‹ La valeur historique du quatrième ÉvangileChapitre 12 sur 50 · XV, G · texte numérisé non relu

XV, G

EMPLOI DE l'allégorie 113

décrire d'avance en détail, mais supposé présent aux yeux ou à l'esprit do l'auditeur, et d'où l'on tire immédiatement une application, en se contentant de se référer au fur et à mesure aux traits qu'on veut rendre significatifs. C'est ainsi qu'aux pharisiens lui reprochant de laisser faire bonne chère à ses disciples, le Sauveur répond : « Est-ce que les garçons de noces, tant que l'époux est avec eux, peuvent jeûner^... ? » Aux disciples il adresse ces sentences : « Vous êtes le sel de la terre: si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on '•^?» « Vous êtes la lumière du monde : on n'allume pas la lampe pour la mettre sous le boisseau ^... «

Dans notre morceau, l'objet qui sert de comparaison apparaît très distinct de ce qu'il signifie, et cette distinction ne laisse même pas d'être exprimée formellement par le Sauveur. Nous avons donc sous les yeux non une allégorie pure, mais, au fond, et quoi qu'il en soit de certaines apparences, une véritable parabole **.

Si l'on examine maintenant les sentences détachées, peut-on dire qu'elles se présentent uniformément et constamment, dans notre Évangile, comme des paro- 1( s figurées et à sens mystérieux, en contraste avec la masse des comparaisons imagées et ' très simples qui caractérisent l'enseignement synoptique? Il ne semble pas davantage.

D'un côté, la plupart des paroles à double sens, signalées dans les discours des personnages autres que

1 Marc, II, 19 = Matth., ix, 15 = Luc, v, 34.

= Matth., V, 13; Marc, ix, 49; Luc, xiv, 34.

3 Matth., V, 15; Marc, iv, 21; Luc, xi, 33.

* Cf. Zahn, Evang. Joh., p. 567. B. Wei.ss, Joh. Evang., p. 425, y reconnaît un fond de parabole authentique, interprétée par l'évanpéliste.

le Christ, ne se révèlent comme telles qu'au symboliste de parti pris.

Ainsi, la parole de Jean-Baptiste : «Voici FAgnoau de Dieu, qui enlève le péché du monde ^, » n'est pas précisément une allégorie, mais une expression figurée. L'exemple de l'époux et de son ami, dans le dernier témoignage du Précurseur, se présente formellement comme une comparaison 2. Tout considéré, le langage du Baptiste dans notre document ne tranche pas sur celui qu'il tient dans les premiers Evangiles : là aussi, on trouve dans sa bouche des sentences — sur la cognée mise au pied de l'arbre, sur le van déjà aux mains du Messie — qui ont les dehors de l'allégorie, et sont, au fond, de simples comparaisons expressives ^.

Los premiers disciples demandent à Jésus : « Maître, où demeures-tu •*? » Rien ne permet à M. Loisy d'insinuer qu' « en parlant de sa demeure terrestre, l'évangéliste pense à sa demeure éternelle, » où « la foi va le trouver ^. »

« De Nazareth peut-il venir quelque chose de bon ^? » dit Nathanaël à Philippe. C'est d'une façon non moins arbitraire qu'on voit exprimée dans cette difficulté « l'objection juive contre l'origine du Messie '. )> Rien encore de plus douteux, ou pour mieux dire, de moins fondé, que le sens profond supposé à la réflexion de la mère de Jésus : « Il n'y a pas de vin ^ » à celle des Juifs sur le temple bâti en quarante-six ans ^, à celle de la Samaritaine avouant qu'elle n'a pas

1 Jean, i, 29, 36.

* III, 29. Voir t. I, p. 310-311.

* Matth., III, 10, 12 = Luc, m, 9, 17.

* Jean, i, 38.

" Loisy, Le quatr. Évang., p. 244. Voir t. i, p. 325.

« Jean, i, 46.

' Loisy, op. cit., p. 259. Voir t. i, p. 353.

" Jean, ii, 3. Voir t. i, p. 189 sq.

» II, 20. Voir t. I, p. 360 sq.

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do m:iri ^, à la parole de Pierre proclamant Jésus le Saint de Dieu -, à la déclaration des frères du Seigneur l'invitant à se manifester au monde ^ à celle des Juifs observant qu'on ne sait pas d'où est le Christ et qu'il ne doit pas venir de Galilée ^, à la demande des Grecs qui désirent voir le .Sauveur ^, aux déclarations de Pilate concernant la royauté de Jésus ^, et aux dénégations des Juifs ^.

