‹ La Vallée de Beaulche Propositions Données par la FacultéChapitre 27 sur 39 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

Répartition des cultures à Escamps. 1823 1852 1885 1907

CÉRRN s s « à. e 1140 990 843 790 ÉORInCUMAAnENtAIreS Re ES Ne). 32 6 2 Cultures maraîchères et potagères . 7 9 12 145 (pommes de terre) Cultures industrielles (chanvre et colza) . . 10 15 6 3 (colza) Prairies artific. et plantes racines... 314 567 S20 715 I AUOTE LES te, EUR 110413185410 5197 NASDES RER RNA AN Eee ES 103 108 150 85 Total des terres cultivées. . . . 1735 1852 1962 1867 Jachère PRE RER 238 211 121 100 FAUSSES ee 120=12041108190 Imcuite LCHEMINSEMR METTRE 119 20 10 65 Superficie agrandie ee lors du partage d’un ÉOAUSE Sn Pnral se Lee rose 2203 2203 2203 2222 bois sur les limites.

Facteurs constants, bois et prairies naturelles occupent les mêmes emplacements depuis un siècle, les premiers sur les sommets pierreux du portlandien ou les terrasses humides des sables, les secondes dans les alluvions.

Par contre, la superficie des cultures industrielles et des céréales n’a cessé de baisser au profit de celle des betteraves fourragères et des prairies artificielles (luzernes et sainfoiïn) qui a doublé, ce qui corespond à une production triple au moins.

Bien que la surface consacrée aux céréales ait diminué d’un tiers, la production à l’hectare a augmenté de moitié, ce qui ne change rien à la provision alimentaire.

Lorsque la reconstitution du vignoble sera achevée, on disposera de plus de vin qu’au siècle dernier.

Mais le plus grand progrès est dû à l’emblavure en plantes sarclées de l’année de jachère : 130 hectares de plus sont ainsi livrés à la pomme de terre et à la betterave fourragère à Escamps.

ASSOLEMENT. — L’alternance des cultures est nécessaire pour permettre l’utilisation de tous les éléments actifs du sol et maintenir sa fertilité. En sols argileux, la saison des semailles se passe parfois avant que les pluies aient laissé le temps de tout emblaver; le cours des produits divers de l’agriculture influe en outre sur l’assolement. Ainsi la super-

ficie des blés a baissé vers la fin du siècle dernier en même temps que le cours des céréales.

Au contraire, l'extension de l’élevage à provoqué la création hors sole de nombreuses prairies artificielles (Fig. 35). Voici un type d’assolement suivi en grande culture

Première année : Blé avec superphosphate;

Deuxième année : Avoine et un peu d'orge;

Troisième année : Jachère labourée et fumée recevant un tiers betteraves et un tiers pommes de terre ou légumes.

Quatrième année : Blé recevant au printemps graine de légumineuse;

Cinquième à onzième année : luzerne ou reprise de l’assolement.

Douzième année : Avoine.

Cet assolement est dérivé de l’assolement triennal (blé, avoine, jachère) perfectionné par la culture des plantes-ra-

Grande culture. ” Culture maraîchère.

Fig. 35. — TYPES DE ROTATION DES CULTURES.

cines dans la sole de jachère et l’utilisation des résidus de la prairie artificielle pour le semis de l’avoine qui ne craint pas la verse

A Pourrain et Charbuy, dans les sables de Puisaye permettant la culture maraîchère, on pratique en deux années la succession rapide : seigle, trèfle incarnat et pommes de terre. Nous avons vu plus haut qu’il était avantageux que ces sables fussent toujours emblavés. Une partie hors sole reçoit des asperges.

Dans une expérience faite en collaboration avec M. Philippon dans une terre forte du barrémien à Perrigny (Fig. 36), nous avons pu nous rendre compte qu’un blé sur jachère

nue, labourée, rendait en gerbes 24 0/0 en plus que sur avoine. Tant à cause des aléas que de la régularité des travaux pour Jes attelages, la suppression complète de la jachère précédant le blé n’est pas recommandable dans les terres ar-

Fig. 36. — LA MOISSON D'UN CHAMP D'EXPÉRIENCES A PERRIGNY (RIVE GAUCHE).

