‹ La Vallée de Beaulche Propositions Données par la FacultéChapitre 20 sur 39 · LES OCRES · texte numérisé non relu

LES OCRES

Dans l'Yonne si le terrain:

En or est médiocre A Toucy, Diges et Pourrain On extrait de l'ocre (1).

Etude géologique. — Argile ferrugineuse traçante, l’ocre

n'est qu'un accident sur les sables albiens à la base de la craie marneuse, Cette intercalation ne se produit que sous les promontoires les plus méridionaux du cénomanien (Fig. 7).

(1) Jules Jouy, Chanson des ocriers, La Vigne, 1891.

Zagorowski (1) y voit un dépôt formé au bord de la mer cénomanienne dans les anses des dunes albiennes. Cette explication ne laisse pas assez de place à l’activisme; de plus elle ne permettrait pas d’expliquer l’extrême ténuité des ocres.

Elles proviennent plus vraisemblablement de la circulation per ascensum d'eaux thermales dans les sables ferrugineux et arrêtées tout au moins dans leur action chimique par les marnes de Brienne. En effet, les sables sous-jacents sont décolorés et les eaux renfermant le fer à l’état colloïdal ont pu le déposer en flocons extrêmement légers. L’ocre serait donc simplement une marne dans laquelle le fer se serait substitué au calcaire. Les eaux thermales pouvaient, en outre, être siliceuses comme nous l’avons vu au Marnay.

Ces hypothèses peuvent être corroborées par ce fait que les gisements d’ocre ne subsistent que sur des promontoires assez rapprochés de ceux du portlandien et dirigés suivant les failles N.-S. Les eaux auraient eu ainsi des voies plus faciles. :

En 1839, M. Arrault présentait à la Société géologique de France la première description que nous connaissions du gisement. Nous l’interprétons ainsi :

1 m. argile grise mélangée de galets calcaires et de gravierssiliceux ; 1 m. argile foncée mélangée de calcaire ; 1 m. argile noire onclueuse ; 1 m. argile noir foncé liante avec gypse ou calcaire ; 1 m. argile jaune pâle pure, assez liante, dont O0 m. 50 à 2 m. ocre la teinte s’affaiblit par dessication ; 050 argile jaune foncé (ocrefine), moins liante; 0 m. 05 couche compacte de « caillou » ou « gruain », composé de fer oxydé hydraté (limonite) en petits grains très serrés, liés entre eux par un ciment d’argile et présentant une couleur jaune brun ; 0 m. 05 couche de « mâchefer » ou « rocher », limonite concrétionnée avec géodes remplies de peroxyde pulvérulent.

En 1858, Raulin complétait cette description par celle de l'accident de Pourrain où il y a une flexure vers l’intérieur de la colline. Il l’attribue à un effondrement des sables, effon-

-drement qui pourrait bien jalonner un de ces courants sou-

(4) Congrès scientifique d'Auxerre, 1858, tome I, p. 440.

terrains du portlandien que nous avons déjà signalés. La flexure aurait 27 mètres de dénivellation et plongerait vers l'Ouest 10° Sud. Elle pourrait chevaucher les lèvres d’une faille qui se serait produite après le dépôt du cénomanien. De deux puits creusés à la même profondeur dans son voisinage, l’un manque d’eau.

L’ocre atteignait une puissance de 2 m. 60 à 3 m. 30 à Pourrain. En s’avançant vers le Nord-Est, on trouve de nombreux trous abandonnés. Au-dessus du Vergeot, un vaste entonnoir atteignait la profondeur de 27 mètres au milieu du siècle dernier. L’ocre y était moins fine qu’à la Chapelle.

Les gisements de Pourrain furent d’ailleurs tous abandonnés devant la supériorité des ocres de Sauilly (Diges). Tout le coteau de la Verrerie était entouré près du sommet d’une ceinture d’exploitations. Celles de la partie orientale n’ont jamais fourni que des ocres sablonneuses de couleur moins vive que celles de la partie occidentale regardant Sauilly. Dès 1858, les fosses du Bois Saint-Laurent figurées sur la carte de Leymerie et Raulin étaient abandonnées. Voici la coupe type de la Verrerie d’après Zagorowski :

0 m. 30 terre végétale

4 m. marne Donnant

2 m. argile bleuâtre PROS

1 m. terre jaunâtre crue cuite

0 m. 30 à { m. 50 ocre... 1re couche, claire 5m60 J.C.( R.C. — — 2e — foncée 0m15 J.F. R.dePrusse n° 2 — — 3° — plus foncée Om15 J.K.F, — n°4

Les nuances passent insensiblement de l’une à l’autre.

