LUMACHELLE
Kiméridgienne ; Barrémienne Couleur Blanche, bleue ou rose. Jamais blanche. Duretésre, Très variable. Toujours dure.
Constitution. Petites huîtres presque Débris de grandeshuîtres entières. et autres coquilles.
Les grès ferrugineux de l’albien s’exploitent comme pierre d'appareil à Montchenot au-dessus de Diges. Ils sont de tex-
Ÿ (1) Monéteau, Bull. Soc. Se. de Y., 1897.
(2) Mémoire sur les carrières de marbre de Bourgogne, 1758. (3) Etude sur les terrains de la rive gauche de l'Yonne, 1843.
ture grossière. Les grains de quartz y peuvent atteindre la dimension d’un pois. La surface ondulée des bancs très épais n'offre aucune transition avec le sable. Les fissures sont irrégulières. IL semble y avoir là un conglomérat formé par une pâte à consolidation brusque.
Le grès de Montchenot possède la cassure grenue que notre professeur, M. Cayeux (1), attribue d’ailleurs à tous les grès ferrugineux formés de minéraux enrobés dans la limonite, c’est-à-dire que la surface de rupture contourne les grains de quartz sans les trancher. On y trouve tous les degrés de dureté, depuis le grès jaune s’écrasant sous le pied jusqu’au bloc brun-noir pour pavé. La dureté semble proportionnelle à la richesse en ciment ferrugineux qui augmente en même temps la densité.
La mer albienne poussait un golfe jusqu’au Morvan. On en rencontre des témoins dans les cailloux roulés sur les plateaux et les pentes du jurassique et désignés du nom de « biziot ». Ils sont ramassés pour. servir de pavés et de pierre de blocage.
Les grès ferrugineux constituent un excellent empierrement pour les routes, la dureté du quartz et la densité de la limonite s’opposant à la production de poussière et de boue.
En se dirigeant vers l'Est, à Charbuy, on rencontre encore des gisements de nodules gréseux ferrugineux, en écailles, exploités en bancs isolés de 0 m. 20 à 0 m. 30 d’épaisseur. Leur peu de résistance aux gelées oblige d’enduire ces grès lacuneux.
Au thureau de Saint-Georges, les nodules sont isolés dans une grande masse de sables avec lesquels leur surface forme continuité. Leur faible importance ne permet guère de les exploiter. On les rassemble toutefois pour en construire des murs où leurs sections affleurant à nu affectent des figures bizarres. Leur densité est de 2,91 à 3,02 (M. David).
La craie murneuse du céhomanien est assez dure pour donner du moellon et même des pierres de taille sur le plateau de Pourrain. Sur la côte de Marnay, elle est silicifiée et fournit alors des veines de matériaux grisâtres très durs.
Les silex sont exploités sur les plateaux de Pourrain et de la Verrerie pour l’empierrement des routes.
Les pentes du crétacé inférieur sont aussi parfois encom-
(1) Les Grès du tertiaire parisien, 1906.
brées de silex roulants. De Montmercy au bois de Chaumois, l’albien comporte même des parties très graveleuses exploitées. Voulant opérer par comparaison avec les exploitations tertiaires du Gâtinais où le silex est plus abondant dans le sous-sol qu’à la surface, on eut parfois l’idée d’ouvrir des carrières, mais vainement : les silex du crétacé inférieur ne sont qu’un résidu superficiel.
III. SABLES. — La terre d’arène est constituée par des fragments calcaires anguleux assez réguliers de un centimètre cube en moyenne, juxtaposés avec ou sans ciment argileux. On les trouve de préférence sur les pentes et dans la convexité des vallées. Elles présentent constamment un tuf calcaire de 0 m. 10 à 0 m. 20 sous la terre végétale décalcifiée. Elle se distingue des éboulis par son lieu de dépôt (côté convexe), par son calibrage, par sa stratification. Elle se distingue des grèves alluviales
1° Par sa situation plus élevée;
2° Par son mode de dépôt et l’absence des gros galets;
3° Par la présence d’ossements non contemporains (Belgrand) ;
4° Par la forme plate et anguleuse de ses éléments;
5° Par leur régularité;
6° Par l’enrobage d’argile;
7° Par la dureté moins grande des éléments toujours calcaires (1).
On en distingue trois catégories :
1° L’arène maigre qui remplace les sables à mortiers dans les régions calcaires éloignées des vallées alluviales (Coulangeron) ;
2° L’arène grasse, c’est-à-dire argileuse, servant à l’agrégation des routes, quais de gare, aires de grange, etc.;
3° L’arène consolidée formant une « brèche » tendre. Nous n’en avons pas observé dans les carrières situées à la base du portlandien.
Les carrières d’arène de Pesteau présentent sur deux mètres la succession suivante :
Terre végétale avec éboulis poritlandiens; Tuf calcaire;
(1) Pour plus de détails, voir : P. Larue, Arène bourguignonne et grouine lorraine. A. f. a. s. Lille, 1909.