INDICATIONS HABITUELLES DE LA PHRÉNICECTOMIE
L'opération, telle qu'elle se pratique actuellement, se propose de réduire d’une façon permanente la fonction respiratoire du poumon malade. Elle cherche à favoriser ainsi la cicatrisation des lésions, tout particulièrement au niveau des régions pulmonaires où ses effets s'exercent au maximum, c’est-à-dire au niveau des bases.
Comme on l’a fait remarquer plusieurs fois, un poumon dont le: diaphragme est privé d’innervation ne pourra plus retrouver son fonctionnement normal. Le malade arrivera, peut-être, quelques temps après, à récupérer une certaine mobilité de l'hémithorax opéré en apprenant à pratiquer la respiration selon le type costal pur. Mais l'espoir de voir les opérés compenser par ce mécanisme, d’une façon parfaite, leur fonction respiratoire diminuée par la para-
lysie de l’hémi-diaphragme, semble illusoire.
Cette diminution n’entraîne pas, d'ailleurs, de conséquences graves. Sauerbruch cite le cas d'un jeune homme opéré des deux côtés pour spasme du diaphragme lors d’une atteinte de tétanos, et qui ne présenta aucun accident dans la suite. La question se présente sous un aspect tout différent chez les. animaux à respiration purement abdominale, où la section des phréniques amènerait Ia mort.
La phrénicectomie est donc une opération définitive ; une fois qu’elle est accomplie, il n’y a plus possibilité d’en annuler les effets, si les suites démontrent l’inopportunité de l'opération, comme on peut le faire après la création d’un pneumothorax. ;