‹ La vallée aux loupsChapitre 15 sur 34 · XXXII H. DE LATOUCHE · texte numérisé non relu

XXXII H. DE LATOUCHE

Il a roarert l'asile où me riait la vie :

Ce manoir aa hameau, cet Aalnay, vert réduit»

Où, libre et jeune encor, mon choix m'avait conduit.

Humble séjour, payé du denier de l'artiste t

Là, l'infirme, au retour, rôva le ciel moins triste.

Chaque arbre me connaît, les murs me sont amis.

Les passages frayés; là, mes pas sont admis.

Bien qu'aveugles et sourds, sous le verger prospère

Que j'ai planté moi-môme^ à l'âge où l'on espère.

A moi le frais salut de l'aube qui se lève.

Et les derniers regards d'un soir pur qui s'achève.

Là, j'ai l'eau de la source, au village en renom,

Domptant, par intervalle, une fièvre sans nom.

Surtout, à mes côtés, voilà la sœur chérie.

Trésor de charité, poétique Égérie,

La fille du tribun, adoptée en mon cœur.

Par qui des maux cruels s'adoucit la rigueur.

Vivant dictame offert à ma détresse amèret

Je l'appelle tantôt mon enfanl et ma mère.

Près d'un lit résigné, c'est l'envoyé de Dieu,

C'est l'encens d'une fleur pour embaumer l'adieu.

A cette touchante et solennelle bénédiction, mademoiselle Flaugergues, penchée au chevet du moribond, répondait ainsi :

Que n'a-t-elle, à son gré, pour charmer tes douleurs. Les vertus d'un dictame et la grâce des fleurs! Pour adoucir un ciel que ta tristesse voile, Les suaves lueurs de la plus pure étoile!

Que n'a-t-elle la voix des sonores ruisseaux Versant à tes yeux clos la molie rêverie t Que n*a-t-elle au réveil, caressante Ëgérie, Des concerts à te dire au travers des roseaux!

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