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CHAPITRE III MÉTÉCROLOGIE

L'action du soleil sur le sol et sur l'air, l'humidité de celuici, la pression atmosphérique, les vents, les condensations, les orages, les observations phénologiques choisies dans le règne animal, et surtout dans le règne végétal, seront envisagés successivement dans ce chapitre, et le tout conduira aux applications multiples à l’hydrologie et à l’agriculture.

La plupart de nos documents sont issus des Bulletins que la Commission météorologique de l’Yonne publie depuis 1874.

Malheureusement, on ne peut guère trouver de continuité absolue que dans l’étude des pluies et de la température, et encore pour quelques localités seulement comme Auxerre.

La vallée de la Beaulche n’a jamais possédé aucune station, sauf celle de Pourrain vers 1875. Les stations d'Auxerre ont été situées à des altitudes de 115 à 150 mètres, séparées seulement de Beaulche par un plateau dénudé d’un kilomètre environ.

La station d’Appoigny en plaine nous donnera quelques chiffres pour le bassin inférieur. Aïllant et Toucy subissent sensiblement les mêmes influences que Charbuy et Diges cette région est limitrophe des PIERRE, secs de l’Auxerrois et de l’humide Puisaye.

a) INSOLATION ET ÉCHAUFFEMENT DU SOL. — Pour Auxerre, la durée de l’insolation a été établie en 1896 et a conduit aux chiffres suivants exprimés en heures :

Insolalion Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept. Oct, Nov. Déc. Année

Normale. 33.1 96.3 133.6 158.5 211.7 211.4 213.8 207 156.7 94.5 58.6 17.1 1594 h. Théorique 271 284 366 408 468 476 480 439 375 333 279 259 4440.

7 D Rapport. 0.18 0.41 0.45 0.31 0.35 Hiver NES Eté Automne

Sur 4.440 heures pendant lesquelles le soleil est au-dessus de lPhorizon, il ne brille donc que pendant 1.594 heures, soit 35 0/0. En décembre 1903, il n’a même manifesté son éclat que pendant 14 heures au total.

En revanche, en octobre 1908, nous avons eu une revanche : 150 heures au lieu de 58,6 que donne la normale, soit une

1e — 0,54 dépassant même la

fraction d’insolation de 975 |

moyenne de l'été !

Dans l’ensemble, les mois de mai, juin et juillet sont les plus ensoleillés et à peu près également : fraction d’insolation 0,45 environ. Le mois de janvier l’est le moins.

L'échauffement du sol dépend de la durée de l’insolation. Les différences se font sur- s” tout sentir dans les vallées g éa orientées Nord-Sud et en- É ; caissées. C’est le cas des vallées d’Escamps et de Crolle. Le flanc exposé au Nord-Est est le plus boisé parce que plus ombragé.

Dans les vallées orientées ne .

de l'Est à l'Ouest, une autre Pa Pr influence agit : la différence d'obliquité des rayons solaires par rapport à la surface du sol. C’est le ‘cas des vallées subséquentes et en particulier de celle du ru de Varennes.

La pente du versant Sud (au nord de Chasseigne) est de

86 m. x Û *4 97° 2 00 D 0 m. 043 par mètre, soit 202743” = AOY = à (fig. 14.) 145 m.

Celle du versant Nord (de Pourrain) est de om — 0 m. 048 par mètre, soit 2°4453” — BOx — . :

Fig. 14. — ÉCHAUFFEMENT DES VER- SANTS D’UNE VALLÉE EST-OUEST.

Si nous supposons que les rayons solaires à midi font un angle SOx — s avec l'horizon, l’échauffement du versant OA exposé au Sud sera proportionnel à sin SOA’=sin {s + %) l'échauffement du versant OB exposé au Nord sera proportionnel à sin SOB = sin {s — f),

Or, le maximum de la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon à midi au solstice d’été est égal à la somme du complément de la latitude et de l’inclinaison de l'équateur sur l'orbite terrestre, soit 90° — 47°48 + 23°27° — 65°40.

Si l’on ajoute ou retranche les petits angles correspondant aux pentes de la vallée, on obtient pour les deux versants le rapport r suivant des chaleurs reçues :

__sin(s + a) Sin (65040 2027°43”) TT sin {s — B) sin (65040— 204453")

LA VALLÉE DE BEAULCHE a

Le flanc de Pourrain reçoit donc au maximum 4 centièmes de chaleur en plus que le flanc opposé. C’est beaucoup moins qu’on ne se l’imagine généralement pour la part directe du soleil.

Mais cette différence se trouve exagérée par la réverbération qui se produit sur le versant exposé au midi et par la durée plus grande de l’insolation.

Le sol enfin peut influer dans des sens variables suivant sa couleur et sa dose d'humidité qui augmente sa chaleur spécifique. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre consacré à l’agrologie.

b) TEMPÉRATURE DE L’AIR. — La somme des degrés de température donne une image grossière du résultat des radiations solaires et peut fixer les idées sur les phénomènes de ja végétation. M. Angot (1) a montré qu’on pouvait ainsi prévoir la date des vendanges au moins un mois à l’avance.

Mais la radiation solaire possède aussi une action Ilumineuse, et une action chimique dont les effets sur la vie sont difficiles à mesurer. à

Nous pouvons donner de suite les températures relevées à la station de Pourrain. Pendant l'hiver 1874 (décembre-janvierfévrier), la température moyenne a été de 3°2, et de 9°8 pendant les trois mois du printemps suivant. Pendant les étés 1874 et 1875 (juin, juillet et août), 18°8 et 18°1. Pendant l'automne 1875, 11°4. L'hiver suivant, 2°5. Donc la température moyenne oscille autour de 3° pour l'hiver, de 10° pour le printenips, de 18° pour l’été et 11° pour l’automne.

Ceci indique un climat tempéré. C’est en somme celui de Paris, un peu moins atténué toutefois à cause de l’éloignement de l'Océan régulateur. Nous allons en avoir une idée précise en serrant de plus près les chiffres des stations permanentes.

{1) Cité par Houdaïlle, La Météorologie agricole. Revue gén. des sciences, 1894, |

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