‹ La valeur d'après-guerre de la terreChapitre 13 sur 21 · XI. — Périgord · texte numérisé non relu

XI. — Périgord

La situation foncière du Périgord était très mauvaise avant la guerre et les propriétés se vendaient souvent à des prix dérisoires. 11 était impossible même, dans certains cantons, de trouver des acquéreurs. Depuis la signature de l’armistice la situation s’est bien améliorée, mais l’impor-

tance du mouvement de hausse varie beaucoup suivant les régions ou les natures de biens.

On peut, au point de vue de la hausse, diviser les propriétés en quatre catégories :

1° Propriétés viticoles constituant une partie des arrondissements de Bergerac et de Ribérac; la plus-value est considérable et dépasse souvent 100 0/0;

2° Propriétés de vallées (Dordogne, Vézère, Isle, Dronne, etc,); la plus-value varie de 60 à 100 0/0 suivant situation et agrément. La partie agrément joue un rôle très important. C’est ainsi qu’une maison de maître, comme il en existe beaucoup dans cette région, quelle que soit son ancienneté, pourvu qu’elle soit dans un état à peu près passable, constitue un très sérieux élément de majoration et cela d’autant plus qu’il n’en était souvent tenu aucun compte avant la guerre dans les ventes ;

3° Propriétés de coteaux à sols argilo-calcaires ou granitiques (1/2 du département] ; la plus-value varie de 25 à 50 0/0.

4° Propriétés à sols calcaires ou rocailleux, situées dans les parties les moins peuplées du departement. Pas de plus-value sensible; c’est tout au plus si l’on constate de plus grandes facilités dans les transactions lorsque les propriétés sont convenablement cultivées et pourvues de bâtiments suffisants.

L'état de culture des propriétés et l’état d’entretien des bâtiments jouent un très grand rôle dans les prix qui peuvent être obtenus, et cela est très important dans un pays où les bâtiments'sont généralement en médiocre état et les terres plutôt mal cultivées.

La hausse se maintient facilement pour les propriétés des deux premières catégories et elle aurait même une tendance à s’accentuer.

Un certain nombre de domaines ont été acquis par des nouveaux riches et des étrangers (Parisiens, gens du Nord), mais la plupart sont achetés par les petits propriétaires cultivateurs, les fermiers et les métayers, Il s’ensuit que la terre tend à passer entre les mains de celui qui la

cultive et que la grande propriété se disloque au profit de la propriété paysanne.

L’activité des transactions est très grande; elle atteint quatre ou cinq fois le chiffre d’avant-guerre et elle n’est limitée que par la diminution du nombre des vendeurs.

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