‹ La valise noireChapitre 30 sur 52 · I. Les auteurs de V Histoire des Voyages le nomment Werner · texte numérisé non relu

I. Les auteurs de V Histoire des Voyages le nomment Werner

LSS PETITES ÔAnAÏBES lll

D'Éûambuc revint donc au Ifeu de son débarquement, où il commença la construction de deux fort», tandis que Waemard s'établissait avec ses gens sur la côte opposée.

Quelques mois s'écoulèrent dans cette activité joyeuse et fervente qu'excite toute entreprise à son commencement. Les sauvages, qui avaient fait aux nouveau- venus de grandes démonstrations d'amitié, suivaient leurs travaux avec une admiration curieuse, fréquentant surtout les Français, dont ils aimaient l'esprit mobile et la gaîté bruyante. Quelques-uns de ceux-ci, qui savaient la langue des Caraïbes, avaient d'ailleurs entrepris de les convertir à la foi catholique et ne négligeaient rien pour les attirer; non qu'il y eût chez ces apôtres de hasard une croyance bien profonde, mais la controverse théologique était une des maladies de l'époque. Elle avait gagné toutes les classes pendant les guerres de religion qui avaient agité la France, et il n'était point de compagnie de soudards, point d'équipage d'aventuriers qui n'eût son maître Scot plus ou moins expert dans l'explication

des textes, plus ou moins amoureux de propager les vraies doctriues de TÉglise. Grâce à eux, rétablissement français ne tarda pas à devenir une espèce de Sorbonne sauvage, où nos théologiens de tillac et les prêtres caraïbes exposaient tour à tour leurs croyances * .

1. Les relations de Champlein sont remplies de ces d<(bats religieux avec les sauvages et de prédications sur les points les plus subtils de la foi.

Selon les boyez^, l'auteur de toutes choses était Louquo. Descendu de ce monde qui se trouve au delà des nuages, et qui est devenu le pays des génies et des âmes, il commença par créer la terre sans eaux, sans fleurs et sans montagnes; touchant ensuite sa cuisse et son nombril, il en fit sortir les dix grands Caraïbes, qui, plus tard, sont devenus des dieux.

Le premier fut Nonun, (l'astre du soir), qui se

trouva si beau en naissant qu'il se montra avec orgueil à toute la terre ; mais Huoïou (le soleil) ayant paru peu après, Nontm alla se cacher de honte, et depuis ce temps il ne se montre plus que la nuit. Les autres grands Caraïbes étaient Achinaon, qui préside à la pluie et au vent ; Chirities^ devenu aujourd'hui une constellation servant à coTOpter les années ; Cov/roumon, le génie des vagues ; Savaçou^ le capitaine du tonnerre et des ouragans; Jovloum, Tarc-en-ciel, qui, à force de se nourrir de poissons, de lézards, de ramiers et de colibris, a pris les teintes variées que nous lui voyons; Racumon^ d'abord serpent à la tête d'homme et placé sur un arbre de cabatas dpnt il donnait les fruits aux passants, mais aujourd'hui changé en étoile ; Limacaniy la comète, dont ^apparitio^ annonce la colère des puissances supérieures, et enfla Coualina^ le chef des zéméervs ou bons génies, nés de^ premières femmes et de Louquo *.

Nous avons dit comment, ai» sortir des mains de

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