D'une façon générale, les propos des divers personnages de notre Evangile, qu'on nous disait soumis uniformément à la loi de l'allégorie, ne paraissent pas révéler d'intentions plus profondes que dans les Synoptiques. A peine faut-il mettre à part la déclaration de Caïplie ^. Mais justement cette déclaration est exceptionnelle, et notée comme telle par l'évangéliste. Celui-ci la justifie par le caractère sacré du grand-prêtre; bien plus, il prend lui-même la peine d'en révéler franchement la signification secrète : «Comme il était, dit-il, le grand-prêtre de cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation, et non seulement pour la nation, mais pour réunir ensemble les enfants de Dieu dispersés ^. » Cela prouve qu'il n'entend pas cacher des sens profonds dans les déclarations prêtées aux autres personnages. On n'est donc pas autorisé à dire que le principe de l'allégorie s'étende, systématiquement et contrairement à l'histoire, aux paroles de tous les interlocuteurs du Christ.

Si l'on prend les discours du Christ lui-même, on y

* Jean, iv, 17. Voir ci-dessus, p. 16 sq. ' VI, 69. Voir ci-de.ssus, p. 37.

' VII, 4. Voir ci-dessus, p. 48.

'' VII, 27,41. Voir ci-dessus, p. 54.

^ XII, 21. Voir t. I, p. 418 sq.

» XIX, 15, 19. Voir t. i, p. 506.

' XIX, 21-22. Voir t. r, p. 525.

' Jean, xi, 50.

trouve, il est vrai, un certain nombre de sentences à forme allégorique ou de paroles à sens figuré. Mais, d'abord, elles sont beaucoup moins nombreuses qu'on le prétend. M. Loisy semble les multiplier à plaisir, pour le besoin de la cause.

A propos de l'entretien avec Nicodème, il écrit : « Au fond, le discours n'est qu'une suite do symboles allégoriques recueillis de tous côtés par l'évangéliste et adaptés à sa doctrine : allégorie de la naissance nouvelle, figurant la communication de l'esprit divin ^; allégorie du vent, figurant l'action invisible de cet esprit sanctificateur ^ ; allégorie du Fils de l'homme descendant du ciel et y remontant, pour figurer l'incarnation du Verbe et la glorification de Jésus ^; allégorie des choses terrestres et des choses célestes, figurant l'élément sensible, extérieur, et l'élément spirituel, intime, de l'enseignement johannique ^; allégorie biblique du serpent d'airain, figurant le crucifiement, et, dans l'exhaussement de Jésus en croix, l'élévation de la gloire acquise par sa mort ^; allégorie du jugement, figurant la distinction des croyants élus et des incrédules réprouvés ^. »

Or, de toutes ces prétendues allégories, une seule se montre bien nettement comme telle : c'est celle de la nouvelle naissance. Encore n'est-elle pas pure de tout alliage parabolique. L'explication que donne ensuite Jésus : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit ", » interprète la sentence en simple parabole et la ramène à une véritable comparaison. La nouvelle naissance est déclarée analogue

^ Jean, m, 3-5.

^ ni, 11, 13-14.

» III, 16-21. Loisy. Le quatr. fican^. p. 90

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à la naissance selon la chair : pour entrer dans le royaume de Dieu, il faut être esprit; or ce qui est né de la chair est chair; pour devenir esprit il faut donc renaître de l'Esprit.

Dans la proposition suivante : « Le vent souffle où il veut et tu entends le bruit, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va; ainsi en est-il de quiconque est né do l'Esprit ^, » les termes mêmes employés montrent qu'il s'agit d'une véritable comparaison.

M. Loisy se refuse cependant à l'admettre, u On ne doit pas voir dans cette explication, écrit-il, une simple comparaison de l'esprit avec le vent, ou bien il faudrait dire que le discours est équivoque, au lieu d'être symbolique. La plupart des anciens Pères qui entendaient le tout du Saint-Esprit étaient plutôt dans le vrai que ceux qui ont admis, comme les modernes, une simple comparaison de l'esprit avec le vent, et un jeu de mots sur le double sens de l'esprit ^. »

Mais, quoi que prétende le critique, l'évangéliste a si bien en vue une comparaison qu'il le marque en termes formels : « Le vent souffle où il veut... : ainsi en est-il de celui qui est né de l'Esprit. » D'ailleurs, les expressions matérielles : « souffler », « entendre sa voix », « aller et venir », ne paraissent pas susceptibles de viser directement l'Esprit de Dieu : il est clair qu'elles s'appliquent d'une façon immédiate au souffle ordinaire du vent. Celui-ci va de côté et d'autre, sans que rien l'arrête, ni qu'on puisse saisir sa marche: ainsi l'homme qui est né du Saint-Esprit, qui par conséquent a reçu une vie nouvelle, est rendu capable d'aller là où ne pénètrent point les corps, dans le royaume de Dieu qui est un royaume spirituel.

