‹ La valise noireChapitre 33 sur 52 · Le père Datertre, vol. Il, p · texte numérisé non relu

Le père Datertre, vol. Il, p

2. « Comme ils ne savent point compter, lorsqu'ils conyiennent d'un rendez-vous pour une expédition de ^erre, ils mettent, un à un, un nombre égal de pois dans des calebasses et m tirent un chaque jour. » (Rogheport, p. 469.)

Ces circonstances étaient inquiétantes; cependant le capitaine français ne savait encore jusqu^à quel point elles pouvaient le concerner, lorsqu'une jeune fille caraïbe qui s'était montrée plus sensible que les autres aux instructions religieuses, et que Ton avait baptisée sous le nom de Barbe, demanda à lui parler. Elle l'avertit que les boyez avaient convoqué une assemblée de tous les Caraïbes de Saint-Christophe, et qu'après avoir fait circuler Vomcou^ l'un d'eux avait prononcé un long discours dans le lan-

gage réservé pour les grands conseils *. Il s'était étudié à y rappeler toutes les injustices commises à Saint-Christophe par les Espagnols, ajoutant que tous les hommes de mer ^ étaient les mêmes, et que les Français et les Anglais ne bâtissaient des forts que pour se rendre maîtres de l'île entière. Ils vous chasseront d'ici, s'était^-il écrié, puis de Tîle qui est la plus voisine, puis de l'autre, puis de l'autre encore, et quand ils auront tout pris, il faudra que le misérable Caraïbe aille habiter la mer avec les poissons 3. » Après ce discours, les vieilles femmes, qui s'étaient enivrées d'oi/icow, avaient commencé leurs chants lugubres, rappelant combien de leurs parents avaient déjà été frappés par le tonnerre des blancs et excitant les jeunes gens à la vengeance. Enfin, la guerre avait été résolue. On avait expédié des capitaines aux siutres îles, qui devaient envoyer leurs guerriers pour surprendre les blancs à la pleine lune prochaine, et les Caraïbes de Saint-Christophe

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