une quantité considérable de matières fertilisantes est indispensable au succès de la culture intensive de la pomme de terre, notamment l'azote, l'acide phosphorique, la potasse et le calcium.

L’azote est un des éléments essentiels de la fumure de la pornme de terre. Pour donner à la pomme de terre l'azote qui lui est nécessaire, dans bien des cas on peut avoir recours, pour une partie de cet azote tout au moins aux engrais verts. La pomme de terre est avec raison très cultivée dans les terrains siliceux, sableux : dans ces terrains, elle est la véritable plante industrielle, souvent la seule possible; or, dans ce genre de terre, les engrais verts viennent à merveille, les lupins entre autres.

Dans une terre pauvre en acide phosphorique, GaroLA a montré que la suppression d'acide phosphorique dans la fumure abaisse le rendement de 60 quintaux. L’emploi d'engrais phosphatés est toujours utile : il augmente la richesse en féeule, hâte la maturité et accroît aussi la résistance de la pomme de terre à la maladie dite « pourriture de la pomme de terre » (LaurenT, Recherches expérimentales sur les maladies des plantes).

La pomme de terre est une des plantes agricoles absorbant le plus de potasse : 300 à 350 kg. pour une récolte de 35 à 40.000 kg. En effet, comme dans toutes les plantes riches en fécule ou en sucre, la pomme de terre exige pour se constituer une assimilation considérable de potasse. Cette exigence s'explique par le rôle que les expériences physiologiques assignent à la potasse chez les plantes dont la végétation foliacée est très développée. Il existe, en effet, un lien étroit entre la production des hydrocarbonates, sucre et fécule, et l’activité des feuilles, siège de la formation du sucre et de la fécule par l’intermédiaire de la chlorophylle aux dépens de l’'H?0 et du CO? atmosphérique. Or, la fonction chlorophyllienne exige la présence dans le sol d’une quantité notable de

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munications,. cultivent la pomme de terre spécialement

po tasse. L emploi d’ nas potassiques nt un béné- bé fice sérieux dans la culture de la pomme de terre.

Variétés — Leur nombre est considérable, et chaque année de France, d'Allemagne, d'Angleterre, des U. S. A. des nouveautés sont offertes par les spécialistes qui se livrent aux semis. HEINE, en Allemagne, dans un rap- . port datant de 1900, déclarait que depuis vingt-cinq ans “4 il avait suivi 3.311 variétés de pomme de terre, sur les- 4 quelles 1.011 de création récente. 1

Au point de vue de l’agriculture, qui doit faire un choix |

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‘parmi les cent, les mille variétés de pomme de terre qui

existent, une classification peut être faite, d’une grande utilité, basée sur la destination même des tubercules. ;

Certains agriculteurs, situés près des villes, ou dans Ù des centres privilégiés par le climat, la rapidité des com- |

en vue de la vente des tubercules pour la consommation humaine : ce sont les variétés potagères qui doivent avoir comme qualités la finesse de leur goût, leur saveur, leur précocité, pour permettre de les vendre le plus tôt pos- ne sible, leur bonne conservation, des tubercules réguliers. La pomme de terre « de Hollande » en est un excellent a type. Ces variétés sont en général de faible rendement, À car leur durée de végétation est courte. Lee

À l’opposé sont les variétés dites fourragères ou indus trielles. Là, la saveur et le goût n’interviennent pas. Ce à que de vole variétés de pomme de terre doivent procurer, c’est un fort rendement, des tubercules aussi riches. | que possible en fécule. |

Enfin, intermédiaires entre les variétés potagères et les variétés industrielles, existent de nombreuses variétés qu'on qualifie justement de variétés communes de grande consommation, suffisamment riches en fécule pour être utilisées soit dans l’industrie, soit dans l'alimentation humaine. Ces sortes de variétés à deux fins sont particulièrement cultivées en France parce qu’elles répondent aux conditions générales de la plupart de nos exploitatons agricoles, où l’on cultive à la fois la pomme de terre pour la consommation familiale et pour les animaux

et où lPexcédent de la récolte est vendu, suivant les prix offerts, soit à la féculerie, soit au marché de la ville voisine.

Culture des pays pauvres, c’est aussi, nous y reviendrons, un légume de bonne valeur alimentaire et d’un prix de revient faible, et l’on ne saurait trop insister sur le rôle de la pomme de terre dans la prévention des famines. Signalons que 50 % environ de la production sont employés directement dans l’alimentation humaine, le reste correspondant à : féculerie (2 millions de quintaux), distillerie, alimentation du bétail et semences.

