‹ La valeur historique du quatrième ÉvangileChapitre 16 sur 50 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Si du style et du procédé littéraire nous passons aux idées qui constituent la doctrine johannique, nous pouvons d'abord les considérer dans leur ensemble et, en quelque sorte, par l'extérieur. Envisagées à ce point de vue, elles offrent une certaine uniformité, que l'on met volontiers en haut relief pour en tirer argument contre la thèse de l'authenticité.

D'après M. Loisy, « la variété du style synoptique, correspondant à la variété de l'enseignement, contraste... avec la monotonie du style johannique, où les mêmes mots reviennent sans cesse, parce que les mêmes idées y reviennent perpétuellement ^. » « Au lieu de la variété qu'offrent les sentences et les paraboles des premiers Evangiles, un petit nombre de pensées essentielles se présentent et reviennent constamment sous un nombre limité d'images ^. »« Il n'est pas de livre biblique dont le contenu soit plus homogène ; c'est que le quatrième Évangile, quelles qu'aient pu être les circonstances particulières de sa rédaction, procède d'une pensée unique et très personnelle ; que tous ses tableaux didactiques ont été conçus par un esprit tout pénétré de son sujet et d'un petit nombre d'idées fécondes, à savoir la révélation de Dieu dans le Christ, le Christ lumière et vie éf/^rnello, qui s'est manifesté dans la chair aux Juifs, et qui subsiste glorieux à jamais pour le salut de toutes les âmes de bonne volonté ^. »

* Loisy, Le quatr. Évang., p. 75.

» Id., ibid., p. 145.

» Id., ibid., p. 141. Cf. Strauss, Vie de Jésus, t. i, p. 693, 711 ;

A biileiidre ces réflexions, l'on s'imaginerait volontiers que les idées exposées dans l'Évangile johannique sont d'une monotonie absolue. Un examen impartial révèle cependant que l'uniformité, dans la mesure où elle existe, n'y exclut point une certaine variété.

Que l'on prenne les divers récits de miracles et ceux des autres épisodes, l'on y trouvera, dans la bouche de Jésus, nombre de déclarations en rapport avec la circonstance du moment, tout comme dans les narrations synoptiques ^.

Les 'thèmes mêmes des discours ne laissent pas de présenter une diversité assez notable. Le Sauveur y traite de la condition nécessaire pour entrer dans le royaume 2, de l'humilité et de la condescendance mutuelle ", de la charité fraternelle ^, Il parle de l'élection de ses apôtres ^, de leur mission au monde ^, du sort qui les attend '. Il prédit la destinée qui lui est réservée à lui-même : son reniement par Pierre ^ sa trahison par Judas ^, sa mort^", sa résurrection ^^, son ascension ^2. Enfin, il se présente comme le vivificateur

H. J. Holtzmaniî, Einleit., p. 430 ; Jûlicher, Einleit., p. 350 ; Schmiedel, art. John, col. 2529; J. Réville, Le quatr. Évang., p. 299; Wrede, Charaktcr und Tendenz, p. 12 sq.; von Soden, Urchristl. Lit., p. 107, 205.

1 Jean, i, 38-47; ii, 4-8, 16; iv, 50; v, 6-14; vi, 5-20; viii, 7-11; XII, 7 ; xiii, 14-15, 20, 2'G, «te.

' m, 3 sq.

^ xin, 14-15.

* XIII, 34; XV, 12 sq.

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