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BU LAC HURON À MONTRÉAL

Depuis longtemps l'opinion publique est saisie d'un grand projet de canalisation, qui conpléterait admirablement notre magnifique système de navigation intérieure. Il comprend l'amélioration de la rivière des Français, du lac Nipissing, de la rivière Matawan et de l'Outaouais jusqu'à Montréal, de manière à faire une ligne ininterrompue de navigation jusqu'à Montréal, sur un parcours de 430 milles.

Toute impraticable que cette entreprise paraisse aux yeux d'un certain nombre, elle passera tôtou tard dans le domaine de la réalité. Elle offre certainement de grandes difficultés au point de vue du génie civil, mais elles ne sont pas insurmontables. Elle coûtera une somme énorme, mais en exécutant de pareilles œuvres, un gouvernement fait de la prodigalité bien entendue. Elle nous rendra au centuple tous les millions qu’elle nous aura coûtés, en donnant un essor prodigieux à notre commerce et à nos industries, et elle aura une immense influence sur l'avenir de notre pays et particulièrement de la grande vallée de l'Outaouais.

Il est peu d'entreprises, selon nous, qui affectent d’une manière aussi immédiate les plus graves intérêts de la Confédération Canadienne, et, comme telle, elle a droit à notre plus sérieuse considération.

J1 n’est pas sans intérêt de remarquer tout d'abord, que la même route que l’on veut adapter au commerce de l'Ouest, nous a été frayée par les premiers français qui ont exploré ces lointaines

‘zions.

est la voie de l'Outaouais, du Matawan, du lac Nipissing et de la rivière des Français que suivit l’intrépide Champlain, en se rendant à cette magnifique nappe d'eau du lac Huron qu'il appela avec raison la Mer Douce. Les Récollets et les Jésuites voguërent plus tard sur les mêmes eaux pour aller annoncer la bonne nouvelle aux sauvages disséminés sur les bords du las Huron. L’'héroïque La Salle suivit ensuite leurs traces pour aller accomplir s°s périlleuses expéditions dans l'Ouest, et peudant longtemps des flottilles de canots chargés de pelleteries, sillonnèrent l'onde de ces mêmes rivières pour aller transporter ces riches produits à Montréal.

Mais le dépérissement de ce commerce et l'apparition fes stea: mers sur les grands lacs firent abandonneï cetts route pour celle du Bt. Lauren. Et aujourd’hui nous dit M. Walter Shanly, ‘ sur la rivière des Français, le lac Nipissing et le Matawan, dont les échos répétaient autrefois les joyeux refrains des voyageurs, l’on n'entend plus leur voix que très rarement. Car, les seuls habitants de leurs rivages solitaires sont quelques douzaines de familles de cette même tribu d'Algonquins, qui se réunissaient émerveillés par centaines autour de “l’homme blanc,” il y a près de deux siècles et demi, lorsque Champlain et ses compagnons firent leur appari tion au milieu d'eux.”

Si le projet d'obtenir une lign> de navigation depuis le lac Huron iusqu’à Montréal n’est pas nouveau, il est certain que l’esprit public ne s’en est pas préo”"vpé sérieusement depuis plus de vingt ans.

Jusqu'en 1856 on ne connai: l'Outaouais que par les relevés hydrographiques, nécessairement incomolets, faits en 1838 par M. Hawkins, un ingénieur, et les études scienbifiques de nos explorateurs géologiques. Mais, à cette époque, qui correspond avec la création du commerce de l'Ouest, l'opinion publique s'accentua tellement en faveur de ce projet, que le gouvernement fit faire une exploration de cette voie de navigation sous l’intelligente direction de M. Walter Shanly. Non content de cette première étude, le gouvernement en ordonna une autre en 1858 sous les soins de M. Thomas C. Clarke, un ingénieur canadien d'une grande habileté, Ces deux explorations ont coûté au trésor public la somme de $90,000. ,

Ces ingénieurs firent des rapports très élaborés de leurs travaux. Tous deux concluaient à la possibilité de l’entreprise et la recommandaient fortement, mais l'insuffisance de nos ressources empécha sans doute le parlement de se lancer dans une œuvre extrêmement coûteuse, mais féconde en immenses résultats.

Si l’on ne vint à aucun résultat pratique, la question fut plus d’une fois amenée sur le tapis. L'état de l'Illinois comprit toute l'importance qu’aurait une pareille route pour le commerce de. l'Ouest, et il envoya même une délégation dans ce pays en 1863 pour nous solliciter de la mettre à exécution.

Nos chambres de commerce de Montréal et Québec se sont plus d'une fois prononcées en sa faveur, et elle a obtenu la haute approbation de plusieurs hommes d’état anglais, entre autres du Duc de Buckingham, ci-devant ministre des colonies, et de Lord Stanley. Sir John Michel qui a commandé les troupes anglaises en Canada, n’a pas voulu laisser le pays sans aller examiner cette route, à

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