Entre les côtes de la Verrerie et de Pourrain, se trouve la butte de Montchenot qui atteint la même altitude que Pourrain. La craie cénomanienne n’y existe pas, mais nous y avons rencontré un petit gisement d’ocre exploité par M. Lesouple. Il y auraït donc là une butte témoin qui se limiterait à un lambeau des marnes de Brienne superposé aux sables albiens.

Industrie. — Voici la description de la mine de la Verrerie :

« On trouve à la surface un vaste hangar dans lequel est installée une machine à vapeur de la force de 7 à 8 chevaux. Elle suffit à donner la force nécessaire pour actionner le treuil et le

(1) En ocrerie, les lettres ont les significations suivantes J — jaune, R — rouge, L = lavé, C — commun, F — fin, TF — très fin, S — surfn,

ventilateur destiné à renouveler l'air dans les galeries. À peu de distance de la machine, s'ouvre de puits qui est surmonté d'un treuil .

« Le puits se compose de trois compartiments sensiblement égaux; les deux premiers pour da descente et la montée des bennes; le troisième, muni d'échelles fixes avec des paliers tous les dix mètres, sert aux ouvriers. Au bas du puits, on aboutit à la galerie principale, sur laquelle viennent se brancher les galeries secondaires, dites galeries de tête, et sur celles-ci des galeries terminales dites de décrochage (1). »

Les galeries sont boisées et pourvues de rails.

L'abatage a lieu au pic et on trie immédiatement ce qui est atilisable.

La couche supérieure appelée commun par les ouvriers ne contient que 7 à 10 0/0 d'oxyde de fer. C'est le minimum nécessaire pour obtenir un produit commercial.

La seconde couche, appelée belle ou jaune fin, est plus foncée.

La dernière, le gruain, encore plus riche, contient malheureusement du minerai de fer en grains, ,

Ces mines renferment un peu d’acide carbonique provenant de la fermentation des bois des galeries.

Les pompes d’épuisement sont inutiles; quand on est gêné par l'eau des nombreux suintements, on perce simplement le grès ferrugineux grossier de la base et l’eau pénètre dans les sables albiens.

Les ocres «extraites sont étalées, quand il fait beau, en couches d'un décimètre au maximum sur une aire de terre jaume battue. Elles y subissent un premier séchage de quelques jours. On les met ensuite en dépôt sous des abris très bas caractéristiques de la région.

Il n’existe qu’une usine dans notre bassin, celle de Varennes. La fabrication ne comprend que des traïtemients physiques : lavage, séchage, broyage, blutage accompagnés de cuisson pour l’ocre rouge, car, dit le chansonnier, « l’ocre, c’est comme le homard, quand c'est cuit, c’est rouge » ! Nous prendrons comme type la fabrication de cette dernière.

On commence par tremper l’ocre jaune pour la mettre en pains, sortes de grosses briques façonnées à la main. Après séchage, on les enfourne dans une chambre en briques réfractaires de Parly.

Le foyer inférieur reçoit des fagots. On chauffe d’abord lentement pour éviter le fendillement de l'argile par retrait brusque, puis la surface des pains doit être saisie, c'est-à-dire durcie rapidement pour que la pâte intérieure cuise sans se dessécher trop. Aussi la flamme du bois produit de meilleurs résultats que des gaz chauds du charbon. La cuisson dure 36 heures. Elle transforme la limonite en sesquioxyde anhydre (Fe? O3) rouge.

(1) Thiennaud, L’Industrie de l’ocre dans l’Yonne. Thèse de doctorat en droit, 1908.

Après refroidissement, on défourne et concasse les briques tendres. Les fragments, pugilaires, sont mouillés pour faciliter le broyage, opération qui s'effectue sous des meules verticales courant sur un gîte à la facon des tordoirs d'huilerie, On cherche autant à aplatir le grain qu'à l’écraser. En effet, la peinture n’est vive et recouvrante que si les particules s’imbriquent comme les tuiles d'un toit.