Les choses célestes dont il est question ensuite, par opposition aux choses terrestres, ne figurent aucune-

> Jean, m, 8-9.

^ Loisy, Le quatr. Évang., p. 312-313.

ment l'élément spirituel de la doctrine johannique par contraste avec son élément sensible, mais représentent simplement les vérités transcendantes de l'origine et de la destinée célestes du Sauveur ^. La descente du Fils de l'homme et son retour au ciel sont également une description métaphorique du fait même de l'origine de Jésus et de sa future ascension.

La déclaration sur le serpent d'airain se présente manifestement comme une comparaison. « De même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout croyant ait çn lui la vie éternelle ^. »

Enfin, le jugement dont parle le Sauveur n'est nullement à prendre pour la figure d'un jugement intérieur, qui opérerait actuellement devant Dieu le discernement des bons et des mauvais. Tout le contexte de la doctrine johannique montre qu'il s'agit directement et uniquement du jugement public et solennel qui doit se réaliser au dernier jour. L'emploi des temps présents, comme la formule : « celui qui ne croit pas est déjà jugé ^, » n'expriment que la certitude du fait à venir, dont le principe est posé par la conduite présente des hommes *.

Sur les six allégories que l'on signale dans le discours à Nicodème, une seule paraît donc exister dans la réalité ; les cinq autres ne sont suggérées que par le parti pris.

Une constatation analogue peut se faire à propos du discours qui suit la guérison du paralytique, « La première partie du discours, écrit M. Loisy, est un développement allégorique sur l'œuvre vivifiante du Père et du Fils, où il faut reconnaître la résurrection spirituelle sous les termes qui représentent la résur-

1 Cf. Jean, i, 50, 51; vi, 62-63; v, 20.

» ni, 14.

* Ce point sera développé ci-après, p. 189-190, 265 sq.

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rection corporelle; la seconde partie défend ce paradoxe, que les Juifs ne possèdent pas la parole de Dieu, qu'ils auront Moïse lui-même pour accusateur, en sous-entendant qu'ils possèdent et observent seulement la lettre de la Loi, sans en pénétrer l'objet véritable qui est l'Évangile du Christ ^. »

En réalité, l'idée présentée par Jésus dans la première partie du discours est qu'il agit en la puissance de Dieu ot participe aux pouvoirs de son Père : c'est le Père qui a opéré par lui dans la guérison du malade; de même lui donne-t-il en partage les pouvoirs, bien autrement grands ^, de ressusciter les hommes et de les juger. La résurrection dont il s'agit est la résurrection corporelle de la fin des temps; rien ne fait soupçonner une allusion à la vie spirituelle rendue aux croyants. La preuve en est que le Sauveur parle expressément des « morts, » de « tous ceux qui sont dans les tombeaux ; » les méchants eux-mêmes doivent ressusciter, non pour la vie éternelle, à l'exemple des bons, mais pour le jugement, c'est-à-dire la condamnation ^. Nous avons donc là tout autre chose qu'un développement allégorique.

Dans la seconde partie du discours, Jésus reproche aux Juifs de ne pas croire aux Écritures : la parole de Dieu est à leur égard sans efficacité, elle ne « demeure pas » en eux, elle ne produit pas dans leur âme son œuvre de vie *, parce qu'ils refusent de croire en Celui qu'elle annonce; ils ont les Écritures entre les mains, et ils ne voient pas qu'elles lui rendent témoignage; c'est pourquoi elles seront un jour leur condamnation. Où trouver dans ces déclarations très simples trace d'allégorie ?

1 Loisy, Le quatr. Évang., p. 90-91.

^ Cf. Jean, i, 50, 51; vi, 62-63.

3 Cf. VIII, 10, 15, 48. Voir t. i, p. 109, note 2 ; 245, et ci-après, p. 269.

* V, 38, 39; cf. viii, 31, 51; xii, 47-48; xv, 7,

Ailleurs encore, il serait aisé de montrer que les sentences signalées comme symboliques ne sont telles que dans l'imagination de l'interprète, et grâce au parti pris de trouver partout des sens mystérieux et des intentions profondes.

Les seules paroles à double sens que l'on puisse discerner dans les discours du Christ johannique se réduisent à une dizaine.'A sa mère qui lui demande son premier miracle, Jésus répond : « Mon heure n'est pas encore venue ^; » « mon heure, » c'est-à-dire, en apparence, l'heure de ma manifestation, en réalité peut-être l'heure de ma mort, que cette manifestation doit amener.

