‹ La valeur historique du quatrième ÉvangileChapitre 35 sur 50 · XIX, 25; XX · texte numérisé non relu

XIX, 25; XX

* Luc, vni, 2; Marc, xvi, y.

« Jean, vu, 20; vin, 48, cf. 49.

• Strauss, jVokv. vie de Jésiis, t. ii, p. is:;. ob.SPive que l'ovangeliste « eilt pu facilement accommoder » les histoires de possession « au contraste, à la lutte, au dualisme de la lumière et des ténèbres, du bon et du mauvais principe. » Pour sa part, il donne pour toute raison de l'omission constatée qu'à l'époque de l'auteur les exorcismes n'étaient « plus de mise dans la bonne société I »

tiques : le quatrième évangéliste a pu l'omettre sans plus de préoccupation.

Il est même à remarquer qu'à la différence de saint Matthieu et de saint Marc, il semble en évoquer le souvenir, lorsque, antérieurement à l'onction de Béthanie, il appelle Marie, sœur de Lazare : « celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds de ses cheveux ^» comme s'il la supposait déjà connue par ce trait particulier dans la tradition évangélique, et identique à la pécheresse de saint Luc 2. Enfin n'estce pas une pécheresse que cette femme de Samarie à laquelle Jésus révèle l'irrégularité de son union actuelle 2 ? Et ne faut-il pas en dire autant de la femme adultère que Ton a de bonnes raisons de rattacher au fond authentique de notre document *?

Le quatrième évangéliste n'omet donc pas de parti pris ce qui pourrait sembler déshonorant pour le Verbe incarné. D'autre part, les traits abondent en son récit, qui donnent à la vie du Sauveur un cachet d'humilité analogue à celui qu'elle a dans les premiers Evangiles.

N'est-ce pas montrer le Christ dans l'humble condition de sa vie terrestre que de le présenter si mani-

* Jean, xi, 2,

* Les détails rappelés ne correspondent pas au récit synoptique de l'onction de Béthanie : saint Matthieu, xxvi, 7, et saint Marc, XIV, 3, parlent simplement d'un parfum versé sur la tête du Sauveur. Il est vrai que le quatrième évangéliste peut faire allusion à son propre récit de l'onction, xii, 3, où il montre le parfum répandu sur les pieds de Jésus, en ajoutant que Marie les essuie de sa chevelure; mais précisément ces traits spéciaux rappellent la scène de saint Luc, VII, 38.

» Jean, iv, 18, 29. Cf. ci-dessus, p. 26.

* VIII, 3. Cf. ci-dessus, p. 62 sq. Il y aurait des réflexions semblables à faire sur le silence gardé au sujet des lépreux. Voir, t. i, p. 393. Strauss, Nouv. vie de Jésus, t. 11, p. 168, ne songe pas à l'expliquer autrement que par le peu d'intérêt qu'on portait en Asie-Mineure à ce genre de maladie, vu «la culture exquise du corps » habituelle en cotte région !

festement réputé le fils du Nazaréen Joseph ^, tombant de fatigue au bord du puits de Jacob ^, s'entretenant avec une pauvre femme de Samarie ^, paraissant servir la foule au repas de la multiplication des pains *, s'abaissant à remplir le vul<^aire office de serviteur à l'égard de ses disciples ^, se laissant appeler par les Juifs : « Samaritain, » « possédé du démon ^ ? »

Le récit de la passion ne lui épargne aucunement les outrages. On le voit souffleté par un valet ', traduit devant Pilate comme « malfaiteur ^, « mis en comparaison avec Barabbas qui lui est préféré, bien que, l'évangéliste le souligne, ce fût un brigand ^. Le gouverneur romain le fait flageller i°; les soldats lui tressent une couronne d'épines, qu'ils mettent sur sa tête, l'enveloppent d'un manteau rouge, et le saluent ironiquement « roi des Juifs, » en lui donnant des soufflets 11. La foule demande sa mort en répétant le cri : « Crucifiez -le i^. » On le charge de sa croix, comme un crimin el, et il y est cloué entre deux compagnons, qui ne peuvent être que des malfaiteurs ^^. Enfin, après avoir demandé à boire, et pris le vinaigre qu'on lui présente, il rend l'esprit !■*. Quel parti pris ne faut-il pas pour prétendre que dans la passion du Christ johannique il n'y a « plus d'injures ni d'ignominies, plus même d'abaissement i^. »

^ Jean, i, 45; vi, 42.

* VI, 11. Cf. t. I, p. 30.

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