LS? LR OBSERVATION N° IV
Observation IV. (Dr. Burnand). Mlle S.. Mary, 26 ans, anglaise. Arrive à Leysin le 24 février 1925.
Elle ne présente aucun antécédent familial reconnu de tuberculose.
Le début de l’affection pulmonaire qui l'amène à Leysin remonte à l’année 1920. Nous avons peu de détails sur l’évolution suivie par la maladie jusqu’à l’arrivée à Leysin. Le médecin note une menace d'extension des lésions jusque là demeurées apicales, vers les parties moyenne et inférieure du poumon gauche.
A l’arrivée à Leysin, on note dans l’observation les particularités suivantes :
Etat général assez bon, poids 57 kg. 500.
Toux profonde, pénible, quinteuse, résistant à toutes les médications calmantes. Expectoration abondante, puriforme, bacillifère.
A l’examen du thorax, matité dense sur toute la base gauche, moins marquée mais cependant nette au sommet du même côté.
La respiration est obscure au sommet, abolie à la base. On trouve de gros craquements humides à la partie moyenne du poumon gauche gagnant vers la base.
Le sommet droit n’est pas indemne, on y trouve quelques craquements plus secs de moyen calibre, sous la clavicule et au niveau de la fosse sus-épineuse.
Une radiographie prise le 25 février confirme le diagnostic stéthoscopique (Fig. 7). Une zone claire de raréfaction au sommet semble correspondre à une perte de substance mal délimitée. Des ombres en pommelures confluentes occupent les 2, inférieurs du champ phreno-claviculaire gauche. Le cœur est notablement dévié à gauche, et l’hémidiaphragme légérement surélevé, de forme un peu incertaine. Au sommet droit, ombres en traînées.
En mars, léger épisode pleurétique à la base gauche, avec formation d’un très faible exsudat lymphocytaire.
L’expectoration reste très purulente, bacillifère (Gaffky VII) ; la toux opiniâtre.
On tente un pneumothorax en avril. Cette tentative se heurte à des adhérences irréductibles de la plèvre.
A cette époque, la base gauche offre à l’auscultation un souffle de densification massive, couvert de râles de tous calibres.
La température, restée jusque là normale ou à peine subfébrile s'élève insidieusement à 37,5°, à 37,6. La toux augmente, l’état géné ral fléchit ; l’aggravation de l’état clinique est évidente.
Pour y parer, nous décidons de tenter quelque chose, et proposons à la malade une phrénicectomie à gauche. L'opération est pratiquée par M. le Dr. Perret à la fin d'avril, à Montreux.
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La malade remonte à Leysin de 26 avril.
Malheureusement, deux mois plus tard, soit le 24 juin, elle rentre en Angleterre, rappelée par des circonstances personnelles.
Au cours des deux mois consécutifs à la phrénicectomie, des progrès très manifestes ont été observés. Ils ont porté essentiellement sur la température et sur l'intensité des troubles subjectifs.
La température est revenue à la normale en peu de jours dès le retour de la malade à Leysin ; la toux a perdu rapidement le caractère quinteux qui rendait la vie pénible à la malade et à son entourage ; enfin l’état général se remonta notablement.
Lors d'un contrôle radioscopique pratiqué le 30 mai 1925, on put constater déjà une ascension notable de l’hémidiaphragme gauche jusqu’à la partie moyenne de l'ombre cardiaque, comme chez les malades précédents.
La malade quitte donc Leysin très nettement en voie d’amélioration.
Le 25 mars 1926, la malade envoie de ses nouvelles : Les médecins qu'elle a consultés disent que l'opération fut un succès et qu’elle en a beaucoup bénéficié. L'analyse de crachats qu’elle fit faire fut négative.