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Sergent, Baumgartner et Bordet tirent de l'étude de huit cas de phrénicectomie :
«1° La phrénicectomie est une opération relativement bénigne. 2 °Les effets thérapeutiques sont parfois longs à se produire. 3° La rapidité de son action dépend de celle de l’ascension du diaphragme, condition presque indispensable de son efficacité 4° Les résultats varient suivant la nature et l’étendue des lésions et ne sont pas toujours heureux. »
En résumé : «Les chances de guérison seront d’autant plus grandes que l'élévation du diaphragme aura été plus précoce et sera plus accentuée. Tant qu’elle ne dépasse pas 2 centimètres, les répercussions qu'elle peut avoir sur les processus lésionnels demeurent à peu près négligeables ».
$ 7. Comparaisons.
Les avantages de cette méthode apparaissent clairement dans certains cas déterminés et font qu'on se décide plutôt pour elle que pour le pneumothorax ou la thoracoplastie.
Si nous la comparons d’abord avec le pneumothorax nous noterons, comme premier fait intéressant, qu’elle est unique et définitive. Le malade après l’avoir subie, n’a plus besoin de recourir à des manipulations répétées comme les insuflations, qu'il est parfois tenté de négliger après quelque temps.
En outre elle est généralement sans gravité. Il est vrai que cette innocuité a été exagérée et que ces derniers temps on a cité des accidents survenus pendant ou après l'opération : hémoptysies, tachycardie tenace. Les statistiques publiées sont, cependant, très favorables : Sauerbruch, sur 145 cas, note 4 incidents : une accélération du pouls succèdant à la section du vague pris pour le phrénique et trois embolies gazeuses par blessure des veines tributaires de la sous-clavière.
M. Sergent estime que les accidents possibles après une phrénicectomie ne sont pas à redouter dans l’application de ce traitement aux localisations tuberculeuses de la base.
Dans aucun cas il n’y a de réaction pleurale comme cela est si fréquent dans le pneumothorax.
On a prétendu que la paralysie du diaphragme entrainait une stase de la veine cave inférieure, qu'elle entravait l’expectoration. H. Hauke, après l’étude minutieuse de 24 cas, a prouvé que ces griefs n'étaient pas fondés.
Le professeur Bérard fait remarquer que pour les lésions tuberculeuses de la base, le Pneumothorax est souvent peu efficace. En
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effet de pareilles localisations du processus morbide amènent fré-
. quemment une symphyse pleurale partielle ou complète qui s'oppose
‘3 précisément au collapsus de la région lésée, tandis que les régions
saines, sommet et partie moyenne, se rétractent devant l’insufflation.
Or des synéchies assez puissantes pour s'opposer aux effets d’un
pneumothorax, sont parfois assez élastiques pour permettre à la paralysie du diaphragme d’opérer le collapsus.
Comparée avec la thoracoplastie, ses différences et cas échéant, ses avantages sont les suivants : la phrénicectomie étant une opération d’une minime gravité, le lendemain déjà de l'intervention, le
- y malade peut se lever. Chez les tuberculeux à l’état général très affecté cette bénignité a une grande importance. 4 L’anesthésie locale évite les accidents de narcose, la brièveté et = la facilité de l'opération ne font pas courir le risque d’une hémorragie. Enfin et surtout, il est manifeste que certains cas dans lesquels on doit avoir recours à la chirurgie sont cependant trop peu graves pour exiger un large délabrement.
En regard de ces divers avantages, il est très certain que la phréniceetomie est une opération beaucoup moins brillante, moins
x" puissante et moins radicale dans ses effets que le pneumothorax et la thoracoplastie, lorsque ceux-ci sont indiqués, réalisables et réussis.
L'opération qui nous occupe, comme la thoracoplastie, demande la collaboration du médecin et du chirurgien. Un chirurgien ne l’entreprendra pas sans avoir eu l’avis d’un médecin phtisiologue expérimenté ; de même que le médecin de sanatorium ne la tentera pas sans le secours d’un chirurgien ou du moins sans avoir une pratique suffisante de la chirurgie. Le médecin pose l'indication, le chirurgien opère.
Enfin nous serons complet et précis en ajoutant que la phrénieectomie ne doit naturellement être qu’un adjuvant dans le traitement d’une tuberculose pulmonaire. Croire que seule elle assurera la guérison est une illusion dont tout médecin saura facilement se garder.
Jacobeus et Key en parlant de la thoracoplastie rappellent qu'il ne faut opérer que des malades traités depuis fort longtemps pour leur tuberculose et à l’égard desquels tout espoir d'amélioration par une prolongation du traitement dans un sanatorium et par les moyens médicaux, doit être abandonné. Il faut que la cure d’air, la cure hygiénique et diététique aient produit tout ce dont elles sont capables chez ces malades.
| Ce conseil, particulièrement légitime à l'égard de la thoraco- "0 plastie, grosse opération à laquelle on ne recourt qu'après mûre réflexion, conserve sa valeur pour la phrénicectomie. Peu grave au point de vue opératoire, plus importante au point de vue fonctionnel, elle doit être précédée d’un traitement hygiénique rigoureux et d’une observation exacte. Lorsque, malgré le traitement, l’amélioration ne
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se produit pas, alors intervient l'examen méthodique du malade en prévision du traitement chirurgical.
Une fois l'opération terminée la prudence et le vrai sens dinars diront qu’il faut encore persister dans le traitement hygiénique et la cure sanatoriale. Ces remarques sont élémentaires pour le médecin, mais la difficulté sera d’en convaincre le malade.
Ne pas être exclusif, ordonner rationnellemnt les divers traitements, tel est le mot d’ordre du médecin, surtout en matière de tuberculose puisque l’on ne peut compter sur une méthode unique et infaillible à l'exclusion des autres.