‹ La valeur thérapeutique de la phrenicectomie dans les lésions tuberculeuses apicales à propagation basilaireChapitre 6 sur 25 · Conditions · texte numérisé non relu

Conditions

Le but à atteindre implique deux conditions :

La première c’est l’intégrité anatomique du poumon opposé, ou du moins, si celui-ci n’est pas entièréement sain, une évolution favorable ou une bonne stabilisation des lésions dont il peut être affecté.

Les auteurs sont cependant, moins absolus sur la nécessité de cette première condition que s’il s'agissait d’un pneumothorax ou d’une thoracoplastie, opérations qui nécessitent de la part du poumon symétrique une suractivité fonctionnelle beaucoup plus intense.

La deuxième condition semble plus importante : la majorité des auteurs considèrent que l’opération n'offre quelque chance de succès, que si le poumon traité montre une tendance spontanée très nette à la sclérose cicatricielle, ce dont témoignent l’aspect relativement fibreux des ombres radiologiques, un certain degré de rétraction thoracique du côté malade et des déplacements d'organes (cœur, médiastin, trachée, hemi-diaphragme). Il serait inutile en effet d'opérer dans un cas où les tissus n’ont aucune tendance à la réparation.

Nous serons amenés plus loin à considérer les facteurs qui interviennent pour hâter la guérison de la lésion tuberculeuse.

$S 3. Indications.

Les phtisiologues qui ont cherché à préciser l'emploi de l’exérèse du phrénique la considèrent, soit comme une opération préliminaire, c’est-à-dire qui doit être suivie tôt ou tard d’une intervention complémentaire ; soit comme une opération palliative, à laquelle on recourt en désespoir de cause lorsqu'il est impossible d’en tenter une autre ; soit enfin comme complément d’un premier traitement chirurgical. Depuis quelques années cependant elle a souvent pris rang à côté d’autres méthodes opératoires dirigées contre les affections du poumon, et l’on a eu recours à elle comme procédé efficace et suffisant en lui-même.

Reprenons ces différentes indications en les précisant.

a). Opération provisoire ou préliminaire.

Il arrive que le phtisiologue ait intérêt à se rendre compte de l’aptitude du poumon malade à se scléroser, et qu’à cet effet il cherche un traitement d’épreuve. Ce sera peut-être lorsqu'il est question de pratiquer une thoracoplastie ; car plus que le pneumothorax la

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on Éette n’a de valeur que si le poumon est capable d'’éla- >orer une bonne cicatrice fibreuse. Une phrénicectomie bien menée

indiquera donc à quel degré le tissu pulmonaire possède la faculté de réparer les dommages qu’il a subis.

MM. Perret, Piguet et Giraud font remarquer dans leur article,

que cet esssai fournit souvent au médecin un argument de grande valeur pour convaincre le malade de se laisser faire une plastie.

On donne ainsi la preuve que l’opération plus complète offrira d’heu-

reuses perspectives de guérison. « Dans certains cas, ajoutent ces auteurs, les résultats de cette première opération seule ont été si bons qu'on a pu s’en contenter et s'abstenir de la thoracoplastie. » Sauerbruch la préconise comme moyen « de tâter la susceptibilité de l’autre poumon avant une thoracoplastie ». S'il s’y trouve comme on doit souvent le constater trop tard, des lésions torpides passées

inaperçues jusqu'alors, elle pourront devenir plus manifestes et la grande plastie sera contre-indiquée de ce fait.

b). Opération palliative.

Dans la grande majorité des cas, la phrénicectomie n’est envisagée que lorsque le pneumothorax est irréalisable à cause de synéchies pleurales. Le pneumothorax est donc tenté le premier; sil échoue c'est alors qu'on peut envisager soit une thoracoplastie soit

une phrénicotomie.

Supposons d'autre part que l’on doive renoncer à la thoracoplastie pour des raisons diverses : que ce soit parce que le malade présente un état général trop mauvais pour résister au shock opératoire;

ou parce que les lésions du côté opposé, quasi guéries, justifient

encore un léger doute et font craindre une récidive au moment où ce poumon devra assumer à lui seul toute la fonction respiratoire ; ou encore parce que les lésions du côté malade sont trop diserètes pour exiger un traitement aussi aggressif ; ou enfin, parce que le malade ou ses proches s'opposent à une opération si redoutable et si mufilante ; en pareilles conjonctures la phrénicectomie, opération bénigne, peut être tentée faute d’autres moyens.

<). Opération complémentaire.

Quelques auteurs rapportent avoir usé de la phrénicectomie comme complément à un pneumothorax afin de renforcer l'effet d’un collapsus limité par de nombreuses brides ou adhérences. On mentionne aussi son emploi dans le but de diminuer le volume de l’hémithorax à la fin d’un traitement par les insufflations : « Quand le pneumothorax sera abandonné définitivement, dit Alexander, le poumon guéri, réduit par la fibrose, trouvera ainsi une cavité pleurale restreinte et d’une capacité guère plus grande que lui. »

Complèment aussi d'une thoracoplastie qui, malgré la bonne

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