‹ La valeur historique du quatrième ÉvangileChapitre 42 sur 50 · I, 18; VI · texte numérisé non relu

I, 18; VI

» m, 11; vin, 38; cf. m, 32, 34.

■• VIII, 26, 28, 40; xv, 15; xvii, 8.

"• XII, 49, 50; xiv, 10.

" vu, 28, 29, 33; viii, 42; xvi, 5; xvir 18.

378 LE CHRIST JOHANNIQUE

âme humaine, conscience d'être un avec le Verbe» d'être personnellement le Verbe, le Verbe ayant pris sa nature humaine en unité de personne, s'étant fait chair et étant devenu Thomme-Christ.

Est-ce que ce langage peut se comprendre de la part du Sauveur, tel que nous le connaissons par les Evangiles traditionnels ?

Au témoignage de ces premiers Evangiles, Jésus n'est pas simplement homme comme les autres hommes, mais le caractère incomparable de ses relations avec Dieu, la nature divine de ses pouvoirs et de ses privilèges supposent une association étroite à l'être divin, une véritable participation à l'essence de Dieu par une partie supérieure de son être, en laquelle il a dû préexister à son humanité. La foi de l'Eglise primitive, attestée par les Épîtres de saint Paul, donne une signification décisive aux indications discrètes des documents synoptiques sur ce point ^. Une attestation de son origine céleste se comprend donc en principe de la part du Christ de l'histoire.

D'un autre côté, il est à remarquer que les allusions expresses du Christ johannique à son origine céleste sont loin de remplir tous ses discours. Elles ne se rencontrent en somme qu'en un petit nombre de moments restreints : dans le discours à Nicodème, celui sur le pain de vie, quelques incidents de la fête des Tabernacles et l'entretien après la Cène. Par contre, dans ces mêmes discours, et à travers le reste de l'Évangile, Jésus se présente dans sa réalité d'homme, distinct de Dieu, religieux et serviteur de son Père, pareil au Christ synoptique. Le quatrième évangéliste n'a donc point transformé la physionomie humaine du Sauveur, bien qu'il affirme son identité avec le Verbe ; l'idée théologique exprimée dans son prologue ne lui a point fait alté-

1 Cf. Jésus Messie, p. 302 sq., 342 sq.

rer Thistoire sur ce point capital. C'est une garantie hautement rassurante qu'il n'a point imaginé à rencontre de la réalité les déclarations qu'il attribue n Jésus sur sa préexistence.

Mais cette garantie d'ordre général demande à être contrôlée et confirmée. Il nous faut examiner les déclarations en question, à leur place, dans leur contexte, pour voir à qui elles sont adressées, comment elles sont amenées, si la manière dont elles se présentent tranche sur le procédé habituel du Christ synoptique, ou au contraire s'accorde avec le caractère spécial de sa manifestation connu par les premiers documents.

Cette étude même sera heureusement préparée si nous la faisons précéder d'un bref examen de la façon dont le Christ johannique déclare sa qualité de Messie.

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