‹ La valeur historique du quatrième ÉvangileChapitre 32 sur 50 · II, 2-10; XII · texte numérisé non relu

II, 2-10; XII

* I, 29, 30; VI, 3; vu, 1; ix, I. 37; viii, 2; x, 23; xi, 6-17. 30, 54, etc.

* XI, 43, etc.

au ciel ^, de sa salive fait un peu de boue ^ ; on lui oint les pieds ^; il déclare qu'il déposera sa vie pour la reprendre ^; il parle de donner sa chair et son sang en nourriture ^ et annonce son prochain ensevelissement ^ ; sur la croix, après avoir incliné la tête, il rend l'esprit "^ ; de son côté percé, il sort du sang et de l'eau ^; on s'empare de son cadavre pour l'embaumer à la manière juive ^.

Ses démarches sont celles d'un homme ordinaii'e. Il est invité aux noces de Cana, et s'y rend en compagnie de ses disciples ^^•, de là il descend à Capharnaum et y reste quelques jours ^^; il monte à Jérusalem, séjourne en Judée, retourne en Galilée, en passant par la Samarie et après être resté deux jours à Sychar^^. Lors de la multiplication des pains, il se rend de l'autre côté du lac de Tibériade, gravit une montagne, s'y assied avec ses disciples, s'y réfugie de nouveau seul après le miracle ^^. Pour la première et unique fois, quand il marche sur les eaux et rejoint les siens au milieu du lac ^^, nous le voyons se soustraire aux lois ordinaires qui gouvernent le monde des corps ; mais ce phénomène exceptionnel appartient précisément à l'histoire du Christ synoptique ^^. Nous retrouvons le Sauveur au temple, entrant et sortant, se promenant sous le

1 Jean, xi, 41 ; vi, 5.

^ VI, 52, 54 sq.

« II, 13, 22; IV, 3-5, 40, 43, 46; v, 1.

1» Cf. t. I, p. 50 sq.

portique ^. A Toccasion de la résurrection de Lazare, son voyage à Béthanie, ses diverses étapes, ses allées et venues particulières, sont décrites par le menu 2. El il en est de même pour l'histoire de ses derniers jours et de sa passion ^.

L'âme du Sauveur est également le siège de sentiments essentiellement humains. Il donne à ses disciples les mai^ques suprêmes de l'affection *. Il aime Lazare et ses sœurs '. En voyant pleurer Marie, sœur du défunt, et les Juifs, l'émotion le saisit *; il pleure lui-même et s'indigne à la pensée de la mort de son ami '. Ce n'est pas tout. La prévision de sa mort prochaine le trouble, et, bien qu'il se soumette aussitôt à la volonté divine, il demande néanmoins à son Père de lui épargner cette heure ^. Il éprouve le même sentiment d'angoisse, lorsqu'il songe à la trahison imminente *, et, tout en se déclarant résolu à subir sa passion, il en parle comme d'un calice présenté par son Père et qu'il lui faut boire ^°. Y a-t-il sentiments humains plus réels ?

Sans doute, le quatrième évangéliste ne raconte point l'agonie de Gethsémani. Il est d'autant plus significatif, qu'au lieu d'éliminer franchement ce qui en rappellerait le souvenir, il insère des traits indépendants et personnels, qui, tout brefs qu'ils sont, n'en n'accusent pas moins vivement la volonté distincte du Sauveur et sa répugnance naturelle à la souffrance et à la mort 1^.

1 Jean, vu, 10, 14; viii, 1-2, 20, 59; x, 23. '

» XII, 1, 12; XVIII, 1, 4, 13, 28, etc.

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