‹ La valeur d'après-guerre de la terreChapitre 11 sur 21 · francs pendant la crise viticole se vend 515.000 fr · texte numérisé non relu

francs pendant la crise viticole se vend 515.000 fr

Autres ventes :

J 917. — Domaine 44haOO.... 190.000 fr. (4.300 l’hectare.)

1918. — — 23ha39. . . . 120.000 — (5.120 —

1919. — — 50ha00. . . . 400.000 — (8.000 —

Dans toutes ces ventes, nous ignorons si les prix figurant dans les actes sont les prix réels ou s’il existe des dissimulations. Celles-ci ne sont pas rares ; mais nous ne pouvons les connaître et surtout les indiquer.

Dans la région de Carcassonne, on cite l’achat, peu avant les vendanges de 1917, d’un domaine de 102 hectares pa un gros commerçant du pays, au prix de 1.250.000 franc (soit 12.250 francs l’hectare). Il récolte 7.000 hectolitres et revend, en avril 1918, 1.350.000 francs (soit 13.235 francs l’hectare). Voilà une bonne affaire. Le spéculateur en question a eu 7.000 hectolitres de vin presque pour rien, et l’opération lui rapporte un bénéfice dépassant probablement 500.000 francs.

Dans La Valeur de la terre en France (p. 408), nous indiquions les valeurs successives d’un domaine de 148 hectares de la région de Carcassonne; ce domaine vient d’être revendu, de sorte que nous pouvons résumer ici le cycle complet des valeurs :

1893. — Estimation, . 285.000 francs.

1896. - Offre d’acquisition (période prospère). 400.000 —

1906. — Vente judiciaire (période de crise). . . 140.000 —

1918. — Vente . . 500.000 —

En 1906, un créancier de 100.0Q9 francs, venant après 140.000, avait préféré perdre sa créance plutôt que de pousser les enchères, tellement la situation immobilière était mauvaise; elle a, comme on peut le constater, bien changé.

Dans le Narbonnais, un domaine viticole de 21 hectares de première qualité (aliuvions) s’est vendu judiciairement, en 1919, 344.525 francs (16.500 francs l’hectare); en 1903, en pleine crise, un domaine voisin, de même qualité, de 9 ha. 79 a. 69 ca. s’était vendu 98.200 francs, soit 10. 000 francs

l’hectare, et ce prix était considéré comme inespéré pour l’époque.

Dans le Biterrois, des ventes parcellaires aux enchères atteignent des prix extraordinaires :

1919, adjudication : 2ha69a en cinq parcelles : 66.800 francs, soit 26.700 francs l’hectare.

Il paraîtrait d’ailleurs que, pour certaines parcelles de vignes d’une superficie dépassant un hectare, on serait arrivé jusqu’à 60.000 francs l’hectare. Mais ce sont là des folies.

Les prix parcellaires de 25 à 30.000 francs l’hectare ne sont pas rares. Voici, par exemple, des ventes de vignes (presque toutes en soubergues), dans les communes de Béziers et Saint-Thibéry, effectuées en juillet 1919 :

lha16a60 . 36.200 francs (30.000 l’hectare"»

4ha96a23. . . . 84 120 — (17.000 — )

2ha09a90 . 62.070 — (30.000 — )

' En résumé, c’est dans l’Hérault que les prix sont les plus poussés. Dans l’Aude, on est plus modéré. Quant au Roussillon, il rivalise avec l’Hérault.

Une propriété morcelée de 80 hectares (dont 20 hectares environ en salobres), située dans la Salanque, a été vendue en 1918, en quarante-sept lots, avec facilités de paiement, 1.101.700 francs. Si nous retranchons les salobres (20 hectares environ), comprises dans ce prix pour 26.900 francs, il reste 59 ha 70 vendusil.074.800 francs, soit 18.000 francs l'hectare. Et cette propriété étant louée 2o.840 francs jusqu’en novembre 1920, les acquéreurs devront supporter ce bail jusqu’à cette date, qui sera celle de leur prise de possession effective.

Et ce sont là des prix relativement modérés, car les prix en Salanque ont fréquemment atteint 30.000 fr. l’hectare.

L’enrichissement de la région viticole a eu pour conséquence une hausse très sensible de la valeur des terres dans la région à céréales de Castel naudary, où les pro-

priétés rurales, nanties d’un château ou d’une maison de maître, se vendent très aisément au double de leur valeur d’avant-guerre.

Les viticulteurs du Languedoc trouvent là un emploi de leurs capitaux surabondants, en même temps que les fourrages et l’avoine qui leur manquent et qu’ils ont dû payer des prix extrêmement élevés. Ils ont aussi la satisfaction de mettre leur fortune au soleil. On a vu ainsi de bonnes propriétés non viticoles se vendre 5.000 francs l’hectare, ce qui est vraiment extraordinaire pour des fermes à céréales.

Un domaine à céréales (avec quelques hectares de vignes) de 72 hecta^fc, d’un seul tenant, avec maison de maître, a progressé en valeur de la façon suivante :

1896.. . Y. A. 150.000 francs soit 2.300 francs l'hectare

1917.. . — 285.000 — soit 4.000 — —

1919.. . valeur 350.000 — soit 5.000 — —

Une propriété, de la même région, en coteaux de qualité médiocre etd’une surface de 175 hectares, valant 140.000 fr. en 1905 s’est vendue 300.000 francs en 1919.

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