La matière broyée est élevée par une chaîne à godets et déversée dans des blutoirs prismatiques. On recueille ainsi les fleurs, ocres ordinaires pour badigeons.

L'ocre fine provient de lavage. Délayée dans un euvier, la matière en suspension va se décanter dans de longs bassins où l’on maintient toujours un léger courant en surface, afin de faciliter par lévigation le classement suivant la finesse, La boue d'éléments impalpables ainsi constituée est briochée, c'est-à-dire mise en pâtons à la main et portée au séchoir à l'air libre. Cette opération peut être hâtée à l’étuve et dans des filtres-presses. Il ne reste plus qu’à broyer et bluter.

Le rendement en ocre est de un tiers des terres extraites.

Les produits. — La plus ancienne analyse d’ocre de Pourrain que nous possédions est de Mérat-Guillot (1804) :

Silice’ Alumine Chaux Fer oxydé 0/0 65.34 9.03 5.05 20.53 — 100

Réunissant des analyses de Berthier (2) et de Gin (3), nous avons dressé le tableau suivant : Fa

Origine des Ocres Oxydedefer Silice Alumine Chaux Divers et Pertes Auteurs Fe203 SiO2 AI203 CaO 0/0 Pourrain brute. .:. 20.58 65.34 9.03 5.05 1 Clouët. en DA are 80 » 7.6 Berthier.

— foncée 122222:5 67.5 » 10 Id.

En RO) tes age 2X) 632410 6 MgO 1 . Zagorowski ; (ŒHydraté) Sauilly 1reet2° couche. ‘30 46 16 3 3 2 Id.

— 8° couche. : ." 67 sil » MnO? 2 : Id.

; Fe203 :

Toncy (Verrerie?) "17,40 5842145952 0:2226 Gin. Comptoir de Bourgogne. . . . 13 51 25 1 LOT

Minium de fer du commerce. . . 25490 [16] [8] [0.6] [5.6] Divers.

(1) Journal des Mines, 1804, p. 398. Extrait du Bull. des Arts.

(2) Annales des Mines, 1823, p. 356 à 370. Renferment aussi en 1819 et 1822 des Analyses de nobules carbonaiés dn niveau de l’ocre.

(3) Des Ocres. A. f. a. $, Caen, 1894, p. 512.

(4) Cette analyse nous semble la même que celle ue si Gin attribue à Clouët.

Le MR hi

Ces chiffres ne sont donnés, bien entendu, qu’à titre d’indication. On distingue commercialement vingt-deux variétés d’ocres.

APPENDICE. — Voies de communications. — Routes. — Ayant traité de leur empierrement, nous ne parlerons des nombreux chemins vicinaux de notre bassin qu’au point de vue topographique. Leur réseau est d’une grande complication. Le seul but a été de réunir les habitations en utilisant les anciens chemins pour éviter des frais d'acquisition. Plus tard on a allongé des courbes pour diminuer la pente lorsqu'elle dépassait 10 p. 100.

Il n'existe aucune route suivant la vallée sur plus de deux kilomètres. Or un chemin de grande communication de Diges à Monéteau rendrait les plus grands services. Essayons de faire ce trajet actuellement (Planche à la fin du volume). Nous emprunterons d’abord la rive gauche, plus plate, de la halte d’Escamps (Moulinards) jusqu’à Servan. On monte dans Montifault pour redescendre sur Beaulche et on arrive à plat jusqu’à la Villotte. Ici on a trouvé le moyen d'établir un petit raidillon complété par deux tournants à angle droit cachés par un mur. Après ce passage dangereux, on continue en pente douce jusqu’au tournant de Villefargeau où l’on doit traverser la vallée pour ascensionner à la route de Saint-Georges. Cette fois, on descend en pente douce jusqu’au Pont-de-Pierre avec deux tournants cachés sur la route nationale. Encore un kilomètre dans les alluvions anciennes et on descend à Sommeville dans une tranchée dangereuse qui vient d’être élargie.

Cette absence de commodité, dans le sens topographique le plus naturel, provient de ce que les constructeurs des grandes routes, depuis César jusqu’à Napoléon, étaient hypnotisés par l’idée de réunir les villes par des lignes droites. Or, Auxerre appelle la plus grande partie du trafic. Vers l'Ouest, rayonnent donc toutes les grandes routes traversant notre vallée.

