‹ La valise noire (volume 2)Chapitre 6 sur 10 · MADAME DE LÉVALLE, ERNEST · texte numérisé non relu

MADAME DE LÉVALLE, ERNEST

Madame de Lévalle. — Ah! c'est toi, Ernest ?

Ernest. — Oui. Le colonel vient de te quitter?

Madame de Lèvalle. —A l'instant.

Ernest. — Eh bien?

Madame de Lévalle. — E!li bien! je suis tout à fait revenue sur son compte.

Ernest, vivement ei avec joie. — En vérité? Madame de Lévalle. — Oh! c'est un homme...

Ernest. — N'est-ce pas ?

Madame de Lévalle. —Un homme... très estimable...

ErINEST, désappointé. — Ah! tU trOUVCS?

Madame de Lévallk. — Il a Tair de connaître parfaitement sa profession.

Ernest, étonné. — Ah ça! mais de quoi avezvous donc parlé?

Madame de Lévalle — Mon Dieu ! il m'a lu la Gazette.

Ernest. — Le colonel? (Apart.) C'était bien la peine de lui ménager un tête-a-tête, (nam.) Mais, enfin, tu l'as prié de rester.

Madame de Lévalle. — Et il reste.

Ernest. — A la bonne heure, (a pan.) Il faudra bien qu'ils causent et qu'ils se fassent connaître l'un à l'autre. (Haut.) A propos, tu as écrit h notre tante, madame de Neuville?

Madame de Lévalle. — Quoi! tu sais?

Ernest. — J'ai vu la lettre tout à l'heure

entre les mains d'Etienne. Tu t'excuses sans doute de ne pouvoir recevoir M. de Massol?

Madame de Lévalle. — Au contraire.

Ernest. — Comment?

Madame de Lévalle. — Je permets à ma tante de l'amener.

Ernest. — Que dis-tu? Mais tu n'as pas réfléchi que c'était presque une promesse.

Madame de Lévalle. — Mon Dieu! je le sais.

Ernest, — Mais songe...

Madame de Lévalle, vivcmem. — Je songe que vous-même , mon frère , vous me donniez, il y a quelques jours, d'excellentes raisons pour recevoir M. de Massol.

Ernest. — Sans doute, mais depuis...

Madame de Lévalle. — Depuis, rien n'est changé. J'ai été persécutée par ma tante, par vous , par toute la famille, enfin , pour

ce mariage ; je veux en finir, et, puisqu'on

l'exige, je consens à tout.

Ernest. — Mais non.

Madame de Lévalle. — J'épouserai M. do Ma s sol.

Ernest. — Toi!

Madame de Lévalle, cmue. — Et si... je suis malheureuse...

Ernest. — Ma sœur!

Madame de Lévalle. — Ce sera votre faute !

Ernest. — A moi! Âh! par exemple,

Agathe ! . . . (Madame de Lévalle sort.)

iSCÊ^E XII.

ERNEST, seul.

Eh bien! que signifie?... — Ah! au diable les sœurs, les amis, les mariages ! Je ne sais pas pourquoi je m'obstine, moi, à vouloir les rendre heureux malgré eux. A-t-on ja-

mais vu pareil entêtement? Accepter M. de Massol; changer d'avis justement au moment... où j'en fais autant!... — C'est du dépit , je n*en puis douter. Mais comprend-on l'autre , qui lui lit la Gazette? Je les croyais plus forts dans le 4*^ hussards. Avec tout cela, M. de Massol va venir demain peut-être. Et je connais ma tante, c'est le Sosie de madame Renneterre ; deux heures après sou arrivée, le mariage sera conclu. Encore, si l'on pouvait la prévenir, trouver un moyen de forcer le colonel et Agathe à un rapprochement, à une déclaration. Mais il faudrait une occasion...

SCÈ.^E XIII.

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