‹ La valeur historique du quatrième ÉvangileChapitre 22 sur 50 · LA RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

LA RÉSURRECTION

clairer le corps des fidèles, doivent-ils se maintenir intègres ; s'il arrivait que, pour leur part, ils fussent ténèbres,"que seraient les ténèbres elles-mêmes ^?

Dans la pensée du Christ synoptique, les disciples sont donc lumière par rapport au monde enténébré : que dire alors du Maître, dont ils ne font qu'imiter l'exemple et transmettre la doctrine ? Les sentences sur le Christ lumière sont dans le prolongement normal, dans la suite logique de la même idée ; ou plutôt, il semble évident qu'elles ont dû figurer en bonne et large place, pour ne pas dire au premier plan, dans les discours authentiques de Jésus 2.

« Je suis la résurrection ^, » déclare également le Christ johannique. « L'heure vient, et c'est maintenant, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront *. » « L'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et s'avanceront, ceux qui ont fait le

1 Matth., VI, 22-23; Luc, xi, 34-36 ; cf. Matth., iv, 16; Luc, i, 78-79.

^ L'auteur johannique conçoit pour sa part le Christ comme la vraie lumière venue en ce monde : Jean, i, 4, 7, 8, 9; cf. I Jean, i, 5-7; H, 8-11 ; Apoc, xxi, 23; xxii, 5. Cela s'explique par sa dépendance à l'égard des déclarations personnelles de Jésus. Dans le prologue de l'Évangile, il expose, pour ainsi, dire, une synthèse anticipée de la révélation du Christ lumière, de son rôle et de son résultat. Dans l'Épîtro, il fait une application morale de cette vérité aux lidèles : le Christ est venu apporter la lumière par ses enseignements; il faut en profiter et, en premier lieu, mettre en pratique son grand précepte de la charité. Enfin, dans l'Apocalypse, il s'inspire des anciennes prophéties pour achever la synthèse, en montrant l'Agneau de Dieu lumière éternelle de la nouvelle Jérusalem. Cf. Is., lx, 1, 3, 19, 20.

^ Jean, xi, 25. La parole vise la résurrection corporelle dos croyants, non la résurrection spirituelle. Voir, t. i, p. 106 .sq.

bien pour ressusciter à la vie, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter au jugement ^. » « Voici la volonté de celui qui m'a envoyé : c'est que de tout ce qu'il m'a donné je ne perde rien, mais que je le ressuscite au dernier jour -. » Quiconque croit en moi, quiconque mange ma chair et boit mon sang, « je le ressusciterai au dernier jour ^. »

En tant qu'il s'agit du fait de la résurrection suprême, cette doctrine se retrouve expressément dans les premiers Evangiles. Là, en effet, Jésus enseigne à maintes reprises la résurrection finale des morts *.

Il ne s'y présente pas, il est vrai, comme l'auteur pcrsTonnel de cette résurrection, il ne déclare pas qu'il rendra lui-même les morts à la vie. Cette idée néanmoins se trouve en accord intime avec ses enseignements ordinaires et l'on peut dire dans la direction immédiate de ses déclarations. Le Christ synoptique, qui doit présider au jugement universel, envoie ses anges rassembler des quatre coins du monde ses élus ^ : or, les élus ne sont pas seulement à prendre parmi les vivants, ils sont aussi parmi les morts ; mais, si les anges interviennent pour appeler les morts des tombeaux, le Christ qui les envoie apparaît bien l'auteur premier et le principe véritable de cette résurrection.

A l'idée de la résurrection fait suite celle du jugement. D'après le Christ johannique, le jugement est dirigé contre ceux qui se montrent incrédules et qui

i Jean, v, 28. Cf. ci-dessus, p. 118.

' VI, 40, 55. Cf. t. I, p. 106 sq., et ci-après, p. 268 sq.

* Marc, XII, 23-26 = Matth., xxii, 30-31 = Luc, xx, 35-36; xiv, 14; cf. Matth., xix, 28.

» Marc, XIII, 27 = Matth., xxiv, 31 ; xiii, 39, 41. Cf. I Thess., iv,

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