‹ La valeur d'après-guerre de la terreChapitre 8 sur 21 · VI. — Région lyonnaise; Dombes et Bresse · texte numérisé non relu

VI. — Région lyonnaise; Dombes et Bresse

L’augmentation delà valeur de la propriété est générale; elle porte surtout sur les prés, les vignes et les bois et moins sur les terres ; elle est plus forte sur les petits que sur les grands domaines.

Les terres ne bénéficient que d’une légère hausse, tandis qu’elle est de 50 0/0 au moins sur les prés, les vignes et les bois. En général, hausse de 30 à 50 0/0.

Près de Villars-les-Dombes, un petit domaine qui, avant la guerre, n’avait trouvé preneur qu’à 30.000 francs vient / d’être vendu 50.000 francs, et ce n’est pas là un fait isolé, tant dans la Dombes que dans la Bresse.

Dans la même région de Villars-les-Dombes nous avons pu comparer les résultats d’ensemble fournis par un certain nombre de ventes d’avant-guerre et d’après-guerre.

Période d’ avant-guerre.

1913-1914 (5 ventes) : 566ha43a22c 613.000 fr. (1.080 fr. l’hect.).

Période dy après-guerre,

1918-1919 (8 ventes): 5l2ha9ô*8ic 781.000 fr. <1.530 fr. l’hect.).

La haasse moyenne est de 42 0/0. Une propriété de 175ha43al3c du même canton vient d’être achetée, par unfermier, 202.250 francs, soit 1.150 francs l’hectare. Elle comprend 83 hectares en étangs. Le bail, expirant en- 1920, est de 6.000 francs (réduit à 5.000 francs pendant la guerre). L’acquéreur veut louer 10.000 francs. Le fermier actuel irait jusqu’à 8.000 francs, soit une augmentation de 33 0/0. On constate dans toute cette région une sérieuse progression dans les locations.

Les étangs ont maintenant presque la même valeur que les terres et cela se comprend aisément quand on constate que le poisson, qui se vendait en gros, avant la guerre,. 0 fr. 60 à 0 fr. 80 le kilog atteint aujourd’hui 2 fr. 40 à 2 fr. 60 le kilog.

Les cultivateurs ont presque tous aujourd’hui les sommes suffisantes pour acheter et payer comptant les domaines dont ils sont les fermiers.

Dans la Bresse, les fermes des hospices de la région de Louhans viennent d’être affermées par adjudication à des prix bien supérieurs à ceux d’avant la guerre. Une ferme louée 1.750 francs passe à 5.100 francs; une autre passe de 2.200 francs à 5.000 francs ; une troisième de 950 à 2.000 francs.

C’est la première fois que nous constatons un mouvement de hausse aussi accentué. Peut-être amorce-t-il une progression d’ensemble très sérieuse dans les locations. Il se peut aussi que ces fermes aient été louées, avant la guerre, à des prix très inférieurs à leur valeur réelle, ce que nous ignorons.

Les acquéreurs de biens ruraux sont surtout des paysans, les uns déjà propriétaires, les autres fermiers ou métayers. Les petits domaines de 10 à 30 hectares, c’est-àdire ceux qui peuvent être exploités par une famille rurale sans le concours de domestiques, se vendent parfois 60 0/0* au-dessus de leur valeur de 1914. Les grands domaines

n’ont pas- bénéficié de la même hausse, et celle-ci ne dépasse guère 25 à 30 0/0.

Il faut faire exception pour certains gros domaines qui sont passés entre les mains de nouveaux riches dépensant facilement ce qu’ils ont gagné facilement et payant aisément 50 à 60 0/0 au-dessus des valeurs d’avant-guerre.

Dans les communes très morcelées, la hausse est bien moins accentuée que dans les communes non morcelées ; les bonnes parcelles bien situées et qui ont toujours été faciles à vendre sont seules en hausse ; les autres sont délaissées comme par le passé. Dans une commune du Rhône, un notaire a essayé de réaliser une propriété morcelée en 14 lots, dont 7 composés de bonnes parcelles et 7 de mauvaises parcelles. Les 7 premiers se sont bien vendus; les 7 autres n’ont pas trouvé d’acquéreurs.

L'activité des transactions immobilières est très grande.

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