Le père Dutertre, vol. I, p
condition de recevoir quelques aliments que les missionnaires étaient obligés de prendre sur leur propre nourriture ou de dérober *. Aussi, pendant plusieurs mois, ne vécurent-ils que de pourpier sauvage cuit dans l'eau de mer.
Les vols étaient devenus si fréquents, qu'il fallut les punir du fouet, de la marque, et enfin de la peine de mort ; encore ne put-on les arrêter. On désespoir aveugle avait fini par s'emparer de la plupart de ces malheureux : on les voyait filer euxmêmes des cordes de coton pour se pendre aux arbres qui entouraient le fort.
M. de roiive, qui avait une habitation à Saint- Christophe, s'y rendit avec la promesse d'en rapporter des vivres et des semences; mais quelqu'un lui fit changer de projet pendant le voyage, et il revint comme il était parti.
De leur côté, les marchands de Dieppe, qui ne voyaient rien arriver de la colonie, refusaient de faire de nouvelles avances. Les colons ne reçurent