Au Nord, la route nationale de Paris la recoupe légèrement de biais, du plateau des Chesnez au bois du Chaumois, sur le grand Pont-de-Pierre (en bois jusqu’au xvirr° siècle), suivant le tracé d’une voie romaine

Au Nord-Ouest, la route d'Auxerre à Aïllant semble rechercher les lignes de plus grande pente pour franchir le ru de Beaulche, le ru de Vert et les buttes témoins d’alluvions anciennes de Charbuy.

Au Sud-Ouest, la route nationale n° 65, construite vers 1830, se dirige en ligne droite vers Toucy. Ce n’est qu’une série ininterrompue de montées et de descentes de quelques centaines de mètres. On franchit tour à tour les nombreuses petites vallées des sables verts en restant au milieu des bois. La route nationale semble avoir pris autant de soin d'éviter les villages que les chemins ruraux en prennent à y conduire au mépris des lois de la gravité ! Déviée d’un kilomètre vers l'Ouest par la Villotte, parallèlement à la voie ferrée actuelle, elle eût eu des pentes insensibles et le service de plusieurs hameaux.

Plus méridionale, la route d'Auxerre à Leugny représente une ligne irrégulièrement courbe dans les trois dimensions de l’espace. Fort heureusement, elle a été « rectifiée », c’està-dire « courbée » encore sur plusieurs points, afin d'éviter certaines rampes. La voie romaine d'Auxerre à Ouanne qu'elle suit à peu près jusqu'à Escamps avait, au moins, le mérite de la ligne droite.

Pour éviter les glissements latéraux en corniche sur le kiméridien comme à Pesteau, le mieux serait de suivre autant que possible le fond des vallées jusqu’au bout et de monter alors de front dans le portlandien. On atténuerait la transition en y pratiquant une tranchée qui pourrait rester à parois verticales. Un remblai formé de moellons calcaires, restant sain et stable, atténuerait la pente servant de transition.

Si leur tracé semble peu rationnel, l’entretien des routes est soigné. Pour les routes nationales, on a même remplacé les arkoses rhétiennes irrégulières conime dureté par les porphyres pétrosiliceux carbonifères de la Collancelle ou de la Chaise qui arrivent par le canal du Nivernais aux ports de l'Yonne (P. s. 2,6. Résistance à l’écrasement 2.200 kilogrammes par centimètre carré).

À partir de Saint-Thibault, la route de Toucy reçoit des silex provenant surtout des argiles à silex éocènes qui couronnent les plateaux à l’ouest de la Verrerie.

Au point de vue statistique, à l’heure actuelle, le bassin de la Beaulche est sillonné par 250 kilomètres de routes, soit 1 kilomètre 4 par kilomètre carré. Autrement dit, tout carré de un kilomètre de côté serait desservi par une route de la longueur de sa diagonale.

Chemin de fer. — Une seule ligne traverse la vallée de

Beaulche, celle d'Auxerre à Gien, qui la prend en écharpe de Cassoir aux Brandons (1). Son embranchement normal devrait être à Monéteau. L’attraction d'Auxerre lui a fait franchir la crête au col de Cassoir (Fig. 12).

Du confluent d’Irly à Toucy-Moulins, le tracé aurait pu être avantageusement modifié. Au lieu de monter en corniche dans les sables mouillés du barrémien et les argiles aptiennes de Diges, loin d’ailleurs de tout centre, le tracé suivant paraît préférable

Suivre le pied de la côte, de Fontaine-Madame à Maulny, sol très solide dans le portlandien, où l’on emprunte pour le remblai nécessaire à la traversée du ru d’'Escamps à Irly. Remonter le ru de Terves toujours dans le portlandien, puis, par Riot ou Varennes, monter à Volvent ou aux Courris dans le calcaire à spatangues. Traverser sur les sables (et non en corniche) le bois des Brandons avec une station à un kilomètre au-dessus de Leugny (et non 3 kilomètres comme la halte actuelle). Descendre en rampe douce à Moulins dans les argiles à lumachelles soutenues par le portlandien.