Lors de l'expulsion des vendeurs, le Sauveur fait entendre cette parole énigmatique : « Détruisez ce temple, et je le rebâtirai en trois jours 2. » « A la lettre, remarque M. Loisy, cette parole ne peut s'entendre que du temple de Jérusalem, et les Juifs le comprennent ainsi; mais ce n'est pas tout le sens du discours, et l'évangéliste observe que le temple dont il s'agit est le corps de Jésus ^. »

« Si quelqu'un ne naît à nouveau, dit Jésus à Nicodème, il ne peut voir le royaume de Dieu ^ : » c'est une allégorie, que le divin Maître explique ensuite en comparaison, en parlant d'une naissance spirituelle qui doit répondre à la naissance corporelle.

Dans l'histoire de la Samaritaine, nous trouvons l'allégorie de l'eau vive : « Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire,

1 Jean, 11, 4 ; cf. vu, 6 : « mon temps. »

" Loisy, Le quatr. Évang., p. 89.

* Jean, m, 3. L'hypothèse d'un jeu de mot sur le double sens de à'vtuO^v, « à nouveau » et « d'en haut », n'est qu'une pure hypothèse et qui suppose le discours créé par l'évangéliste en grec et non prononcé d'abord authentiquement en araméen par le Sauveur.

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l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant à une vie éternelle ^; » sentence reproduite à l'occasion de la l'ête des Tabernacles : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive - ! » Puis vient l'allégorie de la nourriture : « J'ai un aliment à manger que vous ne savez pas ^. » Enfin l'allégorie de la moisson : « Levez vos yeux et considérez les campagnes, qui sont blanches pour la récolte ^. »

Le discours après la multiplication des pains amène l'allégorie du pain de vie : « Mettez-vous en peine, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure à la vie éternelle.» «Je suis le pain vivant ^.))

A la fête des Taljernacles se rattache la sentence figurative concernant la liberté, qui est non la liberté physique mais la liberté spirituelle: « Si vous demeurez dans ma parole, vous serez véritablement mes disciples : et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous délivrera ^. »

1 Jean, iv, 14.

^ vu, 37. On lit, à la suite : « Celui qui croit en moi, comme a dit l'Écriture, des fleuves d'eau vive couleront de son ventre. Or, il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. i M. Loisy, Le quntr. Éi'ang., p. 521, regarde comme sujet du verbe précédent « qu'il boive,» les mots : « celui qui croit en moi, » et applique la citation qui suit au Christ : ce serait une allusion à la scène du coup de lance, où l'eau sortant du côté de Jésus figurerait le don de l'Esprit. Mais nous avons vu, t. i, p. 560, que cette dernière interprétation ne peut se soutenir. Le parallélisme invite d'ailleurs formellement à arrêter la première proposition après « qu'il boive ! » On ne comprend bien, dans la'citation, le pronom -xC-rj-'j que comme se rapportant à celui dont Jésus parle. La construction ainsi rétablie estconformeaux habitudes du langage johannique. Cf. Jean, i, 12; I Jean, ii, 5; m, 17; iv, 15; Apoc, ii, 26; ni, 12, 21. Enfin l'idée obtenue est tout à fait analogue à celle que le Sauveur a exi)iiniée dans le discours à la Samaritaine, iv, 14 : « L'eau que je lui donnerai deviendra ni lui une soiiire d'eau jaill ssant à une vie éternelle. » Cf. Ps. cxlvii, 18; Is., xliv, 3; lviu, 11.

' VI, 27, 35 sq.

On y trouve surtout l'allégorie du Christ lumière ^, qui reparaîtra à l'occasion de la guérison do l'aveuglené 2, et sera complétée par la déclaration sur les nonvoyants qui sont les aveugles spirituels :« Je suis venu dans ce monde en jugement, afin que les non-voyants voient et que les voyants deviennent aveugles ^. » Elle reviendra encore dans le discours après l'épisode des Grecs, sous cette forme : « Vous avez encore un peu de lumière en vous. Marchez tandis que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous saisissent point ; et celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Tandis que vous avez la lumière, croyez à la lumière, afin que vous soyez enfants de lumière *. »

Le grand miracle de Béthanie est précédé de cette sentence allégorique : « Lazare, notre ami, dort ^, » où le sommeil dont il est question pour l'ami de Jésus est le sommeil de la mort ^. La parole : « Ton frère ressuscitera '', » peut également être regardée comme parole à double sens, si la résurrection présente de Lazare figure la résurrection générale de la fin des temps.

Enfin, dans le récit de sa troisième apparition, le Christ ressuscité fait entendre à Pierre une déclaration symbolique, lorsqu'il lui dit : a Pais mes agneaux, pais mes brebis ^. »

Que penser de la présence de ces éléments figuratifs dans les discours du Christ johannique?

Il est d'abord très remarquable que la plupart de ces sentences ont leur signification symbolique révélée expressément par l'écrivain. S'agit-il de la

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