H. DE LATOUCHE XXXIII
Elle n'est du palmier que la liane aimée. Qui l'embrasse, et s'élô\re, et fleurit avec lui; La source qui scintille, un moment transformée, Quand sur ses flots rêveurs un rayon d'or a lui.
Ce que cette intelligente, courageuse et modeste femme a souffert auprès de ce mourant si aimé, nul ne le saura jamais, car jamais une plainte ne sortira de son cœur, jamais un regard, jamais un soupir d'impatience ou de découragement ne firent pressentir au malade ou à ses amis Ténormité d'une tâche si rude pour un être si frêle. Mais je me trompe, et qu'elle se détrompe elle-même ! nous tous, qui avons connu et aimé le poëte navré, nous savons combien il a fallu de patience ingénieuse, de persévérance héroïque, de délicatesse d'esprit et de cœur à la fois pour endormir et calmer sans cesse les crises de ce mal physique et moral auquel rien ne pouvait l'empêcher de succomber. Qu'elle en soit bénie, la sainte fille, la digne fille de l'honnête et intrépide Flaugergues, la douce hermite d'Aulnay ! Aucun de nous ne perdra le souvenir delà reconnaissance qu'il lui doit. Tous les parents de M. de Latouche ont vu avec une douce satisfaction le modeste héritage du poëte passer entre ses mains; l'humble et charmante retraite d'Aulnay ne pouvait être légitimement occupée que par cette fille d'adoption qui l'avait à jamais sanctifiée. Je terminerai cet hommage par une indis-