Escamps, Leugny, Ouanne et Moulins eussent profité de ce tracé. Pourrain, seul, se serait trouvé délaissé. Une gare, Sauilly-Moulins, éloignée d’un kilomètre seulement de la gare actuelle et à un niveau inférieur, ne constituerait pas une gêne pour l’industrie des ocres.

Un autre avantage de ce tracé eût été une énorme économie dans la construction et l'entretien de la voie à peine fixée après 25 ans. Bien que comprenant primitivement 3 de base pour 2 de hauteur, les talus des tranchées ont dû être drainés, plantés, perreyés et clayonnés. En remblai, on a dû renoncer à employer les argiles aptiennes et les sables argileux du barrémien. Il eût été plus économique de transgresser pour une fois la loi « remblai — déblai » que de faire des millions de travaux de réfection sur une vingtaine de kilomètres (2). Il a fallu entasser les déblais à Chevannes et faire des emprunts dans le portlandien.

Il semble que les auteurs du tracé ont été hypnotisés par le trafic que devaient procurer les ocres de Pourrain et de Sauilly. Or, malgré leurs efforts, ils sont passés encore assez loin des gisements et des ocreries. Aujourd’hui encore, on conduit l’ocre brute en tombereau à Auxerre.

(1) Une voie d'intérêt local doit prochainement relier Charbuy et Perrigny avec Auxerre.

(2) Lethier et Jozan, Annales des Ponts et Chaussées, 1888.

La halte de Sauilly, pour laquelle ces millions ont été dépensés et qui a reçu des voies spéciales de garage, n’a expédié en 1908 que 4.092 tonnes de marchandises, soit un peu plus de 10.000 kilogrammes par jour. Elle en reçoit le quart.

A Diges-Pourrain, le trafic n’est que de 1.356 tonnes. Chevannes-Villefargeau n’expédie que 784 tonnes par an et n’en reçoit que la moitié. D’après l’album statistique des travaux publics (1900), la section Auxerre-Toucy a une densité de 3» tonnes kilométriques seulement, ce qui laisse un déficit pour l'exploitation.

GHARBLORE VI AGROLOGIE

Avant d'analyser les propriétés des sols de notre vallée, il est bon de donner leurs caractères généraux et de s’entendre sur les définitions (1). Nous abandonnerons en partie le langage géologique pour adopter la nomenclature agricole, où les mêmes mots désignent parfois des choses différentes.

Ainsi la marne géologique est une argile plus ou moins calcaire et sableuse, toujours très imperméable, comme les marnes ostréennes de l’hauterivien et les marnes à plicatules de l’aptien. La géologie se rapproche de l’agronomie dans le kiméridien dont les argiles très calcaires portent le nom de marne dans les deux nomenclatures.

Maïs la vraie marne agricole est le calcaire tendre, légèrement marneux (au sens géologique) du crétacé moyen et supérieur (craie) et même du portlandien délitable à l’air.

De même le sous-sol géologique est la couche en place non délitée qui se trouve sous les éboulis et les matériaux de la surface à une profondeur pouvant varier de zéro à plusieurs mètres. Il ne se confond guère avec le sous-sol agricole que dans les terres arables peu profondes du portlandien,

Partout ailleurs, le sous-sol envisagé dans les investigations agricoles comprend la couche inférieure aux labours profonds (0 m. 20) et où ne pénètrent guère que les racines pivotantes. M. Magnien donne au sol agricole une profondeur de 0 m. 15 à 0 m. 20 et au sol viticole une profondeur de 0 m. 25 à O0 m. 30 (2). La science agronomique est loin d’être unifiée.

(1) Le terme de pédologie, consacré à l'étude des sols, n'ayant pas encore droit de cité, nous avons conservé l'expression trop compréhensive d’agrologie, étude du champ.

(2) Note sur l’établissement de cartes agronomiques communales. Congrès Soc, sav. Scineces, 1904, p. 166 à 171.

SC. nat. 8

I. DÉSIGNATIONS LOCALES. — La nomenclature agricole est simple, elle ne comporte guère que quatre expressions que l’on peut combiner :

Argile, calcaire, sable, humus.

La statistique de 1836 donnait quelques termes intermédiaires qui nous ont permis de dresser pour la vallée de Beaulche, le tableau suivant :

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