PHÉNOMÈNES SPIRITES ET MIRACLES BIBLIQUES
La méthode à suivre est des plus simples : elle consiste à repasser les phénomènes qui ont été mis en ordre dès le début, et à rechercher dans la Bible les faits qui présentent avec eux une certaine analogie.
Cependant, la plus grande quantité des miracles bibliques sort des cadres de cette enquête. Les
guérisons, par exemple, relèvent plutôt d’une étude sur l’hypnotisme, et la question : « Quelle est la valeur religieuse du spiritisme ? » n’a pas l’envergure de celle-ci : « Quelle serait la valeur religieuse de l’hypnotisme, de la suggestion et des faits qui s’y rattachent ? »
a J Lévitation
Nous ne trouvons pas dans la Bible de phénomènes de typtologie, mais on y constate des cas pouvant se rapprocher de la lévitation. Le plus éclatant de tous est celui de Jésus marchant sur les eaux. De même que le médium Home parvenait à neutraliser le poids de son corps et s’élevait audessus du soi, de même, grâce à un mécanisme analogue, Jésus a pu sans enfoncer, rejoindre à pieds ses disciples, en marchant sur les dots. Sans doute le miracle du Christ est plus éclatant que les expériences de Home, mais on peut les rapprocher ; s’il y a une différence de degré, il n’y a peut-être pas une différence de nature.
b) Médiumité et télépathie
Les exemples de médiumité sont extrêmement nombreux dans la Bible. En thèse générale on peut
regarder les prophètes comme des voyants, des médiums puissants, et les spirites les considèrent quelquefois comme les instruments de certaines révélations spéciales. Si l’expérience du verre de cristal est concluante,quoi d’étonnant à ce que des voyants aient pu voir à distance des événements futurs, préparés d’ailleurs par la situation du moment ?
Mais voici quelques faits précis de médiumité visuelle :
Moïse frappe le rocher d’Horeb et il en sort de l’eau (l).Le législateur d’Israël a pu voir l’eau sous le rocher. Sa verge a pu jouer le rôle de baguette divinatoire, et même dans l’interprétation spirite. Dieu qui se tient sur le rocher est peut-être un esprit qui révélé à Moïse la présence d’eaux souterraines (2).
Un jour, Jésus dit à Pierre de jeter l’hameçon à tel endroit du lac, qu’il y pêchera un poisson et qu’il y trouvera un statère (3). Le Seigneur dit également à Nathanaël, « je t’ai vu sous le figuier (4) ». A la Samaritaine, il raconte sa vie (5). Voilà des traits que l’on peut rapprocher
(f) Ex. XVII, 6.
(2) Bien entendu, nous faisons d^avance toutes nos réserves sur les explications et les rapprochements que renferme ce chapitre.
(3) Matthiéu xvii, 27. Statère, pièce d’argent qui valait environ 2 fr. 80 de notre monnaie.
(4) Jean i, 49.
(5) Jean iv, 17-18 et sq.
de la médiumité visuelle ou, si l’on préfère, de la télépathie, de la vue à distance, car ces deux domaines se touchent, nous l’avons déjà constaté.
r) Apparitions
Ce sont surtout les apparitions qui jouent un rôle considérable dans la Bible, les apparitions - d’anges et de démons. La colonne de feu qui guide les Israélites dans le désert (1) est un grossissement de ces points lumineux, de ces images brillantes constatées notamment par Crookes et Maxwell et qui planent au-dessus d’un groupe de personnes réunies autour d’un médium. Ici le médium, qui est peut-être Moïse, se trouve posséder une force psychique extraordinaire.
Le Saint-Esprit descendant du ciel sous la forme d’une colombe (2) ou de langues de feu (3) est également comparable à ces mains que nous avons vu voltiger et laisser des traces de leur passage. Entre tous ces phénomènes, les différences portent sur les détails, elles ne paraissent pas essentielles.
Voulez-vous un exemple d’apparition qui impressionne les animaux, comme pour le chat de
(1) Ex. XIII, 22.
{2) Matth. III, 16.
(3) Actes II, 3.
M''® deThilo (1)? Vous le trouverez dans l’histoire de Balaam : « L’ânesse vit l’ange de l’Eternel (2).»
cl) Evocation d’esprits
Il serait facile de multiplier les exemples ; mais le cas le plus typique de toute l’histoire biblique est sans contredit l’exemple de Saül chez la pythonisse d’En-Dor déjà cité (3).
Ici nous sommes en présence d’un phénomène spirite pur, sans alliage d’éléments étrangers, c’est une expérience de spiritisme qui est racontée tout au long. Rien n’y manque, ni le médium (la pythonisse), ni le fantôme (Samuel), ni le manteau, le péplum inséparable de toute apparition, ni la prédiction : « Demain, dit Samuel, vous serez avec moi »; ni même la crise d’hystérie qui, d’après Pierre Janet, accompagne souvent les séances spirites : « Saül tomba à terre de toute sa hauteur. » Et quelque interprétation que l’on adopte des faits en général, l’évocation de Samuel se prête à toutes les explications qui peuvent se présenter à propos des expériences actuelles.
Voilà quelques-uns des faits pris au hasard dans
(1) Cf. 1^' partie, Télépathie.
(2) Nombres xxii, 23.
(3) Cf. 2* partie, chap. ii, d’après I Samuel xvii.
la Bible, qui peuvent être rapprochés de ceux qui ont été décrits dans la première partie de cette étude. Nous en passons évidemment et peut-être de très caractéristiques.