Terminons ce chapitre par un fait historique se rapportant à la culture de la pomme de terre. Autrefois, tous les plants de pomme de terre ne donnaient pas de tubercules. Pourquoi? On l’apprend en 1902. Noël BEernarp, botaniste français, découvre qu'un plant provenant de graines qu’on a semées ne porte de tubercules sur la racine que si celles-ci est infectée par un champignon microscopique. Celui-ci s’infiltre dans la racine et provoque la formation de petites tumeurs appelées « microhizes » par Noël Bernarp. Celles-ci sont le point de départ de la formation des tubercules. Quand 1il y a de ces champignons dans la terre, il y a des tubercules. Quand il n’y en a pas, il n’y a pas de pommes de terre. Voici pourquoi au xvae et au xvirre siècles, la plante pomme de terre ne donnait pas toujours de tubercules. Plus tard, on eut l’idée non pas de semer la graine de la plante, mais d’enfoncer des tubercules dans la terre. On infectait ainsi la terre avec le microbe. Celui-ci se propageait ensuite à tous les pieds.

: Comment agit ce champignon? Il digère l’amidon de la racine et le transforme en glucose. Ce glucose est indispensable à la formation dès tubercules. Des botanistes -français, M. et Mme Macrou, l’ont démontré fort élégamment. Ils ont semé des graines de pomme de terre dans des tubes en verre sur des milieux de culture transparents. La plante minuscule poussa, mais ne donnait pas de minuscules tubercules. Ils versèrent alors une solution de glucose dans le tube : rapidement des tubercules

se développèrent.

III. — COMPOSITION CHIMIQUE ET ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DE LA POMME DE TERRE

La valeur alimentaire de la pomme de terre est grande. Voici, d’après Mme Ranpouin (Vues actuelles sur le problème de l'alimentation), la teneur de la pomme de terre en éléments nutritifs et énergétiques (tableau 1).

Nous allons maintenant passer en revue ces différents éléments contenus dans la pomme de terre.

S1 la teneur en lipides est pratiquement négligeable (0,1 %), 1l faut par contre beaucoup insister sur sa richesse en glucides (20 %,) constitués par de l’amidon, plus élevée que dans la majorité des légumes. En effet, seules parmi les aliments d’origine végétale, les céréales avec une moyenne de 68 % de glucides, les légumineuses (haricots, lentilles, pois secs) avec une moyenne de 50 % et certains

fruits comme les-figues sèches (58 %) et les marrons

(69 %) se placent avant la pomme de terre.

La teneur en protides est certes faible (2 %), mais elle a fait l’objet d’études récentes sur la qualité des protides contenus. De ces recherches effectuées par Groor, il ressort que tous les acides aminés indispensables à la vie et à la croissance, sont contenus en proportions notables dans la protéine de pomme de terre. Des recherches analogues avaient déjà été entreprises par SJOLLEMA et Rinkes en 1912, mais Groor les a reprises

récemment (1941), avec de Adele techniques et de

multiples contrôles. D'autre part, il a également fait des expériences biologiques; nourrissant de jeunes rats avec

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a observé une croissance très satisfaisante, encore que ‘très légèrement inférieure à celle obtenue sur des animaux dont la source protidique était la caséine.

Au point de vue de l'analyse chimique de la protéme

dé pomme de terre, Groor s’est attaché à doser les amino-acides suivants, considérés par Rose comme indispensables :

Méthionine Thréonine Leucine Histidine

‘ Isoleucine Lysine Valine . Phénylalarine Arginine Tryptophane

En fait, d’ailleurs, parmi les acides aminés indispensables, Mme Ranpouix ne cite plus l’arginine.

D'autre part Groor a également dosé la cystine et la cystéine, qui ne sont que semui-indispenSables, puisque l’organisme peut en faire la synthèse à partir d’autres amino-acides soufrés. a

Il a employé pour ses recherches une protéine de pomme de terre obtenue par coagulation à la chaleur de jus de pomme de terre. Voici ses résultats (tableau 2).

Il faut insister sur l’intérêt de ces recherches, car la protéine de pomme de terre représente de 10 à 25 % de la totalité des protéines ingérées et, en temps de restrictions alimentaires, où la quantité de viande et de lait consommée est beaucoup plus faible, on peut considérer que la part de la pomme de terre dans la quantité de protides ingérés est encore plus grande.

Nous allons étudier maintenant, un peu plus en détail, les résultats de Groor.

19 Les amuno-acides soufrés.

La méthionine a été dosée selon la méthode de Bœrn- Stein. Le taux de 2,5 % trouvé est assez élevé; celui de la caséine (que l’on considère comme une protéine idéale car elle contient en proportions suffisantes tous les amino-

un régime alimentaire, par ailleurs bien équilibré, mais ne contenant que de la protéine de pomme de terre, 1l

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