En arrière, bois de Mo:tboulon. — (Photo Barrault. Galv. Comité Nitrate du Chili.) L

gileuses. En pratiquant à temps perdu le « scindere » et le « rescindere » des Romains, on met la terre « en amour », prête à porter de fortes moissons.

Labours. — L’imperméabilité générale des sols avait conduit au labour en billons. La généralisation des faucheuses les a fait remplacer par des planches de deux mètres de largeur sauf dans les prairies saines ou draïnées où le labour peut être fait en grandes planches ou même à plat, grâce au brabant double. |

La charrue la plus employée est en bois et fer avec avanttrain. |

I. ForËÊrts. —— Les forêts de la vallée de Beaulche appartenant toutes à des particuliers, il est difficile d’être fixé sur leur rendement. Elles occupent 22 p. 100 de la surface totale. C’est un chiffre très proche de celui admis pour les grès verts (21,6 p. 100); nous y comprenons les bruyères.

Les fonds forestiers de notre vallée se divisent en trois catégories : calcaire, argileux et sableux.

Le calcaire portlandien ne porte que quelques maigres bois où les chênes de futaie ont peine à atteindre quatre mètres de fût ! Le chêne y est mélangé de charme, érable, fruitiers à noyau et hêtre. À

Les marnes de Brienne portent quelques bois lorsque leur sol fertile est trop humide pour le labour. On y rencontre une végétation exubérante d’aulnes, frênes, ormes, chénes, viornes, etc...

Les argiles aptiennes et à lumachelles sont au contraire trop compactes pour favoriser la croissance. (Lorsque les forêts des sables verts débordent sur leur affleurement comme sur les pentes de Diges, des Chesnez, des Renards (Villefargeau), les arbres de futaie deviennent rares, les essences sont moins longévives et se couronnent de bonne heure. Tel est le cas de l’acacia qu’on y plante pour garnir les vides.

Sur les 3.400 hectares de bois, 2.500 au moins sont sur des fonds sableux. Les sables barrémiens bigarrés sont ordinairement habités et ne comportent que quelques centaines d'hectares, commie le bois des Brandons.

Dans la zone des sables albiens (plus de 2.000 hect.) l’irrégu-

larité de la végétation est grande. Elle dépend de la nature plus ou moins graveleuse et de l'épaisseur du fond sableux reposant sur l'argile. En général, les bas-fonds assainis par des fossés sont les meilleurs pour la futaie, Certaines taches de bruyère atteignent un hectare. La bruyère rétrograde. On ne trouverait plus aujourd’hui d’adjudication portant comme au quinzième siècle (1) : « En baïl à trois vies au plus offrant. de quatre arpents de terre en désert, bois et buissons... dépendant de la cure de Perrigny, à la charge de les mettre en nature de labour et de pré durant les six premières années. »!

Le défrichement des mauvaises places a été poursuivi activement au cours du xix° siècle. N’en déplaise aux apôtres modernes du reboisement, nous estimons que le défrichement de certains taillis apporte à l’humanité une source de profits plus grande que quelques souches tous les vingt ans (Cf. fig. 41 et 49). Les labours et les prairies recueillent les eaux pluviales et arrêtent ainsi le ruissellement.

Le mode général d'exploitation des bois est le taillis sous futaie. Les coupes sont vendues tous les 16 à 20 ans. Il ne semble pas y avoir intérêt à dépasser la période de vingt ans si l’on veut entretenir le chêne et récolter vives les essences tendres mélangées. |

(1) Soc. Sc, Yonne, 1900.

Pour fixer les idées, nous allons donner l'estimation en matière à l’hectare pour quelques bois, d’après M. Larue